‹ La colonel RoquebruneChapitre 93 sur 130 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

que tu voudras pour expliquer mon départ, car elle doit savoir ce que je suis venu faire avec toi... Enfin, invente, arrange-toi pour qu'elle se croie bien libre de parler... J'assisterai à votre entretien, et ce que je soupçonne que l'on me cache, enfin je l'apprendrai.

HENRI

Roquebrune, c'est impossible.

Pourquoi donc? Qu'est-ce que tu crains?

HENRI

Tromper ! Tromper cette enfant qui aura confiance... L'exposera ce que les paroles, qu'elle croira n'adresser qu'à moi, soient entendues par un autre... Ce serait une déloyauté !

La déloyauté, ce serait de m' abandonner quand j'ai besoin de toi, quand tu peux me sauver, entends-tu, du désespoir, de la mort, de tout !

HENRI

Voulez-vous ma vie ? Je la donnerai avec joie. Mais ce que vous engagez là, c'est mon honneur, le vôtre...

ROQUEBRUN-E, avec violence.

Le mien? Tu sais donc tout !

HENRI

Je n'ai pas dit cela !

Ah ! malheureux, tu veux me ménager, je le comprends bien, et tu me martyrises! Veux-tu tout me dire, toi-même?

HENRI

Je ne sais rien I

Alors, aie donc le courage de me laisser faire ce que j'exige... Tout est préférable à l'angoisse que j'endure... Henri, mon ami, mon enfant, aie pitié de moi... La vérité, au nom du dévouement, de l'affection, de tout ce qui nous unit l'un à l'autre, la vérité!

HENRI, après une hésitation.

Vous la voulez ?

Oui.

HENRI

Quelle qu'elle soit ?

Oui.

HENRI

Même, si elle doit vous tuer?

Je mourrai en te remerciant...

HENRI

Eli bien! Vous allez être obéi.

Oh ! merci! Ne crains rien, va, je ne te trahirai pas, .Je ne pousserai pas un soupir.

Il se place derrière le pilier du milieu.

Page 1