Toquilla, plante américaine
quels ils s’habillent. Dans les provinces de la Cruz et de la Unién, on fabrique des étoffes de laine et de coton, assez fines.
Quant à la culture de la fibre d’agave -(fique) elle s’étend de plus en plus dans le Nariño. On s’en sert pour faire des sacs, qu'on expédie dans les départements du Cauca et de Valle ; on la transforme aussi en tissus qui servent à tapisser les habitations.
L'industrie manufacturière est celle qui a donné le plus de renommée aux provinces du Sud et spécialement à Pasto. Elle s’est développée sous l’empire de la nécessité, car les habitants de ces régions, étant emprisonnés entre de hautes montagnes et séparés du commerce général, par le manque de moyens de communication, ont dû se procurer eux-mêmes, depuis les temps les plus reculés, à force d’ingéniosité et de travail, tout ce qui leur était nécessaire pour l’existence. On trouve à Pasto et dans beaucoup d’autres endroits, des moulins à blé, dont l'excellente farine est envoyée dans le Cauca et à Barbacoas. Orfèvrerie, serrurerie, cordonnerie, sellerie, charpenterie, ébénisterie, sont autant d'industries du département. La curieuse préparation du vernis de Pasto est une des caractéristiques de l’industrie de cette ville. Grâce aux produits agricoles et manufacturés, le département de Nariño soutient un commerce actif aussi bien à l’intérieur de ses limites qu'avec le Cauca, l'Équateur et la côte du
Pacilique. De l’Équateur, il importe surtout des toiles,
des bayettes' et des mèches ; il y exporte de la cire d'olive, de l’anis, du tabac, etc. Le commerce que le Nariño fait avec l’Europe, Panama et les États-Unis est très important : de ces pays, il fait venir toutes sortes de marchandises et de machines pour ses fabriques : en échange, il y envoie de l'or, du caoutchouc, des chapeaux de paille toquilla, des cuirs, du café, du corozo, de la cire de laurier, etc.
Les villes les plus intéressantes à signaler sont :
Pasto, capitale du département, dont nous venons de parler et qui renferme des fabriques de draps, de bayettes, (bien que le département en importe aussi), d’étoffes de laine, de couvertures de lit, d’étoffes de coton, de chapeaux de laine et de paille, d’articles de ménage, de harnais et du fameux vernis, dit de Pasto. Il y a aussi dans cette ville des imprimeries, des moulins à blé, des ateliers d’ébénisterie, de serrurerie, de cordonnerie, des filatures, etc., et une banque, le Banco de Pasto. — Tüquerres, capitale de la province du même nom, où se trouvent une bonne tannerie et d’autres manufactures. — Ipiales, capitale de La province d'Obando, port commercial important situé à la frontière de l'Équateur et siège d’une douane nationale. — La Umiôn, capitale de la province de Juanambü, dont nous avons parlé plus haut, célèbre par ses fabriques de chapeaux. — Barbacoas, capitale de la province du même nom, port