J. O. FRANCHÈRE
ONSIEUR J. O. Franchère, né à Montréal en 1850, M arriva à Chicago à l’âge d’un an et six mois. AÀ peine avait-il douze ans, qu'il trouva à se placer chez Potter Palmer; dont l'établissement est devenu plus tard entre les mais de Marshall Field & Co. Le jeune compatriote montrait de bonnes dispositions pour le commerce. Aussi ne tarda-t:il pas d'ouvrir à son compte un grand magasin de chaussures sur l’avenue Centre No. 458.
Comme son frère Gabriel, il sut marcher promptement vers la fortune, grâce à ses principes d'économie et à son habileté dans les affaires.
Suivant M. ]. O. Franchère, il importe dans le monde pour réussir de savoir ne s'occuper que de ses affaires, tout en
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étant libéral et généreux quand les occasions et les circonstances le demandent. Il a raison.
Bien qu'élevé au milieu de la ville de Chicago, M. JF. O. Franchère n’a jamais cru devoir abandonner la langue française. Dans sa maison, notre belle langue occupe la place d'honneur.
En M. J. O. Franchère, nous avons un compatriote qui a pu arriver à figurer parmi les principaux hommes de commerce du West Side de la grande Métropole de l'Ouest.
Il possède maintenant des propriétés qui lui permettent d'avoir vingt-cinq locataires, et aussi une splendide rés privée, évaluée à $15,000, sur la rue Loomis.
M. J. O. Franchère est un compatriote dont notre ra ‘'onalité peut ètre fière, puisqu'il lui fait honneur et sait à bé oin prêter main forte au mouvement de ses intérêts.
En 1889, avec son frère Gabriel, il visita l'i :po:ition Universelle à Paris.
Depuis trois ans, il est en société avec M. LaRocque dans ce que suivant le langage du pays on appelle ‘‘ Real Estate, Loans and Insurance.”
M. J. O. Franchère et son associé ont accepté l'agence de la location du ‘New Era Building,” encoignure des rues Halsted, Harrison et de l’avenue Blue Island. Nos félicitations les plus sincères.
Sa gentille épouse est une des filles de feu Cyrille Lebeau, qui fut un des plus anciens entrepreneurs de Chicago. M. Franchère à droit d’être heureux des deux fils qu’elle lui a donnés.
me MICHEL CYR.
UI ne connait pas ce bon patriote, ce canadien-français qui a tant fait pour sa race? Dans le cadre restreint de ce livre il nous serait impossible de faire son histoire,
mais ses œuvres sont connues, elles parlent pour lui, son nom est dans toutes les bouches et dans tous les cœurs. Tous les
canadiens-français de l’ouest connaissent ce bon patriote qui a nom de Michel Cyr.
M. Cvr est né à Laprairie, près Montréal, P. 0Q., le 16 août IN4S, alors que notre nationalité avait à soutenir de ter tibles combats. IT faut croire que les tristes évènements de cette époque ont influ grandement sur l'ame du person nage dont nous faisons l'histoire; car M, Cyr a toujours été partisan convaimeu et avéré de la langue française qu'il a dé fendue envers et contre tous. Ses convictions ont toujours été solides, ses principes sérieux et honorables.
Après un cours brillant au collège Masson de Terrebonne, le futur président de la société Saint Jean-Baptiste de Chicago se lançait sur la scène du monde plein de vie et d'espoir, avant au cœur cette naïve illusion que les convictions quelles qu'elles soient doivent être respectées. I s'aperçut bientot que dans ce monde la venalité est de mode et l'égoïsme est rot.
M. Cvr pouvait avoir une position fucrative dans un des bureaux publics les plus importants de Montréal. Mais pour cela, 1 lui fallait comme condition, sacrifier ses opinions poli tiques. M. Cyr abattu, dégouté prit comme tant d'autres le chemin de l'exile.
A son arrivée à Chicago en mars 1869, le premier canadien qu'il rencontrait était notre poëîte lauréat Louis Honoré Fréchette. Inutile de dire qu'une étroite Haison et une vive amitié s'établirent immédiatement entre ces deux grands patriotes. Pendant les quatorze années que notre héros passa comme teneur de livres chez Messieurs Bvrne & O'Brien en trepreneurs-plâtriers, 1l s'est toujours occupé de questions nationales. On le rencontrait à tout instant dans les maisons commerciales de notre ville cherchant des positions à toute cette Jeunesse canadienne forcée d'émigrer aux Etats-Unis. On l'a vu même fournir à ces frais des outils à de pauvres ouvriers qui se trouvaient dans la dèche.
En décembre 1886, ses capacités et son dévouement le faisaient choisir comme président de la société Saint Jean- Baptiste de Chicago. En 1888, il était délégué à la convention nationale de Nashua par la société Saint Jean-Baptiste et la paroisse Notre-Dame. Depuis plusieurs années 1l remplit les fonctions de Chef Ranger des Forestiers Catholiques qui l'ont eux-mêmes délégué aux conventions de Milwaukee
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La langue française se parlent et s'enseigne au fover de cet éminent compatriote. Pour le prouver, qu'il nous suffise de dire que Delle Cordélia a remporté au couvent de Notre Dame la première médaille donnée par M. 7, PP. Brosseau à l'élève Ta plus compétente en langue francaise, M. Michel Cyr fut toujours le champion de notre race à Chicago. I y a 18 ans lÆrening Journal" de cette ville avait lancé des inqures graves à l'adresse de nos compatriotes. M, Cyr se mit à l'œuvre et la réponse qu'ildonna à cet insulteur de notre race fit sensation dans la presse de Chicago, et quelques jours plus tard #TÆaenine Journal" faisait une rétractation com plète. Somme toute, il serait à désirer qu'il y eut beaucoup de canadiens-français de cette trempe ; les luttes que nous avons à soutenir seraient moins dures ét moins terribles, les
soldats étant plus forts et plus vaillants,.
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CÉZAIRE GAREAU.
JNSIEUR Cézaire Gareau est un des entrepreneurs M charpentiers les plus en renom de Chicago. Ilest né à Terrebonne, près de Montréal, Canada, le 3'janvier 1844. I porte le même nom que son père, et il est l'ainé d'une famille de neuf enfants.
Il a été élevé, en Canada, et a recu son éducation au collège Masson, de Terrebonne. Il y suivit un cours cornmercial, et il en sortit après avoir été gradué avec distinction.
En 1869, 1l vint à Chicago, et il ne tarda pas d'obtenir, chez M. Goldie, la position de contre-maitre, qu'il garda six ans. Ensuite il entra au service de P. J. Sexton et de plusieurs autres jusqu'en 1882.
À cette époque, il se mit en société avec M. G. Clément, aussi de Terrebonne, et il commença à figurer parmis les
entrepreneurs de Chicago, Deux ans après, il devint seul dans ses entreprises et en peu d'années il s'est élevé au pre mier rang,
Il construisit des bâtisses considérables, dont quelquesunes portent les noms de À. }. Snell, de Sprague, de War ner & Co., de À. E, Kent, de John Berry et de Caruther, et
ausst de magnifiques résidences sur le Boulevard Ashland,
M. CÉZAIRE GAREAU.
comme celles de Goldsmith, de Sherwood, de Scherer et de R. H. Peratzki, ainsi que celles de l’ex-sénateur Riddle et de J. D. Marshall sur le Boulevard Jackson. Dans le west side, la ‘A. }. Stone Building,” la plus haute et la plus aristocratique, est aussi une de ses constructions.
M. Gareau possède plusieurs propriétés sur le Boulevard Jackson, l'avenue Ogden, et les rues Harrison, Wood et Van Buren.
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I'est actuellement occupé à batir la Tudor \ppartment Building," sur la rue 43ième et l'avenue Ellis
M, Gareau est membre des ‘Builders and Traders Ex change," et aussi de l'association des ‘Carpenters and Builders,"" dont il a été directeur pendant quatre années
Notre compatriote se maria à Chicago avec Delle Angèle Bisson, du Mile-End, Montréal, de laquelle il eut une fille, Demoiselle Georgianna, et deux garcons, Louis et Gédéon tous vivants.
Voilà un canadien français qui s'est élevé au premier rang parmis les entrepreneurs de Chicago et qui est devenu capable, grace à sa fortune et surtout à l'honorabilité de son caractère de figurer avec distinction dans les meilleurs cercles de la sociCté,
Ses entreprises et ses rapports sociaux qui l'ont entrainé dans un milieu purement américain, n'ont pas diminué en lui les qualités qui caractérisent un bon canadien francais.
Il reste toujours attaché à sa langue, à sa foi et à sa nationalité. On Île trouve toujours prét, en tout temps, à seconder tout ellort déployé pour les intércts nationaux
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