‹ La colonisation dans les comtés de Dorchester, Bellechasse, Montmagny, l'Islet, KamouraskaChapitre 16 sur 50 · AA · texte numérisé non relu

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Cette double production a rapporté au comté la somme de $193.013.

Dans toute la province de Québec, il n’y a en réalité que cinq districts ruraux où la fabrication du beurre et du fromage ont été plus considérables : ce sont les comtés de Dorchester, de Joliette, de l’Assomptiou, de lPortneuf, de Rimouski et de Terrebonne, et encore la différence dans le montant de la production n'est-elle pas très sensible?

Nous n'avons guère besoin d’anpuyer sur l’heureuse influence d’une industrie qui se développe dans de pareilles proportions. On ne jette pas en effet, en un an, $200,000 dans une douzaine de paroisses, sans que celles-ci en ressentent de salutaires effets. Le fait est, qu’à huit ans d'intervalle, nous avons constaté, dans une récente visite de tous les villages de Bellechasse, une transformation complète. Et cette transformation s’est opérée non seulement dans les paroisses qui ont l'immense avantage d’être installées sur la route des chemins de fer, mais même et

“surtout dans les colonies de fondation récente, éloignées de dix, quinze et vingt lieues des voies ferrées. Nouslle disons et nous le répétons en toute connaissance de cause, un touriste qui aurait passé, 1l y a sept ou huit ans, à St- Damien, à Notre-Dame Auxiliatrice de Buckland, à St- Philémon, à St-Magloire, s’y reconnaîtrait à peine aujourd'hui. Ces petits villages qui semblaient perdus dans Îles montagnes et condamnés à une sorte de stagnation permanente par suite de leur isolement, ont grandi et prospéré à ce point qu’on pourrait les prendre pour des paroisses accusant déjà une existence d’un demi siècle. Les terres sont cultivées avec plus de soin, les maisons d'habitation plus coquettement bâties et toutes blanchies à la chaux, les troupeaux devenus plus nombreux, bref, l’aisance devenue générale, et par dessus tout le fléau de l’'émigration à peu près enrayé.

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PREMIERS ESSAIS DE COLONISATION-LA QUALITE DU SOL—-PERSPECTIVES D'AVENIR.

Le grand apôtre de la colonisation dans ce comté, celui qui en dirigea le mouvement avec l’ardeur et l'énergie qu’il savait apporter en toutes choses, fut monsieur l'abbé Alexis Maïilloux. On a honoré sa mémoire en donnant son nom à l’un des cantons les plus importants du comté ainsi qu'à la plus grande route de colonisation qui traverse les cantons Mailloux, Roux, Bellechasse et Daaquam, psur aboutir à la ligne provinciale.

Le travail de propagande de monsieur Mailioux porta à la fois sur les cantons de Buckland et de Maïlloux qui n'étaient alors qu'une épaisse forêt.

Ce n’était pas une mince tâche que celle qu’entreprenait 1c1 l’intrépide apôtre de la colonisation du comté de Bellechasse.

Dans ces deux cantons, et notamment dans celui de Buckland, la terre disparaissait presque partout sous un prodigieux amoncellement de roches et de cailloux. Ceuxci et celles-là étaient l'gion et il en allait ainsi jusqu’à Saint-Philémon. La somme de travail que durent s’imposer les premiers pionniers qui tentèrent un établ'ssement dans ce canton dut être énorme. Ils avaient à lutter non seulement contre la forêt—qui était déjà par elle-même un ennemi assez puissant—mais encore contre le sol qui refasait de découvrir ses trésors qu’à la condition qu'on le débarrassât préalablement de l'épaisse couche de cailloux qui le couvrait. Et pourtant, ce travail de déblaiement, tout pénible qu'il füt, s’e‘fectua. Sous l'impulsion de monsieur Mailloux qui avait à cœur d'assurer le succès de son œuvre, il se rencontra de hardis et vaillants colons qui s’employèrent à cette tâche herculéenne, et le fruit de tant d'efforts courageux et persistants fut la création de quelques petites et humbles colonies qui s’installèrent et se fixérent des deux côtés de la grande route de colonisation que le gouvernement de Québec Aenait de faire ouvrir.

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Depuis cette date, c'est-à-dire depuis plus de cinquante ans, le mouvement colonisateur dans les montagnes de Bellechasse n’a point subi d’arrêt. Chaque année, les anciennes paroisses du comté, comme Saint-Gervais, St- Raphael, Saint-Lazare, ont versé un contingent notablet de colons dans les centres en voie de formatio 5. On peu même dire avec assez de certitude que ce sont les fi's des cultivatvurs des vieilles paroisses que nous venons de nommer qui ont été en quelque sorte les pionniers de ces beaux et florissants villages qui s'appellent aujourd’hui Saint-Damien, Saint-Philémon, Saint-Magloire, Honneur donc à eux, honneur surtout au courage qu’ils ont su déployer aux débuts toujours si rudes d’une entreprise de ce genre! Ces vaillants ne se sont pas laissés arrêter par les difficultés de la tâche ; ils n’ont pas même hésité devant la grandeur du sacrifice, ni devant l'énorme travail qui leur incombait. On les a vus entamer brarement la forêt, se tailler, d'année en année, à force de travail et d'énergie un petit domaine, y appeler leurs familles, et constituer finalement de magnifiques colonies en plein progrès Que leur noble et courageux exemple serve à d’autres !

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