‹ La Colombie ÉconomiqueChapitre 25 sur 174 · De Saint-Légier, op. cit · texte numérisé non relu

De Saint-Légier, op. cit

aux voies ferrées qu'il le doivent. Par les chemins de fer, les terres nouvelles ont été fertilisées, la pampa a été transformée, le mouvement de colonisation s’est accru considérablement, les provinces les plus lointaines ont connu l’activité; ce sont eux qui seront pour de longues années encore les principaux agents de peuplement et ils continueront le rôle civilisateur qu’ils ont si brillamment commencé. »

Il serait injuste de dire que le gouvernement colombien n’a pas été justement préoccupé par cette question des chemins de fer; malheureusement son budget est restreint, et, en raison de la nature du pays, l’établissement des voies ferrées est très coûteux. Néanmoins un grand effort se donne en ce moment, et il y a tout lieu d'espérer que dans quelques années, le réseau desservira les principales régions agricoles et minières. Ceux qui dès maintenant auront su prendre possession à bon compte des riches contrées, qui, plustard, auront leurs chemins de fer, verront leur fortune s’accroître dans des proportions considérables.

Voici quelle était en 1912! la situation des voies ferrées colombiennes tant exploitées que partiellement construites et non encore exploitées ; les six premiers chemins de fer sont à voie de 1 mètre de large, les autres à voie de 0 m. 914 :

1. Ces renseignements sont extraits du Mémoire présenté au Congrès de 1912 par le ministre des Travaux publics. Nous le désignerons dans la suite de ce travail par : Informe del Ministerio de obras publicas.

Chemin de fer de la Sabana . . . . 40 kilomètres. Chemie en du Sud 2 2026 MO OMEMS0 2 Chemin de fer du Nord, jusqu’à Nemo-

con e e e . . e + e 0 e . e 62 nr Chemin de fer de Cucuta . . … . . TA — Chemin de fer de Barranquilla . . . 241 —

Chemin de fer de Puerto Wilches . . 20 == Chemin de fer de Girardot. . . . . 132 = Chemin de fer de La Dorada. . . . 411 —

Chemin de fer de Tolima . . . . . 25 - Chemin de fer d’Antioquia. . . . . 435.101 mètres. Chemin de fer d'Amagä. . . . . . 24 kilomètres. Chemin de fer de Cartagena . . . . 105 — Chemin de fer du Pacifique . . . . 120 — Chemin de fer de Santa Marta . . . 98 —

Total. . . . 1.000.701 mètres.

Si on compare ce chiffre à celui d’autres nations, on ne peut que le trouver très faible. La France, par exemple, dont la superficie est le tiers de celle de la Colombie, compte 50.000 kilomètres de voie ferrée ; mais il faut considérer que les montagnes colombiennes occupent le tiers du territoire et que la navigation de certains grands fleuves, qui traversent le pays d'un bout à l’autre, supplée, dans une certaine mesure, aux chemins de fer. En outre, 318 kilomètres sont en cours

de construction :

Chemin de fer du Nord jusqu'à Chi- ŒUANUITA EN." CNONRNNENE CPE 95 kilomètres.

Chemin de fer de Puerto Wilches jus-

qu'à Bucaramanga . . . . . . . 134kilomètres. Chemin de fer de Santa-Marta. . . . 100 — Chemin de fer d’Antioquia - . . . . 65 — Chemin de fer d'Amagä . URI re 46 “de Chomin de ferdu/CGauebs 0.547. 0, 18 —

Par rapport à la superficie totale du pays, il y a en Colombie 1 kilomètre de chemin de fér pour 1.500 kilomètres carrés. Pour se faire une idée du petit développement du réseau, il est intéressant de rappeler ici que le monde entier compte près d’un million de kilomètres de chemins de fer qui se répartissent ainsi : 335.000 à 340:000 en Europe et 490.000 pour les Amériques. Seulement, si on a égard aux superficies des États, c'est à l'Europe que la prépondérance réelle est conservée. Celle-ci possède en effet 3 kilomètres par myriamètre carré de superficie, tandis que pour l'Amérique, c’est un demi-kilomètre, soit la proportion de 1 pour l'Amérique à 6 pour l’Europe !.

IL est regrettable que les voies ferrées colombiennes aient été construites en deux largeurs différentes; ce sera un écueil très sensible à l’économie et à la rapidité des transports quand les chemins de fer de Santa- Marta et de Cücuta, les chemins de fer d’Antioquia et du Nord se raccorderont. Aussi la question s’est-elle déjà posée d’unifier la largeur des voies dans tout le

1. Cauwès, Cours d'Économie nationale, professé à la Faculté de droit de Paris, pendant l'année 1911-1912.

pays, et c’est probablement ce qui sera décidé. Malheureusement on sera obligé d'adopter la voie de 3 pieds (0 m. 914), car la plus grande partie du réseau construit à l'heure actuelle, les trois quarts, sont en voie de cette largeur.

La fixation du maximum des tarifs de fret et leur diminution progressive est un point des plus importants, qui s'impose pour des raisons primordiales, surtout en ce qui concerne les articles de production nationale. Malheureusement, comme l’a fait remarquer M. Simon Araujo', ministre des Travaux publics, la construction des chemins de fer colombiens a été et sera excessivement coûteuse ; et la nécessité urgente de veiller à leur conservation et à ce que les capitaux engagés commencent à rapporter, oblige les entrepreneurs à adopter le système de tarifs si élevés, que dans beaucoup de circonstances et dans de nombreux trajets, le transport à dos de mulets ou en chariots attelés de bœufs, leur fait une sérieuse concurrence.

Dans des pays comme la Colombie, les transports doivent être très bon marché, si on désire que les chemins de fer développent les industries existantes et en fassent naître de nouvelles. En Colombie, où l’on rencontre presque toutes les zones climatériques du monde, le simple échange des produits du sol entre

eux, suffirait à alimenter les voies ferrées qui les met-

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