MARGOT, LA GHABRAQUE, ROUQUIN, JOSEPH
Au lever du rideau, Joseph, La Ghabraque et Margot sont à la fenêtre. Rouquin, assis près de la table â gauche, une consommation devant lui.
MARGOT
Et maintenant, ceux qui défilent au trot?.. Ohl les jolis uniformes !
2 LE COLONEL ROQUEliRUNE
LA ClIAHRAOUK.
4"= hussards... Fameuses troupes, mon enfant, et qui ne craignaient pas de se peigner en ligne avec des cuirassiers... On en a été.
MARGOT
C'était votre régiment, monsieur La Cliabraquc. Oh! pardon, monsieur François.
LA CHABUAQUE.
Dites La Ghabraque, aimable fille, vous en aurez la valicence comme les vieux, de la vieille... qui me pleurent à l'escadron.
MAIIGOT.
Oh ! regardez !... Voici de la cavalerie rouge montée sur des chevaux gris.
LA CHABRAQUE
Peuh! Maison du Roi... Compagnie Marmont... Tous des beaux fils qui nous sont arrivés d'Allemagne ou de Bretagne... des Chouans ou des soldats de Condé... ^Malheur! Ça a plus de galons d'or sur l'habit que je n'ai de coups de sabre sur le corps... Ça se pavane dans les hauts grades et pendant ce temps-là les grognards sont en demi-solde! JOSEPH, inonlrant Rouquin,
Chut! Pas si haut! Nous ne sommes pas seuls.
LA GHABRAQUE.
Qu'est-ce que j'ai à craindre, puisqu'on m'a fendu l'oreille? Je suis bourgeois, j'ai bien le droit de parler comme un bourgeois.
JOSEPH
Il y a aujourd'hui à Versailles des gens qui ne sont pas du pays et qui ont de drôles de figures.