‹ La Colombie britannique: étude sur la colonisation au CanadaChapitre 74 sur 273 · MACOurr, I, p · texte numérisé non relu

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vite du terrain que la hache et le feu du blanc enlèvent au sapin et que la culture ne vient point protéger contre le retour de la forêt nouvelle.

Sur les crêtes rocheuses qui séparent les fonds à aulnes, peupliers et bouleaux, se dressent des conifères de tout genre; si on les détruit sans les remplacer du tout, la place ainsi perdue est généralement occupée par deux variétés d'érables {Acer macrophyllum et Acer glabrum). L'érable à larges feuilles donne un bois frisé qu'on exploite pour Tébénisterie, principalement dans Fîle Vancouver. A ces deux arbres il faut ajouter une variété demi-rampante, l'érable vigne {Acer circinatum)^ maigre et tordu comme un sarment; on ne le voit guère que sur les rochers des côtes *.

C'est par exception et simplement dans l'étroite zone de falaises balayées par le vent et les embruns de mer que l'on doit parler de plantes rabougries : partout ailleurs, l'air humide de la côte favorise au contraire le développement de végétaux qui ne prospéraient pas dans l'intérieur avec la même plénitude. On l'a déjà vu pour le sapin de Douglas et les grands conifères. Tel est aussi le cas de l'érable à larges feuilles et surtout de l'érable glabre, arbres sur la mer intérieure de Géorgie, réduits au rang de buisson dans la zone centrale élevée et aride. Dans la même région maritime, des buissons toujours verts deviennent des arbres dont la taille étonne le botaniste; ainsi le genévrier de Virginie * {Juniperus occidentalis)^ surnommé cèdre rouge à cause de ses proportions, un arbousier {Arbutus Menziesii) ou madrona, un cornouiller {Cornus NuUalii), quelques autres encore qui rappellent à l'ouest du Pacifique les lauriers et arbres analogues caractéristiques de la flore japonaise sur le rivage oriental. Gomme Térable-vigne, ces plantes s'établissent sur les pointes rocheuses qui s'avancent dans la mer et en couvrent la nudité d'un manteau qui ne change guère plus avec les saisons que celui des conifères. Interposés entre la haute futaie et les récifs ou falaises, les feuilles toujours vertes de l'arbousier semblables i celles du laurier, son écorce intérieure rouge entrevue à travers les déchirures de l'épiderme, les larges involucres blanches des fleurs des cornouillers mettent une ceinture de riches nuances entre le vert des vagues, le gris des rochers et la frange sombre et dentelée des grands sapins qui ferment l'horizon intérieur.

Sous ces voiles de feuilles, l'eau qui tombe du ciel en abondance s'évapore à peine ; lacs, marécages, tourbières et fondriè es sont

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