‹ La Colombie britannique: étude sur la colonisation au CanadaChapitre 213 sur 273 · BAKCROrr, t. XXXll» p · texte numérisé non relu

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naient cette voie, plus tortueuse mais plus aisée que le canyon. Les rivières n'y portent point bateau, mais les lacs offrent de longs espaces navigables dans Taxe de la route. Dès 1858, les voyageurs pour le Caribou passèrent par là ; les anciens portages indiens entre les lacs s'élargirent en tronçons de sentier muletier. Au débouché de cette voie combinée» sur le moyen Fraser, s'éleva Lilloet, à la fois centre de transports, marché et camp minier. Par cette voie, le transport de la côte au Caribou coûtait de 5 fr. à 7 fr. 50 la livre.

En 1858, le gouvernement anglais se substitua à la Compagnie et Tère des travaux publics s*ouvrit. Comme le succès du Caribou continuait, le gouvernement fit construire un chemin charretier le long des canyons avec des ponts de bois pour franchir les criques. En 1864 la route était achevée; elle remontait le Fraser jusqu'au confluent de la Thompson, puis cette rivière jusqu*au coude, et là, sortait de la vallée pour se diriger vers le Caribou, qu'elle atteignit en 1865. Alors le prix des transports s abaissa à fr. 60 et même fr. 35 la livre '• Aujourd'hui la voie ferrée Canadienne Pacifique remplace, de TOcéan à la vallée de Thompson, la route de 1864 dont les voyageurs aperçoivent, des fenêtres, les tronçons abandonnés et les passerelles en ruines. Mais, plus au nord, la section de route Thompson-Caribou reste en usage. Bâtie au croisement de la route et de la voie, la petite ville d'Ashcroft avec 500 habitants permanents est un grand centre de transports par diligences, chariots, animaux de bat (gravure, p. 330, pi. XIV, 1).

Qui s*attendrait à trouver dans le c sluice naturel » du Fraser une image même affaiblie de l'ancienne fièvre s*exposerait à la plus complète déception. Quelques Indiens harponnent le saumon pendant la saison, comme avant Tarrivée des Européens. Leurs huttes se groupent autour d'un cimetière à poteaux et drapeaux. A cdté de ce passé vivant, les camps miniers ont laissé peu de traces. Dans la partie la plus étroite, de Yale à North Bend, où se bousculaient les premiers chercheurs, deux bancs seulement étaient exploités dans l'été 1905. Cinq à six Chinois y lavaient du sable, et la valeur brute de For extrait faisait près de 10 000 francs*. Même décadence dans la région de Lilloet, en amont du confluent Fraser-Thompson, et dans les gorges de la Thompson et de ses affluents ^

Dans la région de Clinton, sur la rivière Bonaparte, au commencement de la route Ashcroft-Caribou, les alluvions sont abandonnées

1. Ceol Surv, of Ca. An, /?cp., 1887^i888, R, p. 22 (G. M. Dawson). . An. Rep. Mines, B. C. for iOOUy p. 234; for 1905, pp. 205, 206, 20».

' TRAIMiAUX A CHIENS DE LA C DE LA BAIE DE HUDSON.

■ni l'hlvir it Qu<>ncJ ■ r'tilr^milc de 11 routi AthcroFt-Ciilbou po<n la fort A drolu, nquinu pour lurditr ht la i»)g( (pp. i^i. Jiu).

i quelques Chinois errants. A la place du lavage, les blancs essayent la drague. En 1905» une Compagnie de Nouvelle-Zélande, important son matériel» est venue s*instalier au^essous de Yale sur une concession de 24 kilomètres. D*autres avaient choisi. Tannée précédente, rentrée nord des canyons, soit sur le Fraser, soit sur la Thompson. Plus haut, à Lilloet, le géologue de FEtat dlowa qui, à l'exemple de beaucoup de ses compatriotes, ne se désintéresse pas des applications pratiques de la science, est venu installer à Lilloet la première et la plus forte drague qu'il vantait comme la plus grande et la première en date de Colombie. Essayée en 1905, la drague n'a pas payé ses frais : son propriétaire a dû la passer à une compagnie. Enfin des essais tentés sur la Crique tranquille au nord de Kamloops n'ont pas réussi. Partout on se plaint que le charbon soit trop cher, à cause des frais de transport, l'eau trop rare l'été, les galets trop durs et trop gros.

Déçus par les alluvions, les chercheurs se sont attaqués aux bancs de roches variées qui forment le plateau à Test du canyon. De ce côté, à la hauteur de Yale, un coin de schistes pénètre à travers le granit, et s'arrête à quelques kUomètres du Fraser. A son approche, on trouve des alluvions aurifères dans la goi^e d*un petit affluent du Fraser, la crique du Sauvage {Sitoash Creek) et, plus haut, des veines de quartz aurifère dans des schistes, tout près d'une série de dykes éruptifs, probablement porphjrriques. Pour atteindre Siwash Creek, il fallait, en 1904, marcher sur la voie ferrée en remontant le fleuve pendant plus de 3 kilomètres, puis franchir le canyon dans une cage glissant sur un cable à 15 mètres au-dessus de l'eau, enfin remonter la crique pendant 6 à 7 kilomètres par un mauvais sentier. Malgré ces difficultés qui rappellent celles de la Chilliwack (p. 314), deux compagnies américaines du Washington nord avaient installé, dans cette région, des lavages hydrauliques et des batteries de pilons d'amalgamation mus par l'eau; elles ont dû liquider en 1905 ^

Plateau Sud. — Similkameen, Nicola, Kamloops,

Shuswap, Okanagan.

Si un léger accroissement d'activité a été constaté dans le district de Yale en 1905, c'est i cause du renouveau que donne l'espoir d'une jonction entre Hope et la voie ferrée du plateau sud-est. De ce

i. Ail B^. Minei, B. C. for 1903, p. 189; /or 19M, pp. 234, 236, 238, 242; for 1905, pp. 106, 205, 206, 200.

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jusque sur la Similkameen ; partout c*est une poussée de quêteurs de charbon * .

Que le combustible soit exploitable, . et le plateau, demi-désert, deviendra un grand pays minier. En effet, les couches de minerai complexe de la Boundary paraissent se continuer en écharpe vers le nord-ouest jusqu'à Kamloops et au delà. Aspen Grove, sur l'insigni- Qante ligne de faîte entre Similkameen et Nicola, possède du cuivre gris aurifère. La même brèche à pâte de porphyre métallifère se trouve à Phœnix en Boundary et à Aspen Grove, les mêmes contacts de roches éruptives et de calcaires, avec des minéraux analogues, calcite brun-jaune, épidote jaune-brun, chalcocite, bornite, chalcopyrites, pyrites, carbonate de cuivre ou cuivre natif, fer spéculaire. Pas de minéraux dans la région carbonifère, mais, après qu*on Fa traversée en venant de la Similkameen, la zone recommence au sudouest immédiat de Kamloops, avec même direction et filons au contact des roches anciennes et des c roches vertes » éruptives, diorites ou diabases.

Truth, 9 kilomètres au sud-ouest de Kamloops, montre une masse de felsite bordée sur ses deux faces par du trapp et des dykes ferrugineux. Le Royal SuUy à 7 kilomètres 1/2 de Kamloops, livre des chalcopy rites, du carbonate vert et bleu de cuivre, des oxydes noirs de cuivre.

De Tautre cêté de la rivière Thompson, au nord de Kamloops, la série continue. A 29 kilomètres de la ville, dans le ravin de la crique Jamieson, on a découvert en 1897 des schistes noirs avec intrusions de granit et argillites qui offrent des veines de quartz et une galène auri-argentifère ^ On a repéré en 1903 des formations analogues jusqu*au Salmon Arm du lac Shuswap'.

Avant le chemin de fer, les minerais n'avaient été qu'effleurés, on n'y cherchait que Tor et on les concentrait à cet effet ; tout au plus avait-on pris à Kamloops, sur la grande voie, un peu de fer et de zinc pour servir de fondant aux usines de Ladysmith ; mais on les avait bientôt remplacés par le fer de Vancouver et la chaux des îles. Un essai d'exploitation de cinabre, à Savona près Kamloops, n'avait pas continué.

Enfin, autour de Yernon, la ville la plus florissante du lac Okanagan, se sont répandus des prospecteurs. On a trouvé des minerais de cuivre et or, au contact du calcaire et du porphyre à Gale, des traces d'or et d'argent et de la galène à Cherry Creek, toutes formations

I. An, Rep. Mines, B. C. for 190U, pp. 228» 229, 231, 232, 233; for 1906, pp. 102, 103, 194.

analogues à celles de la Boundary au sud. Le principal gisement, Gale, est uni au railway par un chemin charretier qui traverse le plateau désert. Les mines ne sont pas encore à la période commerciale*

L*année 1904 marque donc une reprise générale. La « ruée » de la houille et celle des métaux sont parallèles et vont de la Similkameen jusqu^au lac Okanagan.

Pourtant, après Tépuisement des premiers placers, on avait cru que si, pour ce pays, s'ouvrait un avenir, il serait exclusivement agricole. Depuis le temps de la Compagnie, Télevage en vaine pâture s*était installé dans cette région. II y a plus de vingt ans, G. M. Dawson trouvait, après avoir remonté les canyons presque déserts, 16 familles comptant 48 personnes, installées dans la région de Nicola et de Kamloops; c'étaient surtout des ranchers, faisant pattre & leurs troupeaux Therbe naturelle, mais ils avaient quelques cultures par irrigation, 2 moulins à farine, une scierie ^ On y amenait des bœufs et vaches, soit des États-Unis, soit de la côte, par le sentier de Hope.

Indices d*un élevage plus méthodique, les fourrages artificiels font aujourd'hui leur apparition : enfîn on essaye la culture par irrigation des pèches et raisins, ressource des vallées du plateau sec.

Mais la grande propriété règne dans le pays de la moyenne Thompson, l'élevage est fait surtout par des compagnies dont Tune, auprès des sources de la Nicola, entretient 15 000 têtes de bétail et 2000 chevaux sur le seul ranch Douglas. Tous les terrains propres à l'irrigation sont bloqués par deux sociétés américaines. En 1904, on ne trouvait sur la Nicola que 161 colons et 2 écoles ^.

Le vrai district agricole du plateau sud se trouve plus loin, dans la région du lac Shuswap qui annonce l'approche des hautes monta* gnes. Assez riche en eau pour n'avoir pas besoin d'irrigations, couverte de forêts, avec des fonds de limon blanc fertile déposé par d'anciens lacs dont ceux de nos jours sont les restes, accidentée, mais pas encore montagneuse, ce fut, comme les bords du lac Kamloops, un des séjours permanents des Indiens sur le plateau, et l'un des endroits où la colonisation se fit sur les traces des indigènes. Quand les ingénieurs et explorateurs de la voie ferrée y tracèrent de Test la ligne, ils y trouvèrent des cultivateurs et éleveurs autour du lac, avec des cottages et maisons, des bûcherons avec des scieries dans les vallées qui remontent vers la Chaîne de l'Or. Aujourd'hui encore, quand on vient de l'est après la traversée imposante, mais

i. OeoL Sarv, of Ca. An. Bep,, 1877-78, B, p. 4.

2. AgrieuUure in B. C, 1(N)4, pp. 74, 70, 77, 79, 81, 82, 84; 1007, p. 32.

silencieuse et presque sauvage des trois grandes chaînes, on est ravi de trouver, & Touest de la passe de TAigle, les scieries et les ranches avec le bruit et la gaieté du travail.

Au fond du lac Shuswap, après la station de Sicamous, la forêt de gros conifères bloque la vallée ; on ne trouve plus là que les avantcoureurs ordinaires de la vie économique blanche, quelques bûcherons et, en saison, les touristes qui séjournent sur le lac à Thdtel de la Compagnie Canadienne Pacifique, centre de pèche, de chasse, de canotage, de sports divers.

Au sud du lac Shuswap, le pays parcouru par son affluent la rivière Spallumcheen, plus au sud encore, la pointe du lac Okanagan qui s*écoule vers la Columbia, offrent, eux aussi, des fonds de limon blanc, et sont en partie défrichés et colonisés.

Quittant la grande ville et le lac à Sicamous, \\n embranchement remonte la Spallumcheen jusqu'à Enderby, commencement de la navigation, centre de fermes et de prospection charbonnière, puis traverse le district rural de Vernon et s'arrête sur les bords du lac Okanagan, à 75 kilomètres de Sicamous, et à 340 mètres d'altitude. Il traverse un pays ondulé avec bouquets de bois isolés où se mêlent les pins jaunes du plateau sec, les mélèzes, cèdres et sapins de la forêt montagneuse toute voisine ; les prairies artificielles et les vergers s'élèvent jusqu'à 450 mètres*.

Autour des falaises qui bordent le lac Okanagan, villages indiens et centres agricoles s'égrènent dans les entailles par où débouchent les criques. Les meilleures vallées sont celles de Vernon, par où arrive l'embranchement ferré, et la Mission Valley, au versant est, avec des groupes de fermes isolés que dessert une ligne de vapeurs. A la pointe sud, le terminus est Penticton ; de là, une route à diligences mène au district de la Boundary où s'arrêtait, en 1906, la ligne transcontinentale sud. On pense à la prolonger sur Penticton et, de là, sur la Similkameen et la Nicola.

La région de F Okanagan est agricole. On y a d'abord fait l'élevage en vaine pâture comme dans toutes les vallées du plateau. Aujourd'hui, le bétail ne tient plus que le second rang par ordre de valeur; les vergers ont pris le premier et sont en augmentation continue*. Nul district ne vaut, en Colombie, l'Okanagan méridional pour les pêches, les raisins de table, et tous les fruits qui ont besoin de soleil. On a planté les arbres ou, plutôt, les arbustes dans les vallées ou gorges abritées du nord, sur le versant bien exposé au midi. On les

i. Àgrieulture in B, C, 1904, pp, 72, 74.

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