SCÈNE VII THÉRÈSE, ROQUEBRUNE
KOQUEBRTJNE.
Thérèse.
THERESE
Roquebrune !
ROQUEBRUNE, à demi-voix comme soulagé et attristé à la fois.
C'était Thérèse!... (La regardant avec douleur.) Oh! malheureuse enfant ! Ce n'était pas moi que vous attendiez !
THÉRÈSE, étouffant un cri.
Il croit... (a. part. ) Oh I oui ! oui;! cela vaut mieux... pour Émilienne, pour lui... Il n'apprendra que trop tôt son malheur.
Elle tombe assise près de la table, à droite, ROQUEBRUNE.
Oh! pauvre Thérèse... Je n'ose pas vous questionner... Et cependant... Qu'est-il donc arrivé? Quel coup de foudre? Gomment, vous, si douce, si timide... (Thérèse se cache la figure dans ses mains.) Oh! je vous afflige, pardonnez-moi! Ce S- une simple imprudence, n'est-ce pas? Tout peut s'oublier? Se réparer ?Ge n'est point si'grave, que nous l'avons pu craindre.
THÉRÈSE
Nous? N'êtes-vous donc pas seul à savoir ? Qui donc avec vous?
ROQUEBRUNE, avec hésitation.
Henri.
THÉRÈSE, affolée.
Henri I . .. Il saurait, lui ? Il pourrait croire... Oh! mais je ne veux pas ! Je ne veux pas 1 Etre accusée par Henri, le voir souffrir ? C'est trop me demander... Je n'ai pas ce courage !... Non! par pitié, mon ami, n'exigez pas tant de moi!
Thérèse, que voulez-vous dire? Parlez!... Vous étiez là, vous attendiez cet homme, vous n'avez pu nier, prise sur le fait, vous ne l'avez même pas essayé... Et cependant... D'étranges soupçons me viennent. Émilienne est là... Thérèse ! Allez la chercher, je veux la voir et lui parler.
THÉRÈSE
Mais que voulez-vous qu'elle vous dise ?
Ce que vous ne me dites pas vous-même... Ce que je ne puis, ce que je ne dois pas vous demander, car votre douleur m'arrête. Je crains... (Avec une violence contenue.) Si le malheur voulait qu'on m'ait trompé...
THÉRÈSE, suppliante.
Non ! Non I
ROQUEBRUNE, avec une gravité terrible.
Thérèse, allez chercher Émilienne... Il le faut ! La porte s'ouvre, Émilienne paraît.
THÉRÈSE
La voici 1