Demangeon, op. cit
ne les exploitant pas eux-mêmes, préfèrent les morceler et en louer les parcelles à de petits entrepreneurs, à charge par ces derniers de leur payer une location déterminée. C’est généralement un tant pour cent (de 10 à 15 pour 100) de la production brute.
Une autre mode de production de l'or consiste dans l'exploitation des résidus déjà traités par les grandes compagnies. Certaines usines sont établies pour traiter 50 à 70 tonnes de minerai par jour. Sur une telle quantité il y à fatalement de la perte et l'impossibilité de tout extraire. Aussi les déchets des grandes usines sont-ils donnés à l'entreprise à la sortie de l’usine, en autant de canaux qu'il y a d'entrepreneurs. On évalue à 1 gramme et demi ou 2 grammes la production de cette sous-exploitation par homme et par jour.
Enfin, il y a une dernière sorte de laveurs d’or. Ce sont ceux qui, autorisés ou non, lavent à la batée les sables des rivières, les résidus des usines et les résidus des résidus déjà travaillés, comme nous venons de l'indiquer. Ces pauvres gens s'installent dans la rivière même, recueillent le sable et le lavent ensuite dans la batée. Leur gain s'élève à peine de Ofr.50 à 1 franc par jour |
Notons en terminant cette énumération des divers moyens d'obtenir l'or, que le titre varie suivant le mode d'extraction employé. Le minerai filonien traité par simple lavage donnera toujours un titre plus élevé
que ce même minerai traité par amalgamation, en r'al-
son d’une certaine quantité d'argent perdue ‘dans le premier cas et que récupère le second !,
Nous avons indiqué plus haut quels étaient les départements colombiens producteurs d’or. Le plus riche de tous est celui d'ANrioquia, extrêmement montagneux el coupé en tous sens par des filons qui presque tous sont aurifères.
Comme centres de production importants, nous nous contenterons de citer : Remedios, où on dit que les rues elles-mêmes contiennent des veines d’or (altitude 900 mètres), Zaragoza (205 mètres) qui fut fondée en 1581 en raison de la richesse en or du Bas- Nechi. M. Loraine (op. cit.) relate que ces mines ont produit, dit-on, en 18 ans, £ 1.200.000 et celles de Remedios autant en 26 ans. Zea (alt. 694 mètres), arrosée par les trois rivières les plus productrices de Colombie : le Porce, le Nechi et le Tenche ; Guamoco (250 mètres) exploité surtout par des lavadores ; Anort (1.335 mètres), où se trouve le plus grand nombre d'exploitations individuelles établies chaque année sur le Rio Porce, véritable « Pactole ». On raconte que certaines batées de limon aurifère recueillies dans le Porce ont produit jusqu’à une livre d’or par batée, mais le fait est assez rare? Amalfi (1.745 mètres), Santa Rosa de Osos (2.610 mètres), Yarumal (2.276 mètres), Yo/ombo (1.369 mètres), Santo Domingo (1.718 mètres) qui jouit d’une grande