‹ La colonisation dans les comtés de Temiscouata, Rimouski, Matane, Bonaventure, GaspéChapitre 53 sur 58 · LÈ MONT SAINTE-ANNE ET PARTIE DU VILLAGE DE PERCÉ · texte numérisé non relu

LÈ MONT SAINTE-ANNE ET PARTIE DU VILLAGE DE PERCÉ

GtASPÉ {Cantons de Gaspé Biie Nord et Sud). — Graspé est peut-être le plus intéressant village de la Graspésie.

Il est admirablement situé au fond d’une belle et grande baie que l’on appelle la baie de Graspé et qui constitue l’un des plus beaux ports que l’on puisse voir.

La baie, qui est large de huit milles sur dix-huit milles de longueur, est bordée de chaque côté par une lisière de terrain éb'vé, propre à la culture, surtout du côté sud.

Cette baie est accessible aux plus gros narires et off e un refuge des plus sûrs contre la violence des vents. Aussi est-ce un port très fréquenté par les bâtiments de pêche.

De chaque côté de la baie, l’œil aperçoit des rangées de maisons, coquettement assises sur le flanc de collines verdoyantes et dominant le port.

Les maisons Robin et LeBouthillier ont ici de grands établissements de pêche, et le village compte à part cela de vastes magasins contrôlés par des jersiais et des canadiensf»ançais.

G-aspé est en outre une place d’eau qui ne le cède à aucune autre. Son site pittoresque, sa belle nappe d’eau, toujours calme et toujours limpide, la salubrité du climat, sont autant d’attraits propres à séduire les amateurs de villégiature. Ce village est pourvu de deux bons hôtels,capables d’accommoder des centaines de touristes.

Le bassin de Gaspé est bordé de quais où les navires viennent en tout temps prendre des cargaisons de bois, de poissons pris sur les côtes du nord et du sud, et apportés ici tout préparés pour l’exportation.

Les steamers “ Campana” et “ City of London,” venant de Montréal et de Québec, font escale à ce port, de même que le steamer venant de Dalhousie.

Deux grandes rivières, renommées pour leur saumon et leur truite, les rivières York et Darmouth, se jettent dans cette baie.

Sur le côté sud de la baie, il y a une petite paroisse catholique, Saitd- Albert, avec un curé résidant.

La population du village de Graspé proprement dit est de 315 âmes et celle du b ssiii de G-aspé de 839 habitants.

La population du bassiu est en grande majorité catholique, tandis que dans le village il y a 150 protestants pour 100 catholiques.

Les cantons de Graspé Baie Nord et de Graspé Baie Sud, qui renferment d’excellentes terres, comptent une population de ' ,200 âmes, dont 300 canadiens-français.

Il y a encore près de 15,000 acres de terres à prendre dans ces deux cantons qui bordent la baie de Gfaspé.

Le premier rang de Gfaspé Baie Sud, qui comprend 49 lots est établi depuis de longues années. Sur le rang de la rivière Darmonth, qui renferme 67 lots, il y en a une trentaine de pris. Dans le deuxième rang et dans le rang central, il n’y a que 28 lots de vendus.

Dans Gfaspé Baie Nord, les premiers lots furent concédés vers 1860 et 1864. Le premier rang, qui se compose de 27 lots, est entièrement occupé. Il en est de même du rang A qui comprend une dizaine de lots. Ce sont en grande partie des familles jersiaises et irlandaises qui ont pris possession de ces lots.

Saint- Augustin {Grande Grave). — Cette petite paroisse comprend tout le côté nord-est de la baie de Gaspé, en face de Douglastown.

C’est un bon poste de pêche. La population y est mixte.

Les premières familles canadiennes établies à Gfrande Gfrave venaient en bonne partie du Cap Saint-Ignace, comté de Montmagny.

York. — Ce canton est à l’ouest de celui de Douglas.

Il est traversé par la rivière Saint-Jean, comprend quatre rangs et 11,000 acres de terres disponibles.

Certaines parties sont montagneuses, mais il ne manque pas d’endroits où l’on peut créer de bous établissements.

La population de ce canton est d’environ 350 personnes.

Il n’y avait que 587 acres de terres sous culture en 1891.

DouGLÂSTOWisr, {Canton de Doug/as). — L’uu des cantons les plus remarquables du comté de Graspé et l’un de ceux qxii’ont le plus progressé.

C’est ici que les loyalistes américains, demeurés fidèles au pavillon britannique, descendirent en 1784 et dans les années qui suivirent, et fondèrent des établissements qui sont’encore eu la possession de leurs descendants.

Ils fondèrent le village de Douglastown, qui occupe une magnifique position sur la baie de Graspé et qui comprend, avec les différentes colonies éparpillées dans le canton, une population de plus de 1,500 personnes. Sur ce total, il n’y a que cent canadiens-français. C’est l’élément irlandais qui domine

Les premières concessions du canton Douglas furent faites aux familles Daniel McPherson, Alex. McCrae, Ths. Holland, Wm. Walsh, Thos. Kennedy, James Larke, John Mulloney, etc.

Les champs en culture commencent près du bord du cap jusqu’au chemin allant à la Pointe Saint-Pierre.

Les terres du premier rang du Bois Brûlé sont complètement établies ainsi que celles du rang Sandy Beach et du rang Haldimand.

Il ne reste plus actuellement que onze cents acres de terres disponibles dans ce canton.

L’église catholique d - Douglastown, désignée sous le vocable de Saint-Patrice, occupe le centre du village, sur un site élevé et très pittoresque.

Les habitants de Douglastown vivent principalement de pêche. Il y avait cependant en 1891, 2,H3 acres de terres en culture dans ce canton.

Ce territoire est arrosé parla rivière Anse à Briand et les tributaires de l’anse au Loup Marin, du Bois Brûlé et de la rivière Malbaie qui fournissent de bons pouvoirs d’eau.

Malbâik, {Canton de Malbaie). — C’est un beau canton qui compte deux paroisses ; la paroisse Saint-Pierre et celle de Saint-G-eorge, avec une population de 1,900 âmes, dont 8 à 900 canadiens-français.

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