ACTE PREMIER S
LA GHABRAQUR.
Ils sont venus assister à la revue.
MARGOT
Je crois plutôt qu'ils sont venus observer ceux qui y assistent.
LA GHABRAQUE.
Des mouchards.
MARGOT
Il y en a partout dans ce temps-ci... Ahl voici l'Etat-Major qui se met en mouvement... C'est M. le comte d'Artois... Quel est le général qui vient auprès de lui?
LA GHABRAQUE.
Le duc de Raguse... le Judas! Ah! mille millions de massacres!...
Gris.
JOSEPH
Ecoutez comme on crie.
LA GHABRAQUE.
Oui, vivo le Roi! C'était bien autre chose quand on criait : "Vive l'Empereur! Fallait entendre ça sur un champ de bataille, quand l'autre arrivait au galop, avec sa redingote grise et son petit chapeau... Ah! oui, on criait, là, ma petite... Mais ces cris-là ne sortaient pas du gosier, comme en ce moment-ci... (Gris. — Musique.) Ils venaient du cœur!
.TOSEPH, il descend en scène.
C'est fini... Ahl c'était beauf... Et on était bien tranquille. Maintenant, il va falloir désaltérer tous ces gens-là, qui sont restés pendant deux heures au
4 LE COLOiNEL ROtjLEHRUNE
soleil, (cris et coups frappés sur des verres à la cantonade.) Tenez, ça commence... Voilai Voilà!