ÎADIE[<B Y QA&NENT-ILS A EMIGRES
I que rien ne nous invite à émigrer aux ce pays on la langue, les idêek,le8 mœurs, eligion diffèrent tant des nfttres' Nous Eacilemeut que les Irlandais, les Anglais, I et même les loyalistes Amérieains, pour , Proviuoe de Québec n'est encore qu'uaâoptioa,qui naiiuôre sacrifiaient à jamais véritable ponr aller se créer un avenir 1 étranger, nous concevona que n'étant a an sol, pour peu qu'ils trouvent des natériels dans les JEtats du Nord et de quittent le Canada afin d'aller vivre au 1 peuple qui leur offre plus d'attraits par , ses croyances 'et ses usases. M.ais ce qui 'e nature, c'est que nom, Caoadienii-Franluittions cette terre qui a ^té le berceau itionalité, cette terre où doiaineui outre )le et nos coutumes, cette tev re témoiA de uce et de nos premiers ^muxemenli^ioette
terre qai a coûté tant de sueurs, tant de sang même à nos devanciers. Aussi iaut*il des avantages considérables, pour nous décider à quitter ce qui est si cher au cœur, ce qui rappelle tant do beaux senti« ments: lapatrie.
Calculons un peu ces avantages et voyons si,après tout, ils sont si grands qu'on seraif tenté de les croire, et s'ils ne sont pas, dans tous les cas, compensés par des dangers réels, des sacrifices bien sensibles.
Nous n'avons ici aucune attention de blâmer les canadiens qui ont cru devoir émigrer aux Etats-Duifii^ Qu'ils y rencontrent des avantages ou non, que plusieurs aient commis une faute en y allant ; il ne faut pas oublier que tous sont partis avec le désir bien légitime d'améliorer leur sort, et ce motif est trop honorable pour que même les fautes de calcul qu'il peut faire commettre ne soient pas excusées- Ainsi donc, que les Canadiens des Etats-Unis ne nous supposent aucune intention de leur être désagréable ; nous les respectons parce qu'ils sont nos concitoyens, nous les aimons parce qu'ils sont nos frères et si nous tâchons de démontrer qu'en fin de compte iis ne rencontrent pas de gain réel là où ils sontce n*est pas dans le but de les blesser, mais dans le but de faire réfléchir ceux qui se disposeraient à renoncer, pour aller à l'étranger, aux chances offertes en ce moment par le pays dans la colonisation.
Nous prétendons donc que,, tout calculé,tout pe^é, les avantages que retirent nos compatriotes aux Etats-Unis sont bien limités. Pouf 10 familles qui amassent quelque chose, il y en a 100 qui végètent et maudissent le jour où ils ont franchi la ligne 45ème* Et encore ces dix familles, au prix de quels sacrifices réalisent-elles quelques piastres ?
Il ne faudrait pas connaître le vrai catiAdian, le canadien non dégénéré, pour croire que ce n'est pas déjà pour lui un sacrifice et le plus grand des sacrifices
que de vivre loin de son pays. Son exil, bien que volontaire, n'en est pas moins un exil ; toat ce qui l'entoure le lui rappelle à chaque instant. Il a beau gagner de gros salaires, il a beau jouir de la santé, il lui est impossible de se débarrasser de l'ennui que lui cause cette* soumission à des étranprers, cette vie monotone, cette dépendance continuelle, cette îacertîfude de l'avenir inhérente à sa position. Allez aux Etats-Unis, voyez le canadien, causez avec lui ; vous ne trouvez plus cette gaité franche et naïve qui nous caractérise : son rire n'est i)as joyeux, ses iJaisirs mêmes semblent avoir quelque chose d'amer. Dites un loaot du Canada, vous allez voir que vous ouvrez la plaie de son cœur, Ah! c'est que le canadien ne peut oublier son pays ; chaque brfse du Nord lui apporte des souvenirs, lui fait entendre les soupirs de ses parents, de ses amis qui l'invitent au retour* Le dimanche pendant qu'il repose ses membres fatigués par les travaux de la semaine, son imagination le transporte à l'ombre de son clocher natal ; là, il voit réunis sur le seuil de l'église ses amis d'enfance, et il sent, dans tout ce qu'elle a de plus cruel, la privation des charmes de la vie de paroisse. Le cimetière voisin lui fait peut-être échapper des larmes sur la tombe d'un père, d'une mère, d'un frère, d'une sœur, d'un ami. Là est l'autel au pied duquel il a juré un amour éternel à celle qu'il aime ; là ont été baptisés ces enfants chéris pour lesquels l'exil est surtout regrettable et dangereux. En entendant les sons imposants des cloches qui convient les fidèles à la prière, i\ fait un retour sur lùi-mêne, pour qui la cJoche ne sonne quapour l'appeler dans l'air malsain, la poussière étouffante de la manuiâcture. Que de pensées tristes se pressent alors dans son âme ulcérée ! Que de rapprochements il fait entre sa position actuelle et celle qu'il occupait dans son pays ! En Canada, il entendait parler sa langue, sa belle langue française apprise sur les genoux de sa
mère, ici ou ne parle qu'un , idiome étranger. En Oanada, il avait ses letes religieuses, célébrées avec éclat, avec pompe ; ici, îl est la plupart du temps privé, pendant plusieurs semaines, de la parole de Dieu, et encore, quand il a le bonheur de s*agenouil- 1er dans une église souvent improvisée, il ne goûte pas cet entraînement, cette poésie que faisaient naître autrefois dans son âme les cérémonies du culte* En Canada, il était l'égal des autres, il parlait à des amis, à des frères ici il est soumis à des maîtres qui le payent bien et voilà tout. En Canada, enfin, il était chez lui, et ici, il est «xilé !
Mais s'il n'y avait que l'ennui du pays, si au moins le Canadien rencontrait des avantages capables de •compenser sa tristesse : mais,nous le répétons, à part oerteines exceptions,la masse de nos compasriotes ne font que vivre aux Etats-Unis et encore plusieurs y sont-ils souvent exposés à des privations plus grandes que celles qu'ils redoutaient en Canada.
Ces exceptions, toutes rares qu'elles soient, existent cependant. Il ne faut pas nier les faits. Celui qui sait prendre les moyens appropriés aux circonstances s'enrichira dans n'importe qu ?> 1 pays. Combien de milliers d^américains viennent tenter et. faire fortune en Canada ? Est-il étonnant, puisque -dans un jeune pays comme le nôtre, qui ne jouit des libertés politiques que d'hier,qui en est encore à asseoir les premiers fondements de sa grandeur future, les étrangers viennent cependant en foule pour amasser des trésors, est-il étonnant que nos compatriotes réalisent eux aussi quelques fortunes dans <îette vaste république plus vieille que le Canada •d'au moins 80 ans ? Et on serait même tenté de s'étonner que les Canadiens émigrés ne s'enrichisse pas encore en plus grand nombre. Mais quand on «ait que nos compatriotes ne sont appréciés qu'au prix du travail qu'ils rendent» que leurs qualités^ de français et de catholiques les éloignent toujours des
«mplois dietingnés et laaratifp, que ce n'est qu'à force d'Assiduité, d*écomie, et aidés de chances particulières', qu'ils peuvent mettre de l'argent de côté, alors réftonnement cesse et ou se dit avec raison : les Canadiens qui iont fortune aux Etats-Unis sont de #euz qui sont appelés à devenir riches partout où ils> iront tenter le sort, et qui le seraient certainement devenus s'ils étaient restés en Canada.
A proprement parler il n'y a que ceux qui ont de nombreuses familles à enfermer dans les manufactures, qui fassent de l'argent. Four réaliser, nous ne dirons pas une fortune, mais un joli capital, il faut qu'un homme y passe au moins 6 ou 7 ans avec ses filles et ses garçons. Quoique la chose dépasse les • limites du piobable, supposons néanmoins qu'un père avec 6 enfants, mette de côté |6,000 en 6 ans : nous osons soutenir que cette somme n'est rien en face de ce que la famille a dû perdre sous d'autres rapports*
Sans parler du danger moral que ces jeunes gens, et surtout les jeunecf filles, ont couru, cet emprisonnement de 6 ans aux travaux forcés dans les manufac-^ tures R beaucoup altéré, sinon ruiné l'existence de ces pauvres enfanta* Cette jeune fille qui, à son départ, avait une constitution vigoureuse, un teint frais et vermeil, est revenue pâle, fanée et amaigrie- Outre qu'elle ne sait rien faire de ce qui convient à la ménagère canadienne, elle n'a plus la santé requise pour faire une épouse, une mère de famille- La consomption viendra moissonner impitoyable* ment le peu de vie qui lui reste, ou elle traînera de longues années de souffrance en faisant le malheur d'un époux et en transmettant à ses enfants le germe de mort qui la mine sans cesse.
Ce jeune garçon, habitué pendant 6 ans à manier une bobine, à carder ou tisser, à quelle autre chose est-il bon ? Va-t-il rester sur la terre que le père apchetera dans le pays avec les $6,000 ? Loin de là»
il ne peut se faire à la yie canadienne, il reprend de»suite le chemin des Etats-Unis que son père loi as. montré. Cette fois-ci, débarrassé de la surveillance paternelle, il perd le sentiment national, il oublie ses^ parents, sa langue peut-être, et même sa foi*
Et ensuite ces enfants, s'ils ont eu le bonheur de ne^ pas se pervertir dans les manufactures, s'ils n'ont pas appris le mal, se sont-ils du moins instruits dansle bien ? Ont-ils appris à lire, à écrire : choses indîs* pensable à la jeune génération actuelle ? Possèdentils ces connaissances religieuses et profanes qu'ils • auraient acquises dans le pays ?
On peut donc dire qu'un père de famille n'amasse quelque chose aux Etats-Unis qu'au prix de la santé et du bonheur futur de ses enfants ; qu*il n'a pas la. douce perspective de jouir avec eux, et au milieu, d'eux, de ces épargnes réalisées avec tant de peines loin de la terre natale. Au bontraire il peut avoir la , certitude d'avance que ces enfants, s'ils survivent au travail dur qu'ils subissent, ne resteront pas autour de lui dans sa vieillesse, mais qu'ils l'abandonneront et lui laisseront finir ses jours dans l'isolement, l'en- nui, le chagrin et peut-être le remords.
Avant de s'embarquer pour les Etats-Unis que lecultivateur y réfléchisse donc sérieusement. Qu'il n'oublie pas qu'il court 10 chances sur 100 de ne pas réu&sir,^u'il perdra dans ce cas son passage pour aller et revenir : ce qui pourrait suffire, bien souvent ^^ pour l'établir en partie dans les Cantons de l'Est* On serait surpris si on savait au juste ce que gagnent les Compagnies de chemin de fer par ce mouvement de va et vient continuel de la part des Canadiens. Et même si ce cultivateur a la conviction de réussir», qu'il n'oublie pas au prix de quels sacrifices il le fera,, qu'il n'oublie pas que ses succès,queique beaux qu'ils soient, ne lui causeront jamais l'ombre du bonheur dont jouit un colou avec sa famille sur le lot qu'il &<. défriché.
Mais^ nous dira quelqu'un, il n'en esi toujours pas ^moins vrai qu^un tel et un tel sont revenus riches des HiatS'Unis ;je ne vois pas pourquoi vous prétendez que les Canadiens ne doivent pas y émigrer 1
Que quelques Canadiens aient fait fortune aux Etats Unis, nous Tavons admis plus d'une fois. Mais même en admettant que tous y fassent de l'argent, sera-ce une raison pour eux de s'y jeter inconsidérément ? Quoi ! ce Canada, qui nous est si cher, ne nous oftre-t-il donc aucun avantage ? Né sera- '<;e pas une sorte de trahison à commettre envers notre nationalité que de laisser lés émigrants Européens s'emparer seuls, chaque année, des belles terres du domaine public et profiter seuls des dépenses énormes encourues par notre gouvernement pour favoriser la colonisation ? S'il fallait poser en principe que l'homme doit laisser son pays dèsquMI -entrevoit des avantages matériels un peu plus grands dans un autre, on détruirait par là toute idée de nation, on désorganiserait les sociétés humaines : la
patrie, et avec elle le patriotisme, disparaîtraient de la surface de la terre.
Fuis vous, parents chrétiens, qui vous disposez
n conduire votre famille au sein des villes indus*
Irielles, avez-vous oublié que Dieu ne vous a pas
4onné des enfants seulement pour en faire des
machines à gagner de l'argent ? N'avez-vous pas
l'obligation de veiller à ce qu'ils ne perdent pas un
trésor plus précieux que ce vil métal ? On a beau
vous dire que les Etats-Unis n'offrent pas plus de
dangers aux jeunes gens que le Canada ; ceux qui
Af&rmentdans ce sens ou ignorent les choses, ou
veulent les. cacher. Le clergé catholique, à même
comme il l'est d'étudier l'état moral de la jeunesse
<iui revient de la répul^lique voisine, est bien
loin de penser de la sorte* D'ailleurs^ soyons de
«bonne foi ; est-il bien naturel que ces enfants qui
-s'égarent souvent malgré la surveillance étroite et
les nombreux secours religieux dont on les entouredans le p^ys, seront aussi facilement maîntetfas dans le devoir Une foi rendus là où trSneht le scandale et la license! là où une surveillance entière est ikipossible, là où Tinstruction rétisrié^so, en dépit dii zèle des missionnaires, ne peut se distribuer qu'ituparfaitement t
Et ces un tel et un tel qui sont revenus riches des Etats-Unis, qui ont apiiorté de quoi payer les dettea qu'ils avaient autrefois contractées, comment ont4l8obtenu ces succès ? Au prix des saci^fices que nous avons déjà énumérés. Ils ont travaillé assiduement du matin au soir, durant toute la semaine» durant tout le mois, durant toute l'année . Il n*y a pas eu une heure de perdue ; les garçonslns se sont pas promenés avec de belles voitures etde beaux chevaux;te8 filles ont renoncé aux toilettes, aux divertissements;, enfin le genre de vie qu'on avait mené au Canada a été abandonné. Si, étant dans le pays, cette famille se fût conduite avec économie,eût travaillé sans perte de temps, sous l'empire d'une règle sévère, comm» elle l'a fait aux Etats-Uni8,elle aurait pu faire l'argent nécessaire pour payer les dettes en question, ou plutôt ces dettes n'auraient probablement jamais été contractées.
Ces un tel et un tel que Ton apporte en exemples ne sont que des exceptions particulières qui prouvent la règle générale. Et du reste une grande preuve que la carrière de l'ouvrier industriel n'esit pas lucra-^ tîve c'est que les américains eux-mêmes y figurent à peine. Entrez dans une manufacture, vous ne verrez d'américains que les employés supérieurs ; quant à la masse des travailleurs ce sont des Canadiens et des Irlandais. La population indigène des Etats du I9ord, loin de chercher les manufactures, se dirige en masse vers l'Ouest pour s'y livrer à cette noble occupation que nos compatriotes laissent de côté : l'agriculture* Ceci nous a toujours paru un des argu-
ez
li.- » '-< j.
9UÈBniB les plus forte contre les prétendus avantages ijfBBTtM dans les mannfaclnres, et nous a toujours porté à en prendre et à en laisser quand nous enten-
-dionsdfe compatriotes vsnter cesayantages outre BBesnre- Cest si facile d'sillenrs pour un individu ^ui revient des Etats Unis de dire bien souvent qu'il
: gagne ou qu'il a gagné $1000 lorsqu'il a peut-être à peine 9200 ; c'est si naturel que, soit pour faire plaisir à ses amis, soit par orgueil, soit i>our faire voir qu'il a eu raison de quitter son pays, il exagère ainsi ses
:«06cès!
Four oonclurey nous dirons que, ix>ur quiconque envisage la question sous son jour véritable et avec bonne foi, la position même pécuniaire du Canadien
• des Etats-Unis n'est pas à envier, quoiqu'on en dise, ])ar le colon industrieux des Cantons de l'Est Lisons à ce propos, une page éloquente écrite par un ancien missionnaire, devenu une des gloires de l'épiscopat Canadien :
*' Il a été donné, écrivait Monsieur le Gra nd- Vicaire Louis Laflèche, à l'humble auteur de
-ces lignes, d'assister, dans les cantons de l'Est. à la bénédiction de deux magnificiues églises b&ties
> en pierre, et qui peuvent rivaliser avec ce qu'il y
-a de mieux dans les grandes paroisses qui bordent le fleuve, des deux églises de St. Eusèbe de Stanfold et de St. Norbert d'Arthabaska. Nous n'oublierons jamais les vives émotions que nous avons éprouvées à la vue de cette multitude toute rayonnante de bonheur qui se pressait dans la vaste enceinte de ces temples, au moment où le Pontife allait en prendre possession au nom de Dien par la bénédiction qui les consacrait au culte. Que nous étions heureux de partager le bonheur de ces braves colons
-qui) après les plus dures privations, avaient en si peu de temps transformé ces solitudes, dont le silen-
*4se n'était troublé que par les rares apparitions du
passeur à la poursuite de l'orignal, en belles et
florissantes 'paroisses tontes canadiennes-françaises par la langue» par la foi, par le cœur ! Les noms de ces hommes seront en bénédiction parmi leurs descendants, pour lenr avoir conservé ces biens si précieux qu'ils avaient reçus de leurs pieux et valeureux ancêtres. Juste récompense de leur noble patriotisme !
" Quel contraste avec ce que nous avions vu pendant notre court séjour sur la terre étrangère, où une fatalité semble pousser irrésistiblement un si grand nombre de nos compatriotes t Ah / pauvres Canadiens de l'émigration aux Etats- Jnis, que votre sort est tristement différent de celui de vos fràres demeurés fidèles à la patrie ! Vous avez reculé devant lea sacrifices g ue votre pays vous a demandés ; vous avez regardé les grai\|ds arbres de ses forêts, et vous avez dit : "Qui pourra débarrasser le sol de ces troncs séculaires ? Que de temps et de durs travaux il faudra pour transformer ces horribles solitudes en riantes habitations !" et vous avez senti la tristesse s'emparer de votre âme, le découragement vous monter au cœur. En oe moment critique vous avez regardé vers la terre étrangère, et vous avez dit : "* Qui sait ? peut-être que là nous trouverons un pain plus facile à gagner." En effet,il était tout cuit, mais dans la main d'un maître bien décidé à vous exploiter. Après une pénible lutte vous en avez pris votre parti, vous avez dit un étemel adieu i votre pays ; car le faible espoir que vous conserviez d'y revenir n'était qu'un moyen d'adoucir l'amertume du départ. Au pain noir que vos frères allaient gagner noblement à la sueur de leur front, en assurant une honnête indépendance à leurs enfants, vous avez préféré le pain blanc de la fabrique américaine^ que vous appelez en jargon yanké une factrie^ et en retour vous avez enrichi du produit de votre travail des maîtres avides autant qu'orgueilleux. Et vos enfants, que leur léguerez-vous ? Très-certainement la perte
de leur nationalité ; peut-être, Iiélaa ! pour un gtmi nombre, la perte de la foi ! ^i^& trop Imientâbleezpirieiice Ta aurabondànuaent jprouvé. I)apfi nps lointaioes pérégrinations vecs Touest, aur les bords> du Missisaipi, jusque dans le Hinnesota, nous ayon» rencontré, le long de toute la route, de nombreuses familles canadiennes. Au récit qu'elles nous faisaient de leurs désappointements,des chagrins et des ennuis qu'elles éprouvaient dans ce pays» nous avons ressenti une profonde affliction* Les soupirs que laissaient échapper malgré eux des pères et des mères qui conservaient encore dans toute leur vivacité les sentiments de la foi et de la piété caractéristiques du peuple canadien, les dures privations où ils se trouvaient des secours de la religion, les inquiétudes cruelles qu'ils éprouvaient su /l'avenir religieux d& leurs chers enfants— craintes qui n'étaient malheureusement que trop justifiées par l'indifférence et la. défection d'un bon nombre — ces chagrins, ces en- ^uuis, ces craintes, ces inquiétudes de nos infortunés compatriotes dans la terre étrangère,nous rappelaient le sort des malheureux Juifs dans les plaines de Babylone* Avec autant de vérité qu'eux ils poavaicnt dire: *'Nous nous sommes assis sur les bords d<î& fleuves de fiabylone et là noas avons pleuré en nous
souvenant de Sion Comment pourrons-nous
chanter les* cantiques du Seigneur dans une terre
étrangère " en l'absence de toutes nos solennités
religieuses ? Plus d'une fois nous avons chanté avec eux, après les dures fatigues de la journée, ces sentiments si heureusement exprimés par un de nos poètes canadiens à J'âge de 14 ans, sous l'inspiration ctlesouffle de l'éducation collégiale :
pi^ sc^ir, trisjç et, jje^f.
A^is au Wiri^çs, fl9)(i, Aj| coàraôt ffyEJUf Il ac(r^«a' çç^ oioto :
ni.
" Si tu TOia mon pays, " Mon pays malhenreuii *' Va, dis à mes amis " Que je me souviens d'e
** O jours si pleins d'appa " Vous êtes disparus..." " Et mon paye, hélas !
" Je ne le venai plus.
" Non, mais en expirant, " mon cher Canada !
" Mon regard langnissai:
" Vers toi se portera."
" Oe sont bien là, nous l'attestons pou do nos yeux et entendu de nos oreitlea mentsde nos infortunés compatriotes au:
encore Canadiens p»r la foi et le cœm chant était'il nu sonl^ement pour eux :
répétez, me disaient^ils, les larmes an «haut nous fait du bien au cceur>"
Nous terminons ici notro fiùble oaTrage* Dans ces quelques lignes, écrites à la hâte, aoos sommes loin de prétendre avoir épuisé le sujet Nous ayons, au contraire, l'intime conviction d'avoir laissé des lacunes importantes. Le patriotisme des nombreux amis de la colonisation et le zèle éclairé de la Presse Oanadienne-Françaiseï si^uront y suppléer.
Webstét ^disait : celui qui fait erùUre deux brins éF herbe, là où un seul était fnvduit^ est un bienfaiteur public* Four notre part, si nous contribuons à faire fEore un seul pas à la Oolonisation,nous croirons avoir été utile à la patrie et avoir été amplement recompensé pour le léger sacrifice de temps que nous nous flommes imposé.
Fin.