L’ANSE DU CAP
L’église do Saiiit*Pierre est construite sur un coteau qui domine le village et d’où la vue s’étend au loin sur la mer.
Il y a près de quarante ans, une colonie de 400 norvégiens hommes, femmes et enfants, vint se fixer dans ce -canton. Tous ne réussirent pas cependant à fonder des établissements.
Sur certains lots, raconte M. l’arpenteur Bourget qui visitait ce canton en 1896, on voit encore les ruines des bâtisses érigées autrefois par les colons norvégiens qui •étaient venus s’établir sur les bords de la Malbaie. Ces pauvres gens, privés de moyens de communication avec les centres isolés dans la forêt, n’ont pu résister plus longtemps aux privatiour. de toutes sortes qu’ils durent souffrir et pris d; découragement, ils ont abandonné leurs lots.
Depuis cette date la situation du canton s’est modifiée, et les communications rendues plus faciles ont permi aux colons qui ont succédé aux norvégiens de fonder de bons établissements.
Ce canton qui renferme d’excellentes terres, surtout le long delà rivière Malbaie, et d’excellents bois comme l’épinette, le bouleau, le merisier et une autre espèce particulière de bois que l’on appelle le baumier, n’est pas toutefois colonisé comme il devrait l’être. Il reste encore 22,000 acres de terre offerts en vente.
Dans tous les rangs, ou à peu près, le terrain est uni et dépourvu de roch-^s Sur le parcours de la rivière Malbaie l’on ne trouve pas un lot qui soit inculte.
Les premières concessions de terrains paraissent dater de 1848. Parmi les premiers concessionnaires de l’époque, nous relevons, dans nos archives les noms de M. John Colas, John Dumas, B. Carbonneau, Léon Yermette, John Hotton, James Dumas, J. Alexander.
La valeur de la propriété foncière dans ce canton est estimée à 1 130,0000, et l’étendue de terres en culture n’était encore que de 2,350 acres en 1891.
La grève de la Malbaie, surtout à l’endroit appelé la Belle Anse, est réputée excellente pour la pêche.
Percé. — St-Michel de Percé est un village remarquable à plus d’un titre. (1)
Nul voyageur ne descend ici sans être frappé de ses beautés pittoresques, de la salubrité du climat, de l’originalité de son fameux rocher, immense bloc de pierre de 300 pieds de hauteur, qui s’avance à plusieurs arpents dans la mer, et sans admirer ses belles plages. Bien des touristes américains raffolent de ses paysages aussi charmants que variés et viennent s’y installer durant la belle saison.
Percé a été longtemps renommé comme poste de pêche. La maison Robin y possède encore de grands comptoirs. Il est juste de dire cependant que la pêche depuis quelques années, ne constitue pas toute l’occupation des habitants.
On se livre en effet plus que jamais à l’agriculture, et les bonnes récoltes des dernières années démontrent assez éloquemment que la terre y est bonne.
Percé est en outre le chef-lieu du district judiciaire de Graspé, et il s’y transige chaque année des affaires considérables. L’importance de ce village doublera encore lorsqu’il aura été relié — ce qui n devra point tarder— avec le chemin de fer de la Baie des Chaleurs.
Percé compte actuellement une population de 1900 âmes, dont plus de 1200 canadiens-frança;s
En face de Percé, se trouve l’ile de Bonaventure, qui mesure environ deux milles et demi de longueur sur un mille de largeur. Cette île est habitée par vingt-cinq familles. Les maisons Leboutillier, G-. et W. Baker y ont de grands entrepôts.
(1) Les premiers établissements de Percé, comme ceux de Gaspé, de Malbaie, datent, selon toute probabilité, du milieu du dix-huitième siècle. Déjà, en 1777, d’après un état /ouini par Nicholas Cox, lieutenant-gouverneur de Gaspé, au général Haldimand, il y avait à Percé 36 hommes, 19 femmes, 48 enfants et 432 serviteurs, ces derniers se composant des pêcheurs employés dans les 104 bateaux appartenant aux chefs de familles. A Mal Baie, l’on comptait 3 hommes, 1 femme, 5 enfants, 8 bateaux, 33 serviteurs.
Sur l’île Bonaventure, 4 chefs de famille, 9 bateaux et 40 serviteurs.
St-Joseph de l'Anse du, Cap est un autre village florissaut. du caiitou Percé. L’exploitation des pêcheries s’y fait aussi sur une grande échelle. Le principal établissement est celui de M. James Baker La population de ce rillage est tout près de 2,000 âmes.
Le gouvernement de Québec dispose encore d une vingtaine de mille acres de terre dans le canton Percé. Les terres y sont généralement bonnes. C’est un sol léger, sableux et exempt de roches. Entre le premier et deuxième rang, le terrain est plat, entrecoupé de petits ruisseaux ou ravins, et un peu accidenté sur les bords de la rivière de l’Anse à Beaufils.
Il y a encore beaucoup de sapin et d’épinette dans ce canton.
Le Campana et V Admirai font escale à Percé.
G-R-INDE-Rivière. — Cette Seigneurie est devenue propriété privée. Elle appartient présentement à M. Cabot, un richard de la ville de Boston, et comprend six rangs dont deux seulement sont complètement établis.
Les terres sont généralement bonnes et il y a encore beaucoup de bois à exploiter.
Notre-Dame de la Grande- Rivière — c’est le nom canonique de la paroisse — est un des plus riches et des plus importants villages delà Graspésie. Il comprend une population de 2,500 âmes, dont la grande majorité est canadienne-française.
La Grrande-Rivière a toujours constitué [un poste de pêche des plus achalandés. A l’heure actuelle l’on y compte encore de grands établissements qui se livrent à cette exploitation; — MM. Robin & Colas, John Sealy, Leonard & Frères, John Baker, John Carbery, Fauvel, etc.
La Seigneurie de Pabos. — D’après un plan que l’on garde aux archives du ministère de la Colonisation et des Mines, les premiers établissements dans] la Seigneurie de Pabos remonteraient aux premières années qui ont suivi la cession du pays.
Ce plan indique la situation précise des différentes constructions érigées, à cette lointaine époque, sur les bords de la baie de Pabos. A un endroit, à quelques arpents du rivage, vous voyez se dresser la maison seigneuriale de Pabos, puis le magasin du Seigneur. La légende du même plan nous avertit que les premières habitations — cinq ou six — furent établies par Caleb Stilson, et que le même Stilson érigea sur la rivière Pabos le premier moulin à scie.
La pêche devait constituer la principale occupation de ces premiers habitants de Pabos, car, l’on voit indiqués çà et là sur les vieux plans de la seigneurie, des “ échafauds à trancher la morue,” des “ vigneaux pour Vélandage de la morue,” des “ cabanes pour les étrangers qui viennent faire la pêche en été et qui se retirent en hi\rer.”
La seigneurie tomba plus tard entre les mains d’une compagnie appelée la compagnie deGraspé, qui fit assez peu de travaux de défrichement. En 1872, le gouvernement de Québec, se la fit concéder.
En prenant possession de cette seigneurie, le gouverneme it en ordonna aussitôt l’arpentage pour faciliter l’établissement des colons qui avaient manifesté le désir de se fixer en cet endroit.
Les terres de la seigneurie de Pabos qui comprend actuellement six rangs arpentés sont, de l’avis de tous les explorateurs, d’une grande richesse au point de vue de la qualité du sol. '
Notons plus particulièrement la partie comprise entre la seigneurie de la Grrande Rivière et le ruisseau Têtu, où le terrain est plat et très avantageux à la colonisation.
Quant à la troisième concession, à l’ouest de la rivière du Petit Pabos, elle est entrecoupée par un bras de cette rivière et un grand nombre de ruisseaux qui s’y déchargent.
On a exploité assez largement le pin dans cette seigneurie, mais il reste encore beaucoup de bois de commerce. Les principales essences forestières sont l’épinelte, le
sapin, le merisier, le cèdre et le frêne. Les explorateurs ont même remarqué que le merisier atteignait de fortes dimensions.
Ce sont les messieurs King qui exploitent ici la forêt ; ils possèdent des moulins au Petit Pabos.
La partie colonisée de la seigneurie de Pabos se limite aux ran^rs ouest de la rivière, au rang St-Hubert, au rang nord-est de l’Anse aux Canards, et au rang Est de la rivière -de Pabos.
Dans le 1er rang, il y a 60 lots vendus sur les 104 qui le composent, et dans le second 49 lots. Il y a aussi une trentaine de lots vendus dans le troisième rang et 12 dans le quatrième rang.
Les lots du G-rand Banc de Pabos, au nombre de dix, sont à"peu près tous vendus.
Les rivières Grand et Petit Pabos contiennent une vingtaine de petites îles dont la plupait sont encore disponibles.
Ste-Adélaide de Pabos, située sur les bords de la mer, pr. squ’à l’entré ' de la Baie des Chaleurs, forme une belle paroisse, avec une population de 1600 âmes, dont plus de la moitié d’origine française.
Newport. — Le nom canonique de la paroisse est Saint- Dominique de Ntwport.
Situé à l’entrée de la Baie des Chaleurs, à trente milles de Paspébiac, cet intéressant village est en quelque sorte la clef du comté de Graspé en venant par Bon aventure.
Newport est . remarquable comme port de pêche et ne compte pas moins de quatre cents bateaux pêcheurs. La rivière des Ilots et la Pointe à G-enièvre sont deux endroits sûrs pour les pêcheurs pendant la tempête.
A part la pêche à la morue, il y a encore ici la pêche au homard qui se fait sur une large échelle.
On comptera Newport deux maisons puissantes qui se livrent à l’exploitation des pêcheries : la maison Eobin et