‹ La Colonie acadienne du PoitouChapitre 6 sur 8 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Le tableau nominatif et détaillé du plan d'arpentage joint au procès contient en outre, comme possesseurs des lotsAes noms ci-dessous qui ne sont pas d'origine acadienne^ mais qui sont entrés en possession de lots abandonnés suivant lettres patentes du Roi ou arrêts du Conseil d'État ou comme concessionnaires ou époux d'Acadiens.

Le tableau ci-après indique la pièce d'origine de propriété ou le mariage avec un Acadien.

Noms Pièce ou cause d'origine de la propriété.

Arnault Époux de femme Guillot, Acadienne.

Brionne Arrêt Conseil d'État du 24 avril 1776.

Bidault . , Époux de femme Guillot, Ac.

Marguerite Doucet Veuve de Bunel, Ac.

Guillard de la Vacherie. Arr^t Conseil d'État du 22 septembre 1783.

Faulcon Époux de femme Guillot, Ac.

Landry Traité du 24 octobre 1791.

Leydeck (1) Traité du 24 octobre 1791.

De Latouche Époux de femme Rabudeau, Ac.

Martin — -, Hébert, Ac.

Melançon Lettre patente du 25 août 1783.

Pérusse (DU® de) Arrêt Conseil d'État du 26 janvier 1785.

Rousseau Cessionnaire d'un Acadien.

Rougier Cessionnaire de D"«" de Pérusse.

Sauvion Époux de femme Boudrot, Ac.

Veluet Lettre patente du 26 août 1783.

Secours et solde attribués aux membres de la Colonie Aoadienne.

Les documents des archives mentionnant les secours et la solde accordés par le Gouvernement aux Acadiens réfugiés en France doivent élre examinés avec une certaine circonspection, du moins en ce qui concerne ceux relatifs à la colonie de la GrandXîgne, installés dans les conditions que nous avons indiquées.

Ces secours et soldes sont confirmés en principe par la loi du 25 février 1791, ainsi conçue :

Art. !•' Les secours accordés aux officiers tant civils que militaires Aca-

(1) Leydeck doit être un des Allemands amenés en France par le marquis de Pérusse: son introduction parmi les propriétaires, en vertu du traité du 25 octobre 1791, parait être un acte d'intrus, puisque cette transaction n'était applicable qu'aux possesseurs Acadiens. On voit en outre que des lettres patentes du Roi et un arrêt du Conseil d'Etat de l'an 1783 instituèrent 3 propriétaires, non Acadiens, indépendamment du S'Brionneetde D"' de Pérusse dont il a été longuement parlé dans le texte de cette notice*

diens ou à leurs familles continueront d'être payés comme par le passé par le Trésor public à Teffet de quoi les fonds de 50.000 livres fournies précédemment au Département de la marine pour cet objet cesseront de leur être faits à partir du !«*• janvier 1791.

Art. 2.

L^ solde accordée aux habitants de ces. mômes contrées passés en France à la paix de 1763 sera continuée h tous ceux qui en jouissaient ou en ont joui dans les proportions suivantes, savoir :

Huit sols par jour aux sexagénaires.

Six sols par jour aux enfants et orphelins jusqu'à l'âge de 20 ans seulement.

Art. 3 et 4.

L'art. 3 dit que chacun des secours ou solde des art. précédents sera éteint à la mort des ayants droit.

L'art. 4 indique la procédure à suivre pour déterminer les ayants droit au secours. (Etats à dresser par les municipalités pour être vérifiés au District, et de là au ministère de l'Intérieur.)

L'application de cette loi fut fort longue à réaliser et très laborieuse, malgré des décrets et des circulaires explicatives souvent réitérées du ministère de l'Intérieur. Les états n'étaient pas fournis ou étaient trouvés incomplets.

Une circulaire du 15 fructidor an V (1" septembre 1797) reconnaît que la classe intéressante des Acadiens n'a rien reçu depuis la fin de l'an III, qu'il y a lieu dé rassurer les intéressés sur les intentions bienfaisantes du Gouvernement qui va s'empresser de liquider l'arriéré et l'année courante.

Les états demandés furent cependant fournis en l'an VI.

Il ressort de leur dépouillement que 4 familles (veuves ou parents d'officiers) recevaient 300 livres par an .

A ChAtellerault, un sabotier, Pierre Hébert, débarqué en France en 1762, reçut des sommes variables, 108 livres en 1778, diminuant progressivement jusqu'à 36 livres en 1781 .

Dans le canton de Montmorillon, sur deux familles isolées, l'une n'avait jamais rien reçu, l'autre reçut annuellement 109 livres et 16 sous jusqu'en 1778.

Mais ces secours aux familles d'officiers, isolées et installées à leurs frais, n'avaient aucun rapport avec la solde attribuée aux Acadiens et surtout à ceux de la colonie de la GrandXigne, dont les états ne furent établis qu'en Tan Yl (décembre 1797), soit six ans après la promulgation de la loi.

Les états des Acadiens réfugiés en France ayant droit aux secours décrétés en leur faveur par la loi du 25 février 1791 furent transmis, en ce qui concernait la colonie acadienne de la Grand* Ligne, le 15 frimaire an YI(5 décembre 1797), par les municipalités intéressées.

Ils signalent :

1<* Sur le canton de Monthoiron, 20 personnes. ( de tout sexe et de 2° Sur le canton de Pleumarlin, 39 personnes. < tout âge, entre 61 3° Sur le canton deSaint-Savin, 39 personnes. [ ans et 3 ans.

Les délégués des municipalités certifient avoir payé par ordre de M. deBlossac, ci-devant Intendant de la ci-devant Généralité de Poitiers, la solde aux Acadiens portés aux présents états, nés avant l'année 1778, pendant ladite année 1778 et pendant celles de 1779, 1780 et 1781, savoir : Tannée 1778 à raison de six sols par jour ; l'année 1779, à raisons de quatre sols; l'année 1780àraison de trois sols et Tannée 1781 à raison de deux sols aussi par jour.

Le citoyen Hérault, délégué de l'Intendance de Poitiers à Châtellerault, ayant payé cette solde aux dits Acadiens depuis leur arrivée dans le Poitou jusques y compris Tannée 1777.

Il ressort de cette attestation que les Acadiens avaient reçu leur solde par ordre de M. Tlntendant du Poitou depuis leur arrivée jusque pendant Tannée 1777 incluse, qu'ils avaient été payés par le citoyen Amiraut, de 1778 à 1781, d'après le tarif sus-indiqué, mais que, depuis cette époque, ils n'avaient rien reçu. Toutefois la circulaire ci-dessus rapportée du ministre de l'Intérieur (15 fructidor an V) signalait seulement que les réfugiés Acadiens n'avaient pas reçu de solde depuis Tan III.

D'autre part, une lettre de ventôse an IV adressée par les administrateurs du département de la Vienne au ministre de l'Intérieur et concernant Tétablissement des dits états de solde expose: que, dans le district de Châtellerault, il y a des Acadiens habitant des

ti,.

maisons à eux données par le gouvernement et qu'on aurait eu connaissance qu'ils recevaient une solde particulière.

Ainsi s'explique le tarif spécial, indiqué par les municipalités des cantons de Monthoiron etdePleumartin,qui n'a aucun rapport avec celui de Tarlicle 2 de la loi du 25 février 1791.

D'autre part, on comprend que la solde diminuée progressivement de 1779 à 1781, de quatre sols à trois, puis à deux sols, puisse arriver à son expiration en 1783.

Enfin ajoutons qu'on ne trouve dans les archives, 1res complètes en ce qui concerne les états fournis, aucune pièce relatant la suite donnée.

Pour ces divers motifs, il y a lieu, à notre sens, de conclure ce qui suit :

Les Acadiens installés sur la Grand' Ligne touchèrent tout d'abord des subsides leur permettant de vivre pendant les premières années de l'installation, ainsi que des secours en bétail, instruments aratoires, etc.

Ils touchèrent ensuite par l'Intendance du Poitou et par l'intermédiairede M. de Pérusse, directeur de la colonie, une solde quotidienne qu'aucun document ne nous permet de préciser.

Enfin ils reçurent, par les soins de l'Intendance à Chdtellerault, une solde de 4, 3 et 2 sols respectivement pendant les années 1779, 1780 et 1781. A partir de cette dernière année, ils ne touchèrent plus aucun secours en argent. Mais l'état nominatif des Acadiens dressé par les municipalités, le 15 frimaire an VI, est une pièce très précieuse qui nous fournit le dénombrement des Acadiens existant dans la colonie de la Grand' Ligne à cette époque. Il nous a permis d'établir les noms des familles acadiennes fixées au sol, et de les contrôler par comparaison avec la nomenclature des familles qui avaient comparu à l'acte de transaction du 2i octobre

Tracé de rétablissement acadien. — Chemins. —

Numérotage et désignation des maisons

isolées et des groupes d'habitation.

Le territoire aflFecté aux Acadiens, situé sur les communes d'Archigny, Cenan-La-Puye et de Saint-Phèle de Maillé, occupait la zone de partage des deux branches de rAuzon» qui baignent Tune Puits-Girault et Marsujeaux, Tautre Sainte-Radegonde et Archigny. Ces deux ruisseaux se réunissent, un peu au sud de Monthoiron, en un cours d'eau unique qui se jette dans la Vienne près de Châtellerault.

L'emprise réelle affectée à la colonie présentait une contenance de 1.610 arpents de Châtellerault (soit 1.070 hectares). Elle était d'un seul tenant, mais d'une forme irréguliôre, tenant à la configuration même du plateau, affectant une forme oblongueavec une concavité tournée vers le nord.

Chemins.

Pour assurer les communications des habitations entre elles et avec les hameaux ou villages voisins, les ingénieurs du Roi tracèrent un grand chemin de terre en ligne droite, placé très judicieusement sur le faîte ou ligne de partage des eaux.

Ce chemin, large de 16 mètres, y compris les fossés dont il était pourvu, fut tracé sur un terrain plat très légèrement ondulé.

Ce chemin, rectiligne sur une longueur de 6 km. i/2, fut immédiatement appelé la Grand'Ligne, nom qu'il a donné à la colonie et qu'il a conservé depuis. Orienté du sud-est au nord-ouest dans la direction de La Puye à Châtellerault, il commençait au chemin du Chillou à Cenan pour se terminer à celui de Vangueil à Archigny. Dans sa partie nord, il limitait l'emprise en laissant le terrain à Touest. Dans sa partie sud, il laissait la plus grande partie à l'est.

Dès le début, le terrain à Touesl de la GrandXigne fut pourvu d*un réseau de chemins en forme de triangle destiné à desservir le groupe des 8 maisons et à les mettre en rapport avec les hameaux voisins.

Dans le terrain à Testde la Grand'Ligne, les ingénieurs tracèrent deux nouveaux chemins sensiblement parallèles à la Grand'ligne et reliés à celle-ci par des chemins transversaux (ligne des A maisons aux 6 maisons et ligne Petite Tour, Petit Dépôt, Grand Dépôt,

Numérotage des habitations.

Pour reconnaître leurs différents chantiers de construction, qui différaient fort peu d'aspect, les ingénieurs numérotèrent les maisons tout d'abord de 1 à 37 en partant de Textrémité nord, en passant par les 8 maisons et en suivant la Grand'Ligne jusqu'à la dernière maison (n° 37)située près de l'extrémité sud delà Grand'- Ligne.

Les maisons construites ultérieurement dans l'emprise esl furent numérotées de 38 à 58. On remarquera, toutefois, que le n° 25 n'a jamais existé, car il n*a figuré ni dans l'acte de transaction, ni dans le procès-verbal, ni dans le plan de bornage à l'appui. Il n'y a donc que 57 maisons, bien que la dernière porte le n« 58. Ces numéros donnés aux lots de terrain et aux habitations correspondantes entrèrent vite dans les usages et s'y maintinrent, car, dans la comparution devant le notaire pour l'acte de transaction de 1791, chaque Acadien, après avoir donné ses nom et prénoms, indique spontanément le n° de l'habitation dont il est possesseur.

Les maisons furent échelonnées assez régulièrement par groupe de 2 à 3 ou 4 de chaque côté de la Grand'Ligne.

Elles n'étaient jamais contiguës. Chacune d'elles était à une distance d'environ douze mètres du grand chemin, laissant une cour spacieuse entre leur façade et la route.

Désigrnation des groupes.

En dehors des habitationséchelonnéesle long de la Grand'Ligne les ingénieurs constituèrent des groupes de 4, 6 ou 8 maisons, qui portèrent ces mêmes dénominations, les quatre maisons, etc.

Deux groupes, qui étaient sans doute leurs dépôts d'outils, s'appelèrent Tun le Petit-Dépôt, Tautre le Grand-Dépôt, et conservèrent leur nom technique. Toutefois le Grand-Dépôt devint plus tard le Loup-Pendu.

Fours et puits.

Les maisons groupées par 2, 3 ou plus disposaient d'un four à cuire le pain, construit dans Tune d'elles.

Il en était de même pour le puits banal attribué de communauté à 2 ou 3 maisons.

Au bout de quelques années, chaque habitation disposait d'un pré contigu aux bâtiments et entourée d'une haie vive. Le puits était régulièrement situé dans ce pré, aune cinquantaine de mètres des bâtiments, par une mesure hygiénique très judicieuse. Les quelques puits qu'on voit actuellement près de l'habitation dans la cour de la ferme, où ils sont exposés aux infiltrations du jus de fumier, ont été déplacés d'une façon fort irréfléchie. Pour obéir à la loi du moindre effort, le colon a méconnu la loi hygiénique et court le danger d'avoir de l'eau contaminée par les souillures d'origine animale.

L'acte de transaction de 1791 consacra l'usage des fours et des puits de communauté en réglant les droits de chacun.

Dans les groupes, comme les qualité maisons, les six rnaisonsy etc., se trcuvaitau centre de remplacement une mare pour labreuvage des animaux. Il en était de même pour les maisons de la Grand' Ligne. Ces mares étaient alimentées, en temps de pluie, par les

fossés des chemins. Un coup d'œil sur la carte au -r-, et sur le

plan de bornage en apprend plus que toutes les descriptions.

Nous donnons ci-après, à titre de curiosité, un projet de dénomination des différents groupes d'habitations de la Colonie Acadienne.

ÈrAT DES HABITATIONS

occupé«8 et cultirées par les familles acadiennes qui composent la colonie

Village Chateignier. .

Hameau Saint- Louis.

Hameau de Bourbon.

Censé de Beauregard.

Village de Louis XVI...

Hameau Saint- Antoine..

Village de Pérusse

Hameau d'Iron

Hameau Saint-Joseph...

Village Descars.

Censé Hérault

Hameau la Bourdonnay.

Censé de Julièrcs

Village de Blossac

Village Saint-Aulaire. . . .

Village de la Reine.

Total

Il2 '14

ao

Porcheron.

G au trot.

Signes .

Beaulu.

Faulcon.

F. Guillot.

Saurion.

A. Guilliot.

H. Daigle.

A. Guilliot.

B. Daigle.

M. Daigle.

M. Boudrot.

M. Daigle.

F. Boudrot.

G. Berbudeau.

F. Berbudeau.

F. Hébert.

Martin .

F. Guilliot.

G. Guilliot. M. Armand.

J. Boudrot.

M. Boudrot.

D. Guilliot.

F. Boudrot.

Pouget.

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