An, Hep, Victoria Board of Trade, 1905, pp
qu*à présent par Tobstacle qu'oppose à ses efforts la forêt haute et drue de Tîle Vancouver : en moyenne le défricbage y coûte 1225 francs Thectare; près de Nanaimo, il va jusqu^à 2 500. Une brochure de propagande en met le prix à 1 175 francs Tbectare dans le district de Cowichan, et elle est fort optimiste ^
Quand le sol est enfin nu, les peines du cultivateur ne touchent pas à leur fin : il se trouve en face d'ondulations de limon gras mélangé de sable, surmonté parfois de blocs et de cailloux glaciaires ; dans les parties creuses les plus fertiles, Talluvion noire {black muck) qui forme le sol repose sur un sous-sol imperméable d'argile bleuâtre probablement déposé par les glaciers; l'eau s'y étale formant des marécages et des tourbières semés de taillis d'aulnes et gardent parfois les restes des digues élevées par les castors. Si les arbres n'y ont pas la même vigueur que sur les pentes, en revanche l'humidité ne permet guère de les détruire par le feu; puis, quand on les a fait disparaître, il faut drainer '.
Tous ces obstacles sont cause que le défrichement reste sporadique, sauf autour des villes, et qu'il s'arrête vers le nord, à Comox, devant les aulnaies et les marécages littoraux.
Vers le sud, la construction des villes, des ports, des voies ferrées, les galeries de mines, donnant un débouché au bois, ont encouragé la coupe des sapins, préliminaire indispensable de toute culture; puis l'augmentation de la population urbaine a fourni des acheteurs, poussant les colons à mettre en valeur le sol défriché. Aussi voit-on presque partout des fermes sur la longueur de la ligne. Mais la proportion des cultivateurs est encore bien faible. Dans le district électoral de Victoria, celui où ils ont le plus de chance de vendre leurs produits avantageusement, on ne trouvait en 1901 que 161 propriétaires et 78 locataires agricoles'; dans cette région le travail des champs est fait sous la direction d'Européens par des salariés japonais; en 1901, on trouvait dans l'île 1243 Japonais non naturalisés, le plus gros groupe du Canada après celui de la ville de Vancouver; 287 de ces Japonais habitaient dans la petite circonscription de Victoria. Un travailleur agricole se fait donner outre la nourriture et le logement 50 à 75 francs par mois s'il est Japonais, 100 francs s'il est blanc ^.
Plus on s'éloigne vers le nord, plus il devient difficile de trouver
1. Agricttlt. in B. C, 1904, pp. 108 et 110. — Cowichan V, L a$ a Home, Victoria. 1001, p. 6.