ACTE DEUXIÈME
de vous voir souffrir et d'eu être cause. Cet homme, maintenant, je voudrais l'avoir épargné... Mais vous le savez, je ne suis qu'un soldat... Je ne sais ni patienter, ni dissimuler. Je me suis laissé emporter par la violence de mes sentiments et j'ai frappé, avant même d'avoir réfléchi... Cependant Henri était présent, et si je n'étais pas intervenu, c'était lui qui allait s'attaquer à ce malheureux. Il était aussi atteint que moi, aussi furieux, aussi jaloux... Non, j'ai tort de dire cela: il n'avait pas de jalousie, il n'avait que de la colère et, au milieu • de cette colère même, il n'a pas douté de vous. Pas un instant il ne vous a crue infidèle.
THÉUKSE, sanglotant.
Oh! Henri, noble et généreux cœur !
ROQUE BRU NE, avec une grande douceur.
Aussi, voyez-vous, Thérèse, il ne faut pas trop m'en vouloir, j'ai la tête vive et la main prompte, mais je ne suis pas méchant. Dites-vous que j'ai agi pour l'honneur, le vôtre aussi bien que le mien, et qu'en somme, pour avoir le droit de connaître ce terrible secret, j'ai risqué ma vie.
THÉRÈSE, d'une voix tremblante.
Ce que votre honneur vous a commandé de faire, vous l'avez fait loyalement, n'est-ce pas?
Loyalement.
THÉRÈSE
Eh bien, je prierai pour ce malheureux, et pour vous.
Émilienne, ne me tendrez-vous pas la main?
2 LE COLONEL KOQUEBRUNE
Émilienne lui tend la main. Il la prend, mais à peine s'il la serre, elle la relire avec horreur. ÉMILIENNE, à Thérèse.
Allons!... Viens I j'étouffe I
Elles sortent.