Diario oficial, 2 &écembre 1912, no
de la rivière et dans les virages. Ces boucles de la rivière ne présentent pas en elles-mêmes de difficultés, mais comme il y a de brusques changements de direction, il se forme des barres d’eau qui obligent les vapeurs à décrire des courbes et les exposent à rencontrer des troncs arrachés des rives par le courant. Mais, malgré tout, il ne faut pas songer à supprimer les boucles du fleuve, ainsi qu'il en est question dans la loi 18 de 1912, en raison des différences de niveau qui amèneraient des rapides et rendraient la navigation plus difficile.
Ce qu'il faudrait, ce serait corriger les virages difficiles pour que les navires puissent suivre les sinuosités de la rivière, sans courir le risque de heurter contre les rives. De cette façon, on pourrait se servir de bateaux plus grands que ceux actuellement employés et augmenter le trafic de cette riche région.
Des nombreux affluents du Cauca, un seul est intéressant au point de vue qui nous occupe, c’est le Nechr, qui est navigable sur une longueur de 130 kilomètres et arrose le département d'Antioquia. Les vapeurs venant de Barranquilla peuvent le remonter jusqu à Zaragoza, et la riche région minière de l’Antioquia est ainsi mise en communication avec le monde entier.
Comme fleuves navigables, présentant de l'intérêt au point de vue économique, nous devons encore citer : le Siné, qui se jette dans la mer des Antilles, entre
l'embouchure du Magdalena et le golfe d'Urabä.
« Comparé aux deux cours d’eau qui limitent son bassin, le Magdalena et l’Atrato, dit Reclus!, il n’a qu’une faible longueur et qu’une étroite zone d'écoulement, mais le massif de montagne dont il recoit les eaux est fort important par sa position centrale entre la partie navigable du Cauca et les deux versants de l’Atlantique et du Pacifique ; en outre, nulle région de la Colombie ne dépasse ses vallées en fécondité. Le débit du Sinü est évalué, par Vergara y Velasco, à 320 mètres cubes par seconde, soit à peu près autant que le Tibre. Les bateaux à vapeur peuvent remonter le Sinü, pendantla plus grande partie de l’année, jusqu’à 180 kilomètres de l'embouchure, et des barques pénètrent plus avant, à une soixantaine de kilomètres ; cependant, les dangers que présentent certains passages et ceux de la barre maritime, précédés par les bas-fonds du golfe, rendent la navigation très incertaine. Lé fleuve estsurtout utilisé pour le flottage des bois, et la prospérité même de cette industrie, coïncidant avec la destruction des forêts, correspond à une détérioration graduelle du régime fluvial, plus brusque dans ses crues, plus appauvri et pour une durée plus longue pendant les sécheresses. » Le danger que signalait Reclus, il y a déjà vingt ans, ne doit pas laisser indifférent le gouvernement colombien, car, dans toute la région qu’arrose le Sinû, il n’y a pas de chemins de fer ; laisser compro-