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yiyent de sa chair, trappent les animaux i fourrures; le poisson ne fait point partie de leur régime ordinaire ^ Une tribu de ces gens pauvres et farouches fut surnommée le Mauvais monde par les coureurs des bois.
Le haut bassin de la Paix, par oii pénétrèrent Mackenzie et ses imitateurs, n'est plus aujourd'hui qu'une impasse commerciale débouchant au sud par le Fraser.
lie rentier du Télégraphe.
Entre Quesnel, dernière ville sur le Fraser, et Hazelton, la première sur le Skeena, un sentier relativement neuf et plus fréquenté que les autres coupe en diagonale le plateau : c'est le Telegraph Trail.
Son nom lui vient d'une compagnie américaine qui le créa ou plutôt en jalonna le tracé dans les années 1865 et 1866 lors d'une tentative pour construire un télégraphe entre les États-Unis et l'Europe par la Colombie, l'Alaska, le détroit de Behring, la Sibérie et la Russie*. L'Europe et l'Amérique n'étaient pas reliées alors par le fil électrique; on avait bien, en 1858, posé le premier câble sousmarin, mais il ne fonctionnait pas et beaucoup de gens pensaient que les communications télégraphiques sous-marines n'étaient possibles qu'à faible distance.
Un Américain entreprenant, Gollins, qui avait été commerçant et agent consulaire des États-Unis dans la région de l'Amour, eut l'idée du télégraphe continental et créa une société avec le concours de la Western Union Telegraph Company^ la plus puissante des États- Unis. Il faut savoir, en effet, que, dans l'Amérique du Nord, le télégraphe appartient à des sociétés privées.
La nouvelle compagnie se forma en 1861 et se mit à l'œuvre sans barguigner : ses dépenses totales en Colombie s'élevèrent à 15 millions de francs. Elle avait à explorer un pays à peine connu, elle devait y tracer un chemin dans la forêt, rechercher les gués, les rivières, emmener son personnel, car elle ne pouvait recruter de main-d'œuvre dans le désert, son matériel, ses vivres, des tentes; et les salaires et les prix étaient alors très élevés sur la c6te ouest. Mais la création de chemins de fer dans des pays inconnus et déserts avait aguerri les Américains; les gros risques pour des
1. Qeol, Sun, of Go. An, Bep,^ 189à, C, p. 15. (Mac Gonrill.)
2. Proeed, Ray, Geog, Soe. L., iSôQ-eO, p. 169. — An. Bep, Mines, B, C. for 1905, pp. 90-01.
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profits à venir n'effrayaient déjà plus leurs capitalistes habitués à voir la valeur de leurs placements croître vite et indéfiniment par la colonisation rapide du pays.
La Compagnie recruta Tétat-major de Tentreprise parmi les officiers que la fin de la guerre de Sécession laissait sans emploi. A la tète était le colonel Bulkley, du corps fédéral des télégraphes, qui laissa son nom au principal affluent du fleuve Skeena.
En 1863, on commença à poser la Ugne au bord de la côte américaine dans la plaine longitudinale où les colons s'installaient; en 1864, le fil franchit la frontière et arriva à New Westminster; puis il remonta le Fraser et atteignit Quesnel en 1865. Une branche partant du Washington et traversant les îles américaines, avec cinq petits câbles su ries bras de mer desservait Victoria (1865). Ce fut la première ligne qui relia télégraphiquement la capitale au reste du monde. Toute la partie entre côte pacifique et champs d*or ne fut pas difficile à poser ; elle rapporta des profits immédiats.
Au nord-ouest du Fraser allaient commencer les grosses difficultés. Pendant Tété de 1865, deux à trois cents hommes sous les ordres d*un commandant du corps fédéral des télégraphes partirent de Quesnel avec tout le matériel nécessaire. Ils suivirent la piste jusqu'au Fort Fraser sur le lac Stuart, où commence la série des navigations sur lacs et portages vers le Skeena.
Du Fort Fraser, ils marquèrent une nouvelle voie allant dans la même direction que celle des lacs, mais plus courte, par les défilés longitudinaux entre la Chaîne Babine et les montagnes de Touest, remontant un affluent du lac Stuart, puis franchissant un portage insignifiant, enfin descendant le couloir de la rivière Bulkley jusqu'à Hazelton sur la Skeena; le long du parcours, ils coupaient la forêt ou la brousse sur une largeur de 15 mètres, traçaient un sentier et posaient sur des poteaux pris aux forêts de sapins les fils et les isolateurs apportés par eux. A la fin de la première campagne, ils hivernèrent avec leurs chevaux dans la vallée large et abritée de la Bulkley.
Au printemps de 1866, ils franchirent le Skeena et se dirigèrent en suivant les vallées vers le fleuve Nass. Là, leur télégraphe les informa que le second càble sous-marin entre TEurope et l'Amérique avait été posé le 29 juillet 1866 et qu'il fonctionnait régulièrement. Cessant le travail, les 250 hommes de l'expédition attendirent quelques jours les nouvelles ; quand on leur eut confirmé que leur travail était une dépense désormais inutile, ils quittèrent la place, laissant les poteaux et le fil.