CHAPITRE VII
Commerce.— Industrie. — Banques. Douanes.
Ports. — Lignes de navigation. — Postes et télégraphes.
FE
Le commerce et l’industrie sont loin d’avoir atteint en Colombie leur complet développement. La guerre civile d’abord, la crise du change ensuite, ont paralysé les affaires et découragé les initiatives.
Pays neuf, la Colombie aurait eu besoin, depuis l’Indépendance, de longues années de tranquillité pour se créer une vie commerciale et industrielle, comme elle avait su se donner une existence propre et prendre place au rang des nations. Malheureusement pour elle, la jeune République a eu à subir de nombreuses révolutions et sa vie économique en à été cruellement éprouvée. Depuis quelques années le calme semble revenu ; le commerce et l’industrie, un peu rassurés,
commencent à s’enhardir et on voit de différents côtés s'établir des usines et s'ouvrir des bureaux.
En 1893, Reclus! constatait que le commerce extérieur de la Colombie, deux fois plus peuplée que le Vénézuéla, n'avait cependant pas une importance égale à celui de cette dernière nation. « Ce n’est pas, écrivait-il, que l’ensemble des échanges soit moindre dans l’ensemble du territoire, mais la situation géographique du Vénézuéla, plus rapproché que la Colombie des États- Unis et de l'Europe, et qui a ses grandes villes près de la mer (Caracas, Valencia), le favorise au point de vue du commerce extérieur. La cessation de tout commerce d'outre-mer entre la Colombie et l’Europe n’aurait pas de grands inconvénients au point de vue matériel... L'importance de son commerce intérieur donne à ses relations grandissantes avec l’étranger des assises d’une remarquable solidité. »
Bien savoir faire le commerce, à l’intérieur même du pays ou avec l'étranger, est d’ailleurs une véritable science. M. Henri Avenel prétendait que nous autres Français, ne savions pas commercer. € Le Français, a-t-il écrit, il y a quelques années, plein d'idées spéculatives et théoriques, net et précis, élégant même, hésite et s’embarrase dès qu'il s’agit de mettre en pratique ; il lui manque le génie commercial qui caracté-
rise les lourdes et patientes races du Nord ; il lui