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SCÈNE II Les Mêmes, MOIGNEVILLE, LA GHABRAQUE

MOIGNEVILLE, suivi de La Ghabraque.

G'est que le roi de cœur, mon cher baron, n'a jamais plus de vingt-cinq ans, et Sa Majesté Louis XVIII en a soixante.

LA MARQUISE

Ah ! vous avez entendu.

MOIGNEVILLE, illuibaisela main.

Oui, marquise. Et les cartes sont encore plus brouillées aux Tuileries qu'ici...

Il va saluer les jeunes filles et serrer la main d'Henri. LA GHABRAQUE, s'approchant d'Henri. — Bas.

Mon capitaine, le colonel est dans la ruelle, devant la petite porte, et la moricaude s'est déjà dérangée deux fois pour y aller voir.

HENRI, bas.

Bien I Dans un instant je vais partir... Alors tu descendras au jardin et tu iras ouvrir à Roquebrune.

LA MARQUISE

François, dites à Déborah, je vous prie, de faire servir le thé.

LA GHABRAQUE.

A vos ordres, madame la marquise.

Il sort.

HENRI, à Moigneville.

Vous ne paraissez pas ravi de la situation, monsieur.

MOIGNEVILLE.

Gomment l'être? Tout le monde, dans l'entourage du roi, perd la tête. Les projets les plus opposés et les plus déraisonnables sont successivement adoptés, puis rejetés. Monsieur veut partir, madame la Dauphine veut qu'on se défende. M. deBlacas ne cesse de récriminer et M. Laisné de gémir. Seule, Sa Majesté ne dit rien et, avec une parfaite dignité, attend les événements... Pendant ce tempslà Napoléon marche, comme lui seul sait marcher. Il était aux dernières nouvelles à Auxerre... M. le maréchal Marmont voulait mobiliser les troupes de l'Ouest, pour les lancer contre l'usurpateur... Kh ! mon Dieu ! a dit M. le comte d'Artois, ne lui envoyez donc plus de soldats. 11 en a déjà bien assez comme ça !

LA MARQUISE

Oh ! si les princes ont de l'esprit, tout peut se réparer.

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