LE CHEMIN DE FER DE LA BAIE DES CHALEURS
Avec tous ces avantages, avec toutes ces ressources naturelles, la colonisation dans le comté de Bonaventure n'a marché cependant qu'à pas lents.
Sans doute les parties qui se trouvaient en communication directe avec l'Intercolonial ont pris un essor notable, mais les autres cantons privés de routes n'ont guère participé à ce mouvement progressif.
Heureuî>ement le nouveau chemin de fer de la baie des Chaleurs, qui atteint maintenant New-Carlisle et qui touchera bientôt Port-Daniel, va remédier en partie à la situation Grâce à ce chemin, la circulation est non seulement facilitée, mais il va permettre aux colons ou aux cultivateurs de pouvoir écouler journellement leurs produits sur tous les marchés du Canada. Ce qui est encore aussi important, c'est qu'avec cette voie de communication qui est reliée à l'Intercolonial à Saint-Laurent de Matapédia, le comté de Bonaventure cesse d'apparaître comme une région éloignée et presqu'inabordable, une région où l'on n'osait point pénétrer à cause des frais considérables qu'entraînait la création d'un établissement. Ce temps-là est fini. Le char de feu, on .^'avançant vers la baie des des Chaleurs, a fait disparaître les distances, et le colon
peut désormais pénétrer hardiment au sein de celte région à laquelle la nature n'a rien refusé, et qui est appelée, au dire de tous, à voir s'ouvrir devant elle une ère de prospérité
Il reste bien, il est vrai, des routes de communication à pratiquer dans l'intérieur, dans les profondeurs des cantons où le colon a une tendance à se porter, mais on peut affirmer sans crainte de se tromper, qu'uae fois que le mouvement colonisateur se sera nettement aflBrmé, les gouvernements ne reculeront point devant la tâche qui leur incombe d'aplanir les difficultés et de de faciliter l'accès des terres publiques à ceux qui se dirigent de ce côté.