‹ La colonisation dans les cantons de l'estChapitre 11 sur 15 · LE LUXE · texte numérisé non relu

LE LUXE

Le luxe : voilà la srrande cause de l'appauvrisse*

ment de nos campagnes canadienne, voilà le chancre

qui dévore les ressources de la classe agrieole. Si

on additionnait le montant de toutes les dépenses inutiles qoi se font chez elle, dans l'espace d'une

année, on trourerait une somme suffisante peur créer

une aisance à la moitié des Canadiens émigrés aux

Etat^-UniA. Le luxe est rendu à un tel point qu'il

ne ruine pas veuloment- les prodiguesi mais qu'il

8'im|>o8e, en quelqae aorte, aux gens économes* Et

on peut dire que sur 10 partisans qu'il acquiert, il fait

au moins 100 esclaves ; car on convient de ses effets

désastreux, mais on est entraîné, on n'a pas la force

de se mettre au-dessus des préjugés; on vide sa

bourbe, malgré soi, en gémissant ; on se prive même

du nécessaire poviT suivre 'le moavement géaéraU

Que de gens sont aujourd'hui dans la misère, pour

n'avoir pae su économiser, lorsqu'il en avaient

' l'occasion. Que de pauvres Canadiens pleurent, em

i^e moment, loin de leur pays, une fortune qu'ils ont

perdue par leur faute.

C'est surtout parmi les jeunes gens que l'on r^-^marque c^tte rage du luxe* Le jeune homme, acri lieu de s'instruire, au lien d'aspirer à orner son esprit des ebnnaissances requises pour faire un citoyen éclairé, un homme d'affaire consommé, ne cherche qu*à perdre son temps, ne rise qu^aux distractions* A peine est-il sorti du maillot, que déjà il se lance dans ce qu'on appelle la vie de garçon : de ce moment < il est une cause de ruine à son père, qui par comr plaisance pour son enfant, et peut-être aus^i pour faire taire ses menacsfs d'aller aux Etats-Unis, lui > achète un wagon de $60, un sleigh de $15, un beau harnais argenté de $20, deux robes de buffles $30,ua habilement convenable en toutes saisons au moins |90, ce qui fait en tout 8165; sans compter les^ autres dépenses indispensables pour soutenir un pareil ton* Et tout cet équippage vient à vieillir*. ou n'être plus à la mode, il faut renouveler; et déjà^'^ le cadet, marchant sur les traces de son frère aîné» imite son exigence, et tous deux conspirent contre la fortune de l'auteur de leurs jours. Ën&n, après des an;iêes de dissipation et de plaisir, voilà le père et la. mère qui sentent la misère à leur porte ; les voilât incapables de gagner leur 'vie: ils n'ont plus pour tout secours que les bras de leurs enfants* Alors, croit^on que ces derniers vont au moins rester auprès d'eux pour les soulager dans les jours d'infortune qu'il leur reste à passer ici bas? non, au contraire, ces fils dénaturés s'expatrient pour ne plus revenir^ et abandonnent de vieux parents à leur triste s(»rt« C'est alors que Ton regrette amèrement le passée c'est alors qu'on se repent d'avoir été si indulgent . pour les caprices de c^3s ingrat* ; mai « il e«t trop tard !

Tel est l'avenir que se pr(^ parent pourtant une foule dé pères et de mères de famille daus no« campa-* gnes : qu'on y réfléchisse sérieusement. Si par les dispositions de ses enfants, et par l'entoaragtî dont

"ils auront à subir. Texemple, on prévoit qu*il sera •difficile de les soumettre à une' vie 'simple, à des ,goû.ts modestes, alors il y a un parti a prendre : vendre sa propriété et s*eii aller dans les Cantons de l'Est. Rendus là, les jeunes gens, voyant autour d'eux l'activité, l'amour du travail; le désir de parvenir» animer tous les âges, et ne voyant plus régner ce luxe qui commençait à les éblouir dans la paroisse natale, vont prendre une vie et des habitudes nou-

velles; le goût du progrès, le désir de s'instruire, l'ambition, de devenir au plustôt des citoyens posés,

vont remplacer l'idée des belles Voitures" et de la frivolité. Au lieu de dépenser $1*65 par année pour gréer ses garçons, voilà uh père qui employera cette somme à leur créer chacun un établissement, et qui aura le plaisir de les voir grandir autour de lui et consoler les dernières heures de sa vie.

Oui, il est bien certain que bon nombre de familles trouveraient ainsi le moyen d'éohapt^er aux étreintes mortelles du luxe, en allant s'établir dans les Cantons de l'Est, et que la colonisation serait pour elles un excellent moyen de conservei* kur fortune et, en i2>articulier, de retenii- iexxH membres dans le pays.

«ri.

L^UStJRE.

L^ttsure n'est souvent que la conséquence du luxe*

^eiif fois sur dix un homme n'-emprunte à de gros

intérêts que parce qu'il administre. nxal ses affaires

-et surtout qp.'il gaspille ses revenu^n . lUirament vous

verrez un homme être victime de l'usure., quand il

emprunte paur des améliorations raiftoanablefi ^t

utiles sur sa ierre. Un homme sobre dans ses dé-

peuAes, trouve toujours de l'argent à emprunter db^ gens honorables ; mais^ c'est celui qui a perdu tout«^ crédit par ses extravagances et celles qu'il laisse commettre à sa famille, qui esti^né d'aller se livrer lesveines à cette sangsue d'usurier, dont l'avarice va jusqlx'à art^fcbeTf soit4h'ecteme!M^ iROit indirectement» lOi 15 et même 20 pour 100 d'intérêt. Que de mil* liers^dé GaoailiaxsoBtété'et se^préparent àMdeVenir vicdme^del^fUTe/» Que'de oultivateurs en sont réduits à'dbnnèT'ofattQUe «âhie le plus granile partie ^ du.prodmît âa.leurevéMltedi^ofrr'payer 4es intérêts cxhdrbkattta ! JL^iux4à,^tio«U3 difdms : il est temps d'y léAèihàg ;*iie;T6Ulii laissez pa^beriser par de vaines espémiioes .i Ypn s ^•ntîfttierez-d'année en année de cultÎTTM «tusM'griufrdidi»- tfa^re qiu^^ possible, toujours dan8(ltes|Mir<dftt#rdift^«dtes récoltes meilleures et de vousdëbGMtasâ«^d<$9'Ofe bypotâbièqt^es ; mats détrompez-vous. Vous ruinez votre santé sfliis vous en^ apperc^Tpir, 'vocis récaltez d^autant moins que vous < enselmciie«a^piiis^'l>o«ir'ltt bqntte Tai&»n que vous ne pouvez diinner le' soin vtmlu à des travaux tn>p eonsidéFflbles. ^ BMeorenne 'fbisvil eittettps riaites ro» calculs, ne vous exagérez rièu', (Comptez les moindres revers qui, d'un instant à l'autre, peuvent vous mettre dans le chemin de l'exil, et vous allez venir à la conclusion qu'il vaut mieux vendre votre terre de bon gré, que de l'exposer à être vendue en justice. Oui vendez votre propriété, faîtes un encan d'une partie de votre roulant, payez vos créanciers, et, la balance qui vous restera en mains, allez l'appliquer sur un terrain en bois debout ou en partie défriché,, dans' lès tSinlons de TEst. Et vous aussi vous aurez: trouvé dans la colonîéatîon li^ moyen de* rester dans votre ^)âyg et de garder vos enfants avec vous.

Nous aT9iis d^jà oomtaté que nombra d» oaltitaieurs feraient bôen de ven^^e leurs terres tH)ur s'aoker ter un grand domaine dans les Cantons de l'Bst. Si tant de fils de famille d^erten^ ia maison paternelle* c'est bien souvent pareefiu'ils n*y voient ' pas assea d'avenir» c'est que du moment qu'ils ont la moindre notion de la vie réelle» ils s'aperçoivent que Tunique terre possédée par leurs parents ne peut suffire a leur établissement et le prix élevé des terres environnan* tes finit par les oon vaincre qu'il leur faut chercher fortune s l'étranger.

Encore une fois l'afiaire de la plu^part des petits propriétaires de nos vieilles paroisses est de vendre et de prendre la route des Cantonade l'Est ; la ils troU" veront leur propre avantago et l'espérattce renaîtra vdans le cœur de leurç enfants*

L'IVRCaNBBIE.

Que rintempérsnce ex«»rc^ A^ ravagea affreux , parmi nous, il n'y 4 pas malh^urf usement s en don* ter. Si nous pouvions calculer ce qui se dépense de 4>ois8ons inutilement chaqut) année dans notre Pro* vinee et, à part le prix de ct*tte boisson, la perte de -temps, la de<tructiou de santé, len chicanes, les acci ^ents de tout genre, que sa consommation entraîne^ •on se trouverait en face de million» de pias^tres et on

es

"lie semt {dus étonné de voir disparaître à rue d'œii la Tichetaa at rabondanca*

Noua na priteÉdoM liai qua k oolonikiation offre^ ain resièda è Filftempfoaiica ; il n'y aqiie lareK^ion capablada détraire oe malheureux tica dier eeaz qui a&aoat laa victi&iea ; maia ce que nona pouvons dire, c'est (Que bon noml»re de pertonBea qtd m» sV donnent à la boisson que par occasion et par y être entraânica, n'auraient peut*être rien de mieux à taire que d'émîgreff dans les Gantons de l'fist pour se sous* traire à un entourage pemiûieux.

LA HOiran DU TRAVAIL.

II est pénible de voir comme une foule de Gana- <diens d'anijourd'kui et aurtout les jaunei genu semblent avoir honte du travail* On parait croiru que c'est un honneur que de rester a ne rien faire, ou du moins de ne pas travailler à la terre* De là cette tendance à quitter là campagne pour les villes, à ambitionner les métiers, le commerce, les professions. De là enfin le départ de milliers de compatriotes : on va souvent aux EStata-Unis parcequ'on a honte de travailler ici* Comme s'il n''était pas bien connu de tout le monde qu'aux Btats-^ITnis il &ut travailler peut*âtra plus que partout ailleun^, et q'^é cette république ne doit sa prbspéritéiqù'à Taètivité de ses habitante» Non, les attéricains savent trop bieu calculer pour faire vivre les Gaààdienïi è ne rien faire. Oe jeune homma qui nous re vient^des Btats- Unis au bout de sir mois, d'tm an d^absenëe, avec un bel habit de drap, une montré'àéetlc6té, ètquf s'en Tient faire le fatffarbn |>èndant quelques seikiàifies'

daa8 8» par<488e, a l^pia^ B^vib^tr /HWloU jfkf^gOM ceux qui 8ont restési arec houqi^t{|A:|Mldl^|]||U toît paternel» qu'il u'iâlle^pii^ A'i^wgiMr )U# ft<>fi%iie.coii^ naissompA^ SQj^Ji^t^i^î.qaOjMW qA#Mr<nii4Maa*il loi a f^ln se v&iireJjH^^)ei,ii^. livrer idesrttwaiaz peut-êtrehomlia,»^ e9Vi«f|g<wr./^'S^Achfikr.w8 fanfrelachitf. . B'ii jpe^t v^nir lai)^. aiiiai le «pro» loojir siear pensai q^a^elaues M9r#i 909» aavoUA Xmû^ quoiqu'il e^ dise, ifu'il a 4 i^ioe Je «ou dane.e^^pdohe* Il a beau se vautery dire. %vCiX a. beauodup d'argent, qu'il a une bonne po»Uien aux StattrUaie» .mi sait bien qu'il s'^st tout mis sur le dos, et qu'il va lui falloir bientôt retourner chez son maître, ôter ces beaux habits et reprendre ceux du travail.

Un trait assez singulier tout de même, mais dont l'authenticité nous est garantie par la personne qui nous le racontait dernièrement, vient ici à propos :

Un brave et respM^^blA Cffltiinatear. des environs de St* Hyacinthe qui a le mérite, entre autres, de bien cultive^etaqiéljorer s^terrp» ^oy^ai^lll^u dernier l'aîné de §eç iUs ■ l'abandQsn^r. pQur ayUMJ^ttjBlais- IIni3* Ce jeuijie hoiAme, gacupillé pax rap[K>ar du plaisir» vn^ta|t venu. 00901^9^ bien d'antr#|i'à ne'Plus tenir au travc^l* Cecu^i )m ça^^^ le^jj^ki^ de répugnance, c'était de^chaupji^j^r. du.fum^r i9Hr U f<ii^me. Un jour qu'une, de .iS^^ >/a^&. âi^it d^mis^ .p^n* dant qu'il ^ait» pjrès ; du.» ph^eînîn, ^Qup^ ,à aette besogne pei;i( Br^^r^i il. eat vraiiim^flfl^^ 9ou iiàre avait toigourcf .f^te aaAa êke moina honorable et moins honoré poifr to\it cel»i 4a h^fJ^ Iw vi<mJ^ à la tête et danau^ |]^o«^wt id'orgaeil. i\ se q^c^de^à alier^ comme tant d^^f a, ^^na oe pays. oi^ il ç^ntendait dire qu'on vivait et fi^iaait de i'axgexkt sa^ travailler*

Sayez-v.ons c^ qiiQ.&iaait notr^ j^l^ke h^mf^eianx Ëtats'IJnis ji^pfi^jie o^tiaÀ^JWA 4iwnl^«^aM dii^'une personne dûi^d^ foij^jf^fxn^QHj^ja^m^wUmpB" là ? Il éti^t Tidimcwii^ .c'^àrïdiri? <m'il nettoyait les fosses d'aisance d'un village pour le compte d'un

propriétaire de manufacture de coton, auquel appartenait la plus grande partie des maisons destinées à loger les ouTriers. Voyez à quoi il se soumettait dans un pays étranger, lui qui croyait se déshonorer en aidant son père dsâàles^fcla't'an^'^'if diiiaires de la ferjne. Nous ne voulons pas dire que tous les Canadiens des Etats-Unis soient pirtis.da^çl^ butde se soustraire au travadl ; noii> encore une Ibis, nous sayons que 1a généralité de ceux qui ont fo^is^ré, y ont été forcés par ie mauvais état de leurs affiiires et ne eont partis qu'avec le désir sjinoère et louable d'améliorer leur condition ; mais sur le grand nombre, et spécialement parmi la jeunesse, il y en a beaucoup qu i n'ont laissé le Canada que par aversion et dédain même pour le travail des. champs*

Cette funeste honte du travail, si elle continue de se propager parmi nous, est appelée a nous faire un tort incalculable. Malheur à la famille, malheur à la nation, du moment que le travail cesse d'être en honneur. Le travail, tout en étant un châtiment qu'il nous faut absolument subir, est en même temps la base de toute prospérité, le grand préservatif de l'ordre et des bonnes mœurs. Le travail n'a jamais déshonoré Thomme ; mais Thomme s'est souvent déshonoré en ne travaillant pas.

Les Cantons de l'Est sont peut-être la partie du pays où le travail est le plus en honneur. Nous avons toujours été frappé de voir là, dans tous les rangs de la classe agricole, beaucoup de simplicité dans les habits, et surtout l'habitude du travail manuel. Tout récemment encore, nous voyions un homme qui est riche de plusieurs centaines de mille piastres et qui remplit une place de distinction aux yeux du pays, occupé lui-même aux travaux des champs comme uu simple journalier.

Les pères de familles^dont les enfanta commencent à vouloir s'émanciper du travail, feraient peut-être

bien d'aller les faire profiter de ces beaux exemples.

LE HAITQDB m C&LCDL.

; tête vaut mieux que 100 hra$, dit un proverbe, t de cette Téritj qne le travail de ta tète est 100 Ins frQctnenx que le travail des bras- Qa'an ne Boit laborieBz tant qu'il vondra^il ne sait pas e d'ordre dans son onvrage^s'il ne sait pan êco- WT le tempB et la force, ai, en un mot, il ne calca* i, ce n'eat qn'avec t>oine et miBère qn'il rénaaira> 8 compatriofes qni visitent les Cantons de l'Est

anrpris d'y voir les cnltivataurs américains der de belles fermes, vivre à l'aise, travailler it payer de fortes gages à leurs employés : Ils anent souvent avec l'idée qa'il serait imposai' lonr des Canadiens de faire la même chose-

pourquoi donc ? Le eoI n'est-il pas le mâme le Canadien que poar l'américain ? Le premier il pas les mêmes débonchésqne le second poar re ses produits ? L'américain a-t-il un climat t ponr lui ? Le Eoleil qni réchauffe sa terre et : sa moisson ne brille-t*il pas ponr tout le monde ment ? Bien certainement; le cultivateur amé* , ne possède cette supériorité que par son insion, son esprit d'entreprise et snrtont son «prit Icul et d'observation. Il travaille moins dtss it plus de la tête. Vous le voyez sans cesse i6 à réfléchir, à lire les jonrnani agricoles, à se au courant de tous les progrès afin aire l'application sur sa terme, is, nous cnltivoDs an hasard, nous ne pensons ravailler rudement, nous considérons rinstmcnutile au cultivateur, nous ne lisons presque i% journaux, surtout les jonrnanx agricoles ;

nous ne nous rendons pas compte des progrès qui se font anionr de nouai nous ne cherchons jamais à tenter quelque chose de nouVeau : la vieille routine, le préjugé, voilà nos guides.

Examinez la conduite de ces cultivateurs étrangers, que l'on prétend à tort être inimitables par des Canadiens, vous verrez qu'ils ne perdent pas la moitié du temps que nous perdons, C'est un proverbe chez eux que le iemp.^ c'est de Fargent. Vous ne les verrez pas, sous le prétexte de ménager quelques piastres, se priver d'utf instrument agricole qui leur sauvera la moitié du travail ordinaire ; vous ne les verrez pas accourir aux marchés avec oheval et voiture pour vendre deux ou trois douzaines d'œufe comme nous faisons souvent ; vous ne les verrez pas d'absenter de leur affnire à tout propos pour une fête ou un cirque* Encore une fois.examinez-les attentivement et dans un instant vous allez découvrir pourquoi les cultivateurs eanadiens, en général, ne font pas d'argent sur leurs fermes -

Toutefois, qu'on nous comprenne bien : nous sommes loin de vouloir mépriser nos compatriotes. D'aberd il y en a parmi nous qui possèdent l'esprit de calcul ausaprême dégré,qui savent bien conduire leurs aifaires et s'avancer dans le chemin de la fortune . Et ensuite si ces cultivateurs américains ont l'art de réussir sous le rapport matériel, nous avons, nous aussi, nos qualités distinctives ; mais tout en conservant ces belles qualités^qui nous sont propres, tâchons d'imiter les exemples qu'ils nous donnent dans la vie pratique et n'allons pas croire que nous sommes incapables de faire ce que nous admirons en eux.

Eniin vous pourrions continuer ce genre de remar-* ques, mais nous ne voulons i>as oublier que nous avons entrepris de parler de colonisation et non de nous constitutif le censeur de nos concitoyens. Nous laissons à d^autreti la t&che de démontrer le

tort que nons&nt le manqua d'im^iifitîe^« Tabsence

d^/ joiinianz. dans nos iipmillw>4f ^Pm journaux bien entendu et surtout de In^ns JQ^i^ff^ j agricoles, notre esprit dé routine en sgricTl^ttwe etc., e^c* Nous n'svons cependant pas tqhUu parler d'éisaigration sanp dirB un mot de certaint dâ&nts qui ouvrent ia porté de Texil à un grand nombre et sans laisser voir en peu de mots qtie si nous voulons profiter des avantages ofierts par la colonisation, si nous voulons réussir dans les Cantons de l'Bst à l'égal des antres nationalités, il nous faut corriger certains abus qui s'opposent au progrès parmi nous.

Nous terminons cette partie de notre travail en citant la lettre suivante adressé^^, il y a quelg[ues mois, par un Canadien des Etats-Unis, au Journal 4f Agriculture :

" Sur près de cent familles canadiennes qui résident dans cette localité, presque toutes se sont vues avec de belles terres sous les pieds en Canada. La plupart ont commencé à s'endetter chez les marchands, puis les comptes échus, il fallut emprunter à de gros intérêts. Ces comptes étaient le plus souvent et, pour mieux dire toujours, faits pour des objets de luxe, tel que boissons, beaux habits etc. Au lieu de mettre chaque année une partie des produits de ia ferme pour l'améliorer et lui faire rapporter de plus en plus, on dépensait tout en repas et en fêtes, et même on recourait annuellement au crédit pour soutenir ces folles dépenses* Le luxe, l'usure, la négligence et la routine en fait d'agriculture, voilà les causes d'émigration que j'ai constatées partout où j'ai interrogé nos compatriotes exilés. Les américains, ici, disent que le Canada

serait le plus riche pays du monde, si on le ooltivait mieux •

*' Une autre chose, je crois, qui chasse les Canadiens à Tétranger, c'est quç la jeune génération* les jeunes garçons,, les jeunes filles commencent à

avoir honte de travailler dans leur pays» Les garçons ont penr de s'avilir en maniant les manchons de la charrae comme ont fait leur grand-pères ; les filles veulent Mre leur précieuses, se croient &ites pour la parure et la toilette et trouvent que le travail, le soin du ménage, et la jupe d'étoffe, ne sont bons que pour leur vielle mère. C'est assez singulier de voir comme ces pauvres jeunes gens i^'abusent et comme rendus ici, ils se soumettent à tout* Ces garçons qui méprisent au Canada l'au-* torité paternelle, qui ont honte de travailler sur la terre qui les a vu naître, ils se soumettent ici à un véritable esclavage dans les manufactures. Les filles épuisent leur santé pour gagner quelques piastres, subissent une assiduité contraire à la faiblesse de leur sexe, et se soumettent à un joug mille fois plus dur que celui qu'elles ont secoué dans leur patrie.

"En Canada la jeunesse travaille pour elle-même en enrichissant ses parents ; elle travaille, mais elle est aimée et respectée: ici on la paye assez bien c'est vrai ; mais l'amour, la pitié, le respect lui sont inconnus . Oh / qu'elle différence entre la vie canadienne et ses fêtes joyeuses, ses réunions de famille, ses belles campagnes,^ son aimable et franche liberté, et la vie du Canadien exilé au miiiieu de l'air des manufactures, la gène, la contrainte, l'ennui, l'incertitude qu'on y subit !

'* Que mes compatrtotes qui lisent ces lignes, surtout les cultivateurs, y réfléchissent* Qu'ils * examinent bien si par leur manière de vivre, leur routine, leur manque de calcul, il ne s'exposent pas à l'exil* Là où un cultivateur comprend celte vérité, c'est quand après avoir perdu sa terre en Canada, il s'en vient s'engager chez un fermier américain.Ii voit ce dernier travailler peu et vivre à l'aise : il voit sa ferme, grâce à son esprit de calcul et à ses améliorations toujours nouvelles, lui rapporter d'immenses

TO

on notre Canadien r^rette 1» passé, S.

roit qu'il ponirait, s'il «rait sa terre que rendue ponr payer le vhîf key et le rnbaa z le marchand, il Toît qn'il poorrait, eu t oomme fait sou maître, Tivre heureux i l'ombre de son clocher ; mais il «at trop

I écris ces lignes, onltirateurs canadiens, tatnotes, avec déair de voua être «^Biafaible roix être eomprise>

" Un Canadien dn Stalt-Unii"

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