‹ La colonel RoquebruneChapitre 50 sur 130 · THÉRÈSE, ÉMILIENNE, ROQUEBRUNE · texte numérisé non relu

THÉRÈSE, ÉMILIENNE, ROQUEBRUNE

Émilienue les examine avec attention, pour essayer de deviner la situation sur leurs physionomies, très maîtresse d'elle-même, la figure résolue.

Émilienne !

ÉMILIENNE

Eh bien! qu'est-ce donc? Pourquoi cette arrivée mystérieuse? Etes-vous poursuivi? Avez-vous besoin de vous cacher ? Pourquoi Thérèse est-elle bouleversée ? Que se passe-t-il ?

C'est ce que je vous demande de m'expliquer, Emilienne ?

ÉMILIENNE

A moi ?

Oui, comme je l'ai demandé à Thérèse... Je suis arrivé à llmproviste, tout à l'heure, mais non au hasard. Je savais ce que je faisais, en venant à cette heure-là, à cette place-là. Je n'étais pas poursuivi, comme vous me le demandiez à l'instant. Bien au contraire, je poursuivais.

ÉMILIENNE, avec âpreté.

Qui donc? Vous avez vraiment des airs de soupçonner, qui sont intolérables!

ROQUEBUUNE.

Je ne soupçonne pas, je suis sùrl... Le hasard m'a mis en possession du secret d'un homme... de celui qui devait venir ce soir. La porte qui s'est ouverte devant moi, c'était pour lui qu'elle devait s'ouvrir... Au lieu de moi, c'est lui qui devrait être

ÉMILIENNE, essayant de railler.

Voih'i un beau roman! Espérez-vous nous le faire accepter?

Oh! ne riez pas! Émilienne... C'est inutile... Thérèse, moins maîtresse d'elle-même, moins préparée que vous, a avoué... Le fait est vrai, un homme était attendu.

ÉMILIENNE, avec une sourde ironie.

Eh bien I cet homme, puisqu'il existe, puisque vous avez surpris son secret, allez le trouver. Au lieu de nous tourmenter, interrogez-le... Il est probable qu'il saura vous répondre.

ROQUEBRUNE, froidement.

Non!

ÉMILIENNE

Non? Pourquoi?

Parce que je l'ai tué.

THÉRÈSE, avec épouvante.

Tué! Grand Dieu! (Elle voit Émilienne qui est restée immobile comme frappée de la foudre, les yeu.\. l<xes, les bras inertes. Elle se jette sur elle. — Bas, à Émilienne.) Prends garde. Il croit que c'est moi qui suis coupable !

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