‹ La Colombie britannique: étude sur la colonisation au CanadaChapitre 212 sur 273 · ET SES DÉPENDANCES · texte numérisé non relu

ET SES DÉPENDANCES

Les Canyons.

losufOsante à mélanger les climats et les yégétations, que sépare la Chaîne côtière, la longue et étroite pente du canyon fraserien n*unit pas davantage les hommes; trop rapide, le fleuve n*y porte point bateau; trop abruptes, les deux parois tombent à pic; nulle voie naturelle pour les canots ou les piétons. Seuls les Indiens s*y risquaient pour prendre le saumon à la fourchette ou au panier, dans les étroits et au seuil des barrages de rochers, lorsque la découverte de For y lança les blancs.

Vers 1852, le bruit courut que le facteur de la Compagnie de Hudson au fort Kamloops achetait de l'or apporté par les Indiens. En 1857 quelques coureurs des bois franco-canadiens qui se trouvaient à Walla Walla en Washington, apprirent par les parents des femmes sauvages^ avec lesquels ils vivaient, l'existence d'un gisement alluvial dans un élargissement du canyon de la rivière Thompson, à 16 kilomètres du confluent avec le Fraser. Les métis s'y rendirent, y trouvèrent de l'or et le vendirent. Le 14 janvier 1858, le gouverneur qui représentait la Compagnie de la Baie de Hudson à Victoria annonçait offlciellement au ministère des Colonies que l'or se rencontrait dans les alluvions du Fraser et de ses tributaires. Aussitôt les journaux américains d'Olympia et de San Francisco publièrent la nouvelle; ils s'emplirent d'annonces que payaient les propriétaires

1. Je suis ici le récit de Bancroft, t. XXXII, eh. 2i,tel qu*il est corrigé par G.-M. Dàw~ SON, dans An. B^. Geol, Surv. of C, 1887-88, — G.-M. Dawson a utilisé les témoignages des survivants et Fouvrage de Mac Fb : Vancouver ItlandandBritisk CoUunhiat London, 1865.

de bateauxy escomptant les profits à tirer d*une poussée vers le nord.

Au printemps de 1858, 23000 personnes, dit-on, arrivèrent par mer à Victoria pour repasser de là sur la côte ; 8 000 seraient allées au Fraser par terre. Puis, pendant la saison de juin à octobre 1858, 2715 000 francs d*or furent déclarés aux autorités et on se doute qu'en un territoire désert, une proportion beaucoup plus forte avait été soustraite à Timpôt. Les prix de transport s'élevèrent; puis un bateau chargé de chercheurs qui venait de San Francisco se perdit en mer, et cet accident coupa un moment la grande fièvre.

En janvier 1859, il restait 3000 blancs et quelques centaines de Chinois sur les placers du Fraser; tous lavaient et amalgamaient l'alluvion ; les meilleures places étaient les bancs de sable {bars) qui émergent pendant la baisse d'été; tous ont reçu à cette époque un nom qu'ils conservent aujourd'hui et qui s'étend parfois à un établissement voisin : Boston Bar^ China Bar, American Bar. On lavait aussi dans les ravins des criques, enfin sur les terrasses des allu viens anciennes. Le petit poste de Yale, où la navigation s'arrêtait, devint le centre de cette industrie; on y comptait, en 1859, le tiers des mineurs.

De Yale, les chercheurs poussèrent dans l'intérieur; plusieurs prirent une piste indienne qui grimpait du Fort Hope sur le plateau i l'est de Fraser et allèrent laver les alluvions de la haute Similkameen (p. 42) ; ils y rencontrèrent des concurrents, venus des États- Unis par une autre piste qui unissait la basse Golumbia au Fort Kamioops.

Le plus grand nombre remonta le Fraser en passant par un sentier de chèvres qui longeait le canyon. Les fonctionnaires coloniaux suivirent les chercheurs d'or pour leur faire payer les redevances ; ils arrivèrent à Lytton, confluent du Fraser et de la Thompson, dans la saison de 1860; ils y trouvèrent déjà 200 blancs et 500 Chinois sur les placers \

Poussant toujours vers le nord, les chercheurs arrivèrent en 1861 dans le grand coude du Fraser ; ils y découvrirent les gisements du Caribou où les premières trouvailles furent très riches : aussitôt un mouvement général se produisit vers le Caribou (p. 369). Le sentier du canyon ne suffit plus ; déjà on avait trouvé une route moins pénible à l'ouest du canyon : c'est la fente de la Chaîne côtière occupée par le lac Harrisson et plusieurs autres (p. 32). Des villages indiens jalon-

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