CHAPITRE VI
Produits du sol.
Grâce à ses climats variés, la Colombie recueille les produits des zones tempérées comme des régions tropicales. On y rencontre tous les genres de culture, depuis le blé jusqu’au cacao. Étant donné l'étendue de son territoire, si tout était mis en culture et si les moyens de communication étaient suffisamment développés, elle pourrait concurrencer les États-Unis et l'Argentine pour l’approvisionnement du Vieux Continent.
Il est impossible d'étudier ici un par un tous les produits du sol colombien; nous nous contenterons de parler des principaux, de ceux qui assurent l’existence de la population et dont l'exportation amène déjà une certaine richesse dans la République.
Le sol de la Colombie est d’une fertilité extraordi-
naire ; la végétation est riche et exubérante. Dans les-
forêts se trouvent des bois de construction et ébénisterie, plus fins que dans toute autre partie du continent américain, tels que le cèdre, l’acajou, le grenadille, le bois de fer’, le gaïac, etc., dont beaucoup font l’objet d’un grand commerce d'exportation. Comme types spéciaux de cette flore, on distingue les fougères arborescentes et la gigantesque graminée appelée bambou.
Parmi les plants dont la culture est la plus étendue on distingue : le cacao, la canne à sucre, le café, le mais, le riz, le blé, l’avoine, l'orge, l’anis, les pommes de terre, l’igname, les haricots, les carottes et toutes sortes de produits de potagers.
On rencontre en Colombie une grande variété de fruits, tels que la grenade, le coing, l'orange, la prune, la pomme, le mangue, la pomme de paradis, le fruit du plaqueminier, de l’arbousier, le raisin, etc. Il y a des palmiers comme le cocotier, le dattier, le os eos le corozo ({aqua) dont les fruits s’exportent. Enfin parmi la multitude de plantes médicinales, de teintures, textiles, balsamiques et résineuses, il faut citer : les quinas de différentes espèces, l’ipécacuana, la salsepareille, la thérébentine, la vanille, le copahu, la coca, le tabac, le ricin, le guaco, l’indigo, le dividivi dont, selon Reclus, on recueille jusqu'à 5.000 tonnes de graines dans la Goajira, le campêche du Brésil, Le coton,
le lin, l’agavé, la caragne (sorte de résine), le caout-