Le grand porc du Nord ». Nous atténuons
sins du Sud et ont prétendu remédier au dommage sans faire disparaître la cause. Tout cela est vain : l’idée qui domine aujourd’hui dans toute l'Amérique latine est que, tant que l’outrage de Panama n'aura pas été réparé comme il convient, ce canal qui nous coûte $ 350.000.000 servira uniquement au commerce européen. »
Cette hypothèse, qui serait la juste punition de l’acte déloyal des Américains du Nord, n’est malheureusement pas vraisemblable. Les intérêts commerciaux priment les rancunes patriotiques, et les Républiques sud-américaines, la Colombie comme les autres, continuent et continueront à commercer avec leur puissant voisin, comme nous-mêmes d’ailleurs l'avons fait avec l'Allemagne, après qu’elle nous eut dépouillés de deux provinces.
Bien que n'étant plus en fait souveraine de l’isthme, la Colombie n’en demeure pas moins la mieux placée de toutes les Républiques américaines, au point de vue du trafic futur qui doit s’opérer par le nouveau canal. Nous avons vu, dans un-chapitre précédent, quelle était la distance de ses principaux ports de l’Atlantique à Colon et du Pacifique à Panama et nous avons énuméré les lignes de navigation, qui desservent actuellement la Colombie’. Avec l'ouverture du canal, il s’en
créera certainement d’autres, dont les navires ne