‹ La Colombie britannique: étude sur la colonisation au CanadaChapitre 73 sur 273 · SAPINS DE DOUGLAS · texte numérisé non relu

SAPINS DE DOUGLAS

lAUtrt •jniuigc ui pan ]>iiidlc pour b v

toria, la capitale, on déterra des conduites de Douglas qui ne s'étaient pas gitées après vingt-neuf années de service ^

On a coupé beaucoup trop de ces arbres si utiles et, comme leur croissance se fait lentement» il est à craindre qu'ils ne disparaissent des régions accessibles, mais il en reste ailleurs des réserves. Craignant en effet Thumidité excessive, le Douglas se cantonne sur les pentes et ne descend guère jusqu'aux flots, à partir de l'Entrée de Seymour, vers le 51« parallèle, où manque au continent l'abri de la grande lie.

Après le sapin de Douglas, les plus beaux arbres de la forêt côtière sont le cèdre blanc de l'Ouest ou thuya géant {Thuya gigantea ou plicaia) et la pruche ou hemlock de Mertens {Tsuga Mertensiana). Moins résistantes à la sécheresse que le sapin de Douglas, ces deux espèces ne se rencontrent pas sur le plateau aride et n*existent en dehors de la côte que dans les monts Selkirk; mais sur les bords do l'Océan, le thuya géant va en Colombie jusqu'au Canal de Portlandy un degré plus au nord que le Douglas ', et ne disparaît qu'au delà, dans le territoire d'Alaska.

Le cèdre de l'Ouest ou thuya géant est moins élevé, mais presque aussi gros que le sapin de Douglas ; il arrive à 50 mètres de haut et dépasse 3 mètres de diamètre. Son bois servait à fabriquer les canots indiens de la côte ; les colons en tirent de belles pièces de bois qu'on envoie dans l'Est pour les travaux d'ébénisterie; ils le débitent en bardeaux pour couvrir les maisons de bois si nombreuses en Colombie.

La pruche est un conifère mince, élancé, élevant sur une longue tige le panache de feuilles découpées qui lui vaut son nom anglais de hemlock ou ciguë; sa hauteur atteint 45 mètres dans les Selkirk et dépasse 60 à la côte*.

Fûts de Douglas et colonnettes de pruche, mélangés, donnent à la forêt occidentale, de l'Oregon i la Colombie, un aspect qui frappe au premier coup d'œil et qui ne sort plus de la mémoire.

Dans l'État de Washington, les forêts comprennent 46 p. 100 de sapins de Douglas, 24 p. 100 de pruches, 12 p. 100 de cèdres blancs ^.

Mais, si l'on prend la région toute maritime du Mont Olympe, — la plus arrosée du Washington, — on y voit la pruche, qui s*accoaimode de l'humidité, occuper 42 p. 100 de la forêt et prendre

1. 7^ Kep. of ihe Dep. of Agriculture B. C, 1902, pp. 215-16.

2. Geoi. Surv. of Ca. An, Rep., 1879-80, carte h. t. (Dâwsoii). — Atlas ofCa, 1906, carte 9.

3. BIagouii, I, p. 47. — Geol. Surv, of Ca. An, Rep., 1887-88, B, p. 210 (Dawsoïi).

4. U, S. Geol, Surv. Prof eu. Pop., n* 5. Oannctt. The,,, Foresti of Washington (carte et tableau).

le premier rang : reste au sapin de Douglas 24 p. 100, au cèdre 10 p. 100, enfin 6 p. 100 au picea du Stikine, que les Anglais appellent Menzies spruce {Picea Stichensis) : le dernier est un arbre trop mince pour fournir des bois de charpente; il se couvre d'aiguilles courtes, dures et pointues, si bien qu*on ne peut saisir ses branches sans s*y piquer. Au sud il croît principalement dans la bande humide et venteuse du littoral ; plus on s'avance vers les régions froides, puis il devient abondant.

Dans la partie colonisée de la côte colombienne, ces conifères continuent à pousser de compagnie, étalant les franges de leurs aiguilles vert sombre depuis le rivage jusqu'à 1 200 mètres : à mihauteur, le pin blanc de l'Ouest {Pinus monticola) se mélange à eux.

Au-dessus de 1 200 mètres, la pruche persiste, mais le sapin de Douglas cède la place au cyprès jaune ou de Nootka (Cupressus ou Chamœcyparis Nutkaensis) , qui sur la montagne de Yale, à la sortie méridionale des canyons fraseriens, s'élève jusqu'à 1 675 mètres '. Cet arbre fournit un excellent bois, mais on l'exploite malaisément parce qu'il croît à une altitude trop élevée pour qu'on puisse transporter les troncs abattus.

Plus haut encore, les pentes sont couronnées par la pruche des montagnes {Tsuga Pattoniana) et le sapin blanc {Abies amabilis)^ reconnaissable à ses élégants cônes verts. En Californie, la pruche des montagnes ne croît guère au-dessous de 3 000 mètres, en Colombie on commence à la rencontrer dès 825 mètres *.

Dans les îles et sur la côte ferme, les terrains les plus boisés ne sont pas les meilleurs, contrairement à ce qui se passe dans l'est : ils sont en effet couverts de sapins et autres arbres à aiguilles persistantes qui donnent fort peu d'humus. On considère comme les meilleures places à défricher les creux à aulnes {Aider boUoms) quand ils ne sont pas trop marécageux. "iJAlnus rubra ou glutinosa y croit en taillis sur les fonds de dépôts glaciaires où l'argile abonde plus que les cailloux. Aux aulnes s'y mêlent quelques bois blancs, le peuplier liard ou l'arbre à coton {Populus trichocarpa ou balsamifera), le bouleau à canots {Belula papyrifera)^ plus rare que les précédents et dont l'écorce est moins utilisée par les Indiens que dans la Prairie, vu l'abondance d'excellent bois pour la construction des barques. Bien que détruits en grand nombre par les colons qui s'installent dans les vallées, ces bois tendres de croissance rapide semblent gagner du terrain ; dans la partie non cultivée des fonds ils s'emparent très

1. Macol'n, dans Handbook of Ca,, p. 205. ~ Yearbook of B, C, 1903, p. 238.

Page 1