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CHAPITRE IV

Chaîne de TOr, monts Selldrk, hantenro du Caribou.

A Test du plateau se dresse un ensemble de massifs apparentés et distincts des Rocheuses; ce sont la Chaîne de TOr, sierra occidentale des Selkirk, les monts Selkirk et leur prolongement septentrional, les hauteurs du Caribou, qui se terminent en pointe dans le grand coude du Fraser.

Sur le flanc occidental de tout cet ensemble apparaissent les terrains archéens qui semblent former Taxe géologique du pays (p. 6). Ils comprennent des gneiss grisfttres, des micaschistes calcarifères, des calcaires cristallins, une série de schistes verdâtres, schistes à amphibole, chloriteux, magnésiens, enfin des quartzites, le tout réuni par 6. M. Dawson sous le nom d*étage du Shuswap (Shuswap Séries). Ces formations^ en effet ont été étudiées principalement sur les berges du lac Shuswap, au bord occidental du plateau, pendant les reconnaissances faites pour la construction du chemin de fer Canadien Pacifique. Elles sont pénétrées par des intrusions de granit. Le maximum de largeur de ceûe zone peut être évalué à 180 kilomètres, à la hauteur du 50* parallèle entre le lac Okanagan à Touest et le lac Kootenay à l'est.

Au sud de cette ligne, les terrains archéens et les lambeaux

1. GeoL Sun), of Ca, An. Bep. 1888-1889 , B, avec Reconnaissance Map of a Portion of the W. Kootenay District^ au 1 : 506,880 (6. M. Dawson) ; complété par la série saWante : Part of Trail Creek Mining Division, 1897, su 1 : 63,360; dans An. Bep. i90i, West KooUnay Sheet Geologically coloured et W. K. S. Economie Minerais and Glacial Striae au 1 : 253,440, 1904; dans An. Rep. idOi^ Geologieal and Topogrt^hical Map of Boundary Creek Mining District; id. Topogr. Edit. Econ. Min. a. Striae au 1 : 63,360, 1009. (Avec notices marginales.) — A. 0. Wbbeler, The Selkirk Range, t. I, Appendix C. (G.-M. Dawson), pp. 405-409, coupe géol. des Selkirk, p. 406. •— An. Rep. Mines B. C. for 1903, p. 111.

LA COLOMB» BUTANHIOXnt. 4

paléozoïques qu'ils portent sont en grande partie recouverts par des granits, des porphyres et d'autres roches éruptives.

Vers le nord au contraire, la masse archéenne affleure laidement dans la Chaîne de TOr et sur les pentes occidentales des ifionts Selkirk. Là elle présente une épaisseur d'environ 1 500 mètres. Puis elle s'amincit en pointe vers le nord-ouest, projette un éperon dans la région du lac Quesnel, enfin disparait sous les schistes paléozoïques des monts Caribou.

Vers l'est, des sédiments paléozoïques se superposent au Shuswap archéen, formant, du sud au nord, la masse principale des Selkirk proprement dits.

L'étage inférieur, qui emprunte son nom à la rivière de Nisconlith, affluent de la Thompson en aval du lac Shuswap, consiste en schistes, phyllades et argillites noirâtres, calcarifëres, mêlés de calcaire bleuâtre et de quartzites sombres. Son épaisseur va jusqu'à 4500 mètres. Il apparaît surmonté par des schistes et quartzites gris avec argillites noires, masse épaisse de 7 500 mètres, où sont taillées les hautes crêtes et que 6.-M. Dawson a nommées étage des Selkirk. Cette série va jusqu'à la base du silurien.

D'autres formations moins anciennes s'observent dans les avantmonts et les vallées. On ne sait s'il faut faire un étage à part pour les énigmatiques schistes qui portent le nom de Kaslo, localité sise sur le lac Kootenay ; ce sont peut-être des roches volcaniques vertes, surtout des diabases, laminées et altérées.

A l'époque carbonifère paraissent se rattacher les schistes noirs du lac Slocan où dominent les quartzites.

Au milieu des schistes fissurés et sombres, les veines de quartzites tranchent par leur aspect solide et leur couleur. Dans tous les étages, les bancs de calcaires affleurent sous forme de crêtes très érodées, découpées en pitons, que les prospecteurs appellent dykes parce que leur silhouette ressemble de loin à celle des véritables coulées éruptives, très fréquentes dans les terrains miniers en Colombie, et parce qu'elles aussi annoncent souvent des gîtes rémunérateurs.

Tous ces dépôts subirent plusieurs soulèvements et de nombreuses séries de roches éruptives les traversent qu'il est difficile d'identifier tant elles sont métamorphisées ^

Aucun district minéral dans la Province ne possède autant de terrains volcaniques antérieurs à l'époque tertiaire que le sud du plateau, de la Chaîne de l'Or et des Selkirk entre la frontière et le

f . An. Rep. Minet, B. C. for i$05y p. !9C.

LES MONTAGNES 5i

50* parallèle, aucun non plus n'en peut montrer une aussi grande variété; il est vrai que les recherches ont porté, dans cette région riche en métaux, sur une superficie relativement considérable.

La première série d'éruptions paraît remonter au commencement de l'époque secondaire. Elle comprend de laides épanchements d'un granit souvent gris comme celui de la côte, puis des nappes et coulées de c roches vertes » granitoîdes où la pyroxène et l'amphibole altérées au contact de l'air ont perdu leur couleur primitive et laissent dominer la teinte blanche du feldspath, enfin, par endroits, de nouveaux granits postérieurs aux roches vertes ^

Toutes ces éruptions de la première époque se firent surtout dans le sud. Entre le 49"* et le 50"* parallèle, les roches granitoîdes recouvrent presque partout les terrains archéens et primaires sur une étendue d'environ S 000 kilomètres carrés. La masse ignée a métamorphisé les roches préexistantes. Elle parait en avojr soulevé des îlots qui se montrent maintenant comme des épaves de schistes flottées {floated up) sur le socle cristallin; toutefois ces lambeaux feuilletés sont considérés par certains géologues comme des transformations de déjections volcaniques meubles et non de sédiments préexistants ^.

Plus tard les premières nappes et les schistes insulaires ou bordiers furent recoupés par de nouvelles coulées ; c'étaient des porphyrites à gros cristaux et des roches trachytoïdes grisâtres et rugueuses, des rhyolites , des andésites , des felsites , en filons multipliés, mais de petites dimensions, qui se présentent sous l'aspect de dykes. Elles s'accompagnent de brèches et conglomérats où la pâte est formée par des roches éruptives vitreuses', de dépôts volcaniques autrefois meubles, calcites, tufs calcaires, argiles et argillolites, qui sont parfois laminés et prennent une apparence schisteuse ^.

Rossland ^j centre de mines près du point où le fleuve Golumbia franchit la frontière, fournit un bon exemple de ces formations. La ville paraît occuper l'emplacement d'un ancien volcan comparable à celui du Trégor en Bretagne : elle se trouve sur le bord d'une bande de roches éruptives granitoîdes, diabase, diorite ou gabbro, vertes,

f . An, Rep. Mines, B. C. for 1905, p. 204.

2. Annales des Mines 1900, t XVU, pp. 245, 246, 260, 260 (P. Jordan). — An. Rep. Mines B, C. for i90U, p. 170.

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