LES ROUTES DE COLONISATION
Depuis qu'ils se sont rendus compte de la valeur des terres dans la Matapédia, depuis surtout que l'on* a pu constater que les colons avaient une tendance marquée à se diriger de ce côté, les go ivernements se sont montrés généreux dans la distribution des deniers pour l'ouverture de nouvelles routes. On a voté chaque année une subvention raisonnable et dont les colons ont eu tout le bénéfice. Nous ne doutons pas que les gouvernements, quels qu'ils soient, cootinueront à s'intéresser à cette région si pleine de promesses pour l'avenir, et que leurs largesses rue tariront point de sitôt.
Puisque nous parlons des routes de la Matapédia, il convient de mentionner ici les deux chemins qui ont été pratiqués à travers cette région et qui ont été pour ainsi dire le point de départ du merveilleux développement que l'on. est si heureux de constater aujourd'hui. Ces deux grandes routes sont le- chemin de Matapédia et le chemin Kempt.
Le chemin de "Matapédia" est d'une étendue assez considérable. Il part de Sainte-Flavie, sur le fleuve Saint- Laurent, dans le comté de Matane, passe à l'extrémité Est du chemin Taché, dans le canton Fleuriau, et de là (faisant fréquemment intersection avec le chemin Kempt) passe à travers le canton de Cabot, la seigneurie du lac Matapédia, et les cantons Lepage, Causapscal, Assemetquagan et Ristigouche.
Le chemin " Kempt " a son point de départ sur la rivière Ristigouche, traverse ce canton et celui a'Assemetquagan, dans le comté de Bonaventure, les cantons de Causapscal et de Lepage, la seigneurie de Matapédia, le canton de Cabot, la seigneurie de Métis, dans le comté de Rimouski, jusqu'à la rivière Métis, sur le fleuve Saint-Laurent.
Ce chemin qui porte le nom de l'un de nos gouverneurs anglais, fut construit vers 1830.
Du jour où ces deux grandes artères ont été tracées, on a vu tout un noyau de travailleurs s'emparer des lots qu'ils traversaient et s'y installer définitivement. Mais c^s deux grands jalons devinrent bientôt insuffisants et il fallut songer à pratiquer d'autres routes à travers la forêt et même construire çà et là des ponts sur les rivières.
C'est dans les quatre dernières années que l'on a exécuté les plus grands travaux.
Ainsi, en 1895, on a construit à Causapscal, sur la rivière Matapédia, un pont de 12Ô pieds de longueur, pour relier le canton Matalick au canton Causapscal ; et l'année suivante des chemins étaient ouverts pour mettre les colons en communication avec ce pont.
En 1897, on a ouvert à Sainte-Marie de Sayabec, à travers les bois, une route de près de trois milles de longueur, allant de la gare de Sayabec jusqu'au canton Awantjish.
A Saint-Pierre du Lac (Cedar Hall), une autre route a été ouverte pour aller de ce village au canton Awantjish, mais quatre milles plus à l'est que la route précédente. On a tracé aussi un chemin de front entre Awantjish et Nemtayé sur une longueur de près de deux milles.
Daus le canton Humqui, (paroisse Saint-Beaoît Joseph Labre) on a terminé le déboisement d'une route longue de près de cinq milles, longeant la rive est de la rivière Humqui.
C'est l'opinion de M. l'arpenteur J. N. Castonguay qu'ayant deux ans cette partie du canton Humqui sera colonisée au complet ; déjà on a dépassé l'arrière ligne du canton et il y a des colons d'établis jusqu'au lac Humqui, à cinq milles, au moins, au-delà des derniers arpentages.
Dans l'année 1897, il a été dépensé $3,798 pour diflforents travaux de route dans cette région.
LES CANTONS
Causapscal. — Casupscull ou Causapscal est l'un des plus intéressants cantons de la Matapédia.
Bien qu'ouvert à la colonisation que depuis quelques années, la marche progressive de ce canton a été des plus rapides.
Il y a quatre ou cinq ans, on ne comptait là— à peu de distance d'une gare très modeste de l'Intercolonial — que quelques maisonnettes habitées par une poignée de colons, peu fortunés, mais pleins de confiance dans l'avenir.
Aujourd'hui, la physionomie de ce canton a subi une transformation qui laisse présager que nous aurons ^là, avant dix ans, une des plus belles paroisses de la Matapédia.
L'étendue de ce canton est assez considérable. On~y compte 33,000 arpents divisés en lots de ferme de cent acres chacun.
Quant à la qualité de la terre, elle est, au dire de tous nos explorateurs, excellente. C'est une terre jaune propre à la production de toutes les récoltes de grains et de racines, et particulièrement bonne pour le foin.
Ce so', dit l'explorateur, M. Benson "Williams, qui~a visité Causapscal en 1895, est d'autant plus attrayant qu'il
en
in
«ouvre une région d'un bel aspect, des plateaux larges et presque de niveau, de grandes vallées, et des hauteurs à rampes douces, " offrant de grands avantages aux colons qui trouveront ces terres faciles à défricher et à ouvrir."
Il n'y a ici ni roches, ni même de côtes rocheuses. Presque partout le sol peut se travailler aisément.
L'incendie a consumé autrefois la plus grande partie de la forêt qui y était exceptionnellement riche. Il reste toutefois suffisamment de bois pour les constructions et pour le chaufTage.
Quant au climat, il est doux — si l'on excepte certains plateaux élevés entre la rivière Casupscull et le ruisseau Grulch — et les gelées sont assez rares.
Le premier rang de Causapscal, un peu plus montueux et accidenté que les autres rangs, mais renfermant des •te res de très bonne qualité, est traversé dans toute sa longueur, par l'excellent chemin de Matapédia.
Il importe aussi de noter une fois de plus que le chemin de fer Intercolonial, qui longe la rivière Matapédia, offre aux colons de Causapscal comme à tous ceux qui sont établis dans les autres santons de la vallée delà Matapédia, une voie de communication des plus faciles avec nos grandes villes. En d'autres termes, elle leur ouvre tous nos marchés, leur permettant d'écouler ainsi leurs produits dans des conditions exceptionnellement avantageuses.
Il y a aujourd'hui à Causapscal une église catholique avec un curé résidant, quatre à cinq magasins, un bureau de poste. La gare de l'Intercolonial ne se trouve qu'à quelques pas de l'église.
La population actuelle de Causapscal est de 130 familles.
Disons aussi que Causapscal est le séjour favori des «portsmen durant la belle saison. (1)
(1) Mouvement de la population en 1898 ;
Naissances 45
Mariages , 7
Décès , 28
HuMQUi. — Parlant de ce canton, nn arpenteur déclarail^ en 1895 que la qualité du sol y était régulièrement soutenue, et que la charrue pouvait passer partout.
Il y a par ci par là quelques accidents de terrain, mais les collines sont peu élevées et les dépressions i>eu profondes.
En fait de roches, on n'y voit çà et là que du tuf très friable se désagrégeant aisément et que la culture transforme rapidement en terroir fertile.
En somme, le sol de ce canton est éminemment propre à la culture.
Les lacs et les rivières — la plupart peuplés de poissons — y sont nombreux.
Le cours d'eau le plus considérable est la rivière Humqui, puis vient ensuite le ruisseau Sauvage.
La rivière Humqui est flottable : on y fait même chaque année le flottage de plusieurs milliers de billots.
On n'a pas retardé, au reste, à se rendre compte des ressources qu'offrait ce beau canton.
Ouvert à la colonisation en 1870, les colons s'emparèrent de suite des lots des rangs A et B, mais c'est surtout à partir de 1802 et dans les années qui ont suivi que la colonisation a pris un essor réellement remarquable.
A l'heure actuelle, il y a plus de 25 familles établie» dans le 1er rang ; dans le deuxième rang, 35 lots ont été pris, 42 dans le troisième et 58 dans le quatrième.
Depuis 1896, d'autres colons ont fondé des établissement» dans le cinquième et le sixième rang. 45 lots ont été vendu» dans le cinquième et 28 dans le sixième.
On se porte maintenant vers les septième et huitième rangs et tout laisse croire que ceux-ci ne tarderont guère à être occupés.
Bien que le bois ait été assez largement exploité depuis un certain nombre d'années, il reste encore beaucoup d'épinette et du cèdre.
L'étendue de terres qui reste encore à vendre dans ce canton est de 25,000 acres.
^''C'est dans ce canton— l'un des mieux favorisés sous tous les rapports — que se trouve inféodée la florissante paroisse de Saint-Benoit Joseph Labre, qui renferme une population s'élevant à plus de 1.800 âmes.
Humqui compte un médecin, M. le Dr. S. Larue, un
notaire et plusieurs établissements importants. Disons aussi
• qu'il se fait un commerce de bois très actif à St-Benoit
Labre, et que les scieries procurent du travail à plusieurs
centaines de personnes.
La paroisse de St-Benoit Labre oflfre de précieux avantages aux colons.
Son premier curé fut le révérend M. C Bérubé. Le titulaire actuel est M. l'abbé R. L. D'Auteuil.
A deux milles plus bas, au Lac à Saumon, il y avait autrefois une chapelle construite en 1874, sous le vocable de St-Edmond ; elle fut détruite en 1893, et la mission .agrégée à la paroisse de St-Benoit Labre. (1)
"Nemtaye. — Ouvert à la colonisation depuis 18*70.