‹ La colonel RoquebruneChapitre 98 sur 130 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

ROIUEBRUNE, ROUQUIN.

ROUQUIN, avec émotion.

Colonel, écoutez, ce que vous venez de faire là, ce n'est peut-être pas très sage, mais c'est bigrement crâne ! On a beau être mouchard...

Ça n'empêche pas d'avoir du cœur. Vous avez voulu me rendre service, je vous remercie, mon brave, (il lui tend la main.) Touchez là.

ROUQUIN

Ah ! colonel...

Henri doit être dehors, (a Rouquin.) Maintenant, allons au plus pressé. Combien sont-ils d'hommes pour me prendre ?

ROUQUIN

Dix..

Excusez du peu! On me fait honneur... Voilà qui me ragaillardit. Ont-ils des armes à feu?

BOUQUrN.

Oui, mais je ne crois pas qu'ils s'en servent, à

cause du bruit... Par exemple ils ont des bâtons...

Ah! assommé, comme un chien enragé ? Bah ! ne faisons pas la petite bouclie ! (Montrant la trique de Rouquin.) Est-ce que vous tenez à cette trique, mon ami ?

ROUQUIN

Non, colonel.

Voulez-vous me la prêter? (Rouquin la lui donne.) Merci. Je vais vous montrer comment on s'en sert!

Il marche vers la porte.

ROUQUIN

Mais, où allez-vous ?

Au devant de l'ennemi.

ROUQUIN

Colonel 1

Je suis pour l'offensive.

Il sort.

ROUQUIN, le regardant s'éloigner.

Quel homme ! Pas plus d'émotion que s'il allait au bal. Ils sont dix! Est-ce assez? (Bruit de lutte. cris étouffés.) Les voilà aux prises !

Page 1