‹ La Colombie britannique: étude sur la colonisation au CanadaChapitre 236 sur 273 · L'AIRE A DÉVELOPPER · texte numérisé non relu

L'AIRE A DÉVELOPPER

Derrière eux arrivèrent les Indiens qui trouvèrent de nombreux emplois au bois et au fer abandonnés : ils en ont fabriqué, entre autres, des passerelles suspendues au-dessus des canyons étroits des rivières (gravure p. 138, pi. V, 3). Seul le sentier est resté; les employés du gouvernement fédéral l'ont retrouvé et l'ont utilisé quand ils sont venus construire une ligne de télégraphe de Quesnel au Yukon après la découverte des mines d'or du Klondike.

Aujourd'hui, un fil posé par la Puissance qui a le service des postes et celui des télégraphes n'appartenant pas à des compagnies, court dans la même direction que l'ancien. Il franchit le Nass, puis il va couper le Stikine à son point de navigation, baptisé la Crique du Télégraphe; enfin il continue vers le nord-ouest. Quelques maisonnettes de bois où habite un télégraphiste jalonnent cette voie administrative. Chaque année, elle est suivie entre les deux débouchés, Quesnel et Hazelton, par une caravane de transport formée de chevaux conduits par des blancs et des Indiens ; les animaux hivernent à Quesnel dans la vallée du Fraser; au printemps, ils montent jusqu'à Hazelton, y prennent les marchandises arrivées par mer et redescendent à Quesnel pour l'hiver. C'est la route probable du Grand Tronc ou transcontinental nord; d'ailleurs, même sans chemin de fer, elle mériterait d'attirer les colons car elle leur offre des terrains d'élevage, sortes d'ilôts localisés sur les anciens fonds lacustres.

Si une population agricole s'établit en ces régions du plateau, la nature la forcera à se diviser en centres lointains, entourés de parcours à bétail comme dans les régions plus méridionales de la Chilcotin et du Fraser. De toutes ces vallées alluviales, la meilleure est celle de la Bulkley, parce qu'elle est plus accessible de la cdte, parce qu'elle renferme relativement peu d'Indiens, se trouvant à l'écart de passage traditionnel par les lacs, enfin parce que les hautes montagnes dont elle se borde renferment des mines, le grand aimant de la population blanche en Colombie. En l'ouvrant, on peut dire que la Compagnie du Télégraphe américain fit beaucoup pour l'avenir économique de la région nord-ouest.

Le gouvernement provincial a envoyé G. M. Dawson pour l'explorer en 1891. La même année, il faisait arpenter la partie utilisable de cette vallée par l'arpenteur fédéral Poudrier, qui y cadastra près de 40000 hectares répartis en 9 townships carrés, subdivisés en rangs et lots.

En 1905, quand la construction du Grand Tronc fut devenue certaine, le gouvernement chargea l'inspecteur des mines de parcourir la région et d'étudier toutes les possibilités de colonisation. L'inspec-

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teur a pris Quesnel comme point de départ afin d*ezplorer tout le sentier du Télégraphe ; mais la voie d*accès pratique est par la mer et le Skeena (p. 325).

Tout le cours inférieur de ce fleuve et les vallées latérales sont jalonnées d'assez gros villages tsimsbian qui comptent en moyenne 200 à 250 habitants. Un ou deux arrêts en route desservent les prospecteurs des vallées.

Enfin Hazelton apparaît sur un plateau dans Tangle formé par le Skeena et la Bulkley. Il comprenait i Torigine le poste de la Compagnie de la Baie de Hudson avec un village indien, qui tous deux subsistent. En outre» quatre magasins généraux, deux hôtels, la poste, le télégraphe se sont installés sous des constructions de bois aux environs; Féglise et Técole anglicane élèvent leurs toits de bardeaux à côté des cases. Gomme la réserve bloque le plateau, une nouvelle ville vient d*ètre tracée plus haut. En 1905, son édifice le plus remarquable était un hôpital à Tusage des naturels ^

Dans un rayon de 12 kilomètres au plus se trouvent quatre villages indiens, chacun sur un cours d'eau *.

A Hazelton, se rencontrent lesTsimshian de la mer et du bas fleuve et les € Porteurs » Déné de Tintérieur qui s'étendent du lac Stuart à la rivière Bulkley. Depuis quelques années, les Porteurs, gagnés par l'exemple des Indiens côtiers, vont au printemps jusqu'à la mer pour s'engager comme pécheurs de saumons.

Intermédiaire entre la mer et les ports plus éloignés, Hazelton est devenu un grand centre d'achat et de vente pour les Indiens; ils y viennent aux provisions l'automne avec leurs chevaux, puis vont mettre les c cayouses » dont ils n'ont pas besoin à l'hivernage dans les vallées où la neige et la gelée sont le moins à craindre, et partent avec le reste à la chasse des fourrures. La ville profite aussi beaucoup du passage des prospecteurs qui débarquent pour prendre le sentier du Télégraphe.

En partant de Hazelton, le sentier remonte la vallée de l'affluent Bulkley qui arrive du sud et gagne Moricetown, dont le nom n^f^peUe l'un des premiers missionnaires catholiques du pays*. Avant d'y arriver, le sentier franchit deux fois le canyon (p. 74) en des pointe où la largeur se réduit à quelques mètres ; lancées par les Indiens les deux passerelles qu'on emploie sont à faire frémir (gravure, p. 138,

1. B. C. Croum Landt Suivey$, pp. 7S-79. — An. Bep, Mme$, B. C.for 1905, pp. 89-139. (Rapp. de Tlnspecteur indiqué ici pp. 379, 380).

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