LES PREMIERES CONCESSIONS SEIGNEURIALES
Cet arrêt dans la marche progressive d'une région exceptionnellement favorisée est d'autant plus singulier, que la Gaspésie est l'un des terr toires de la Province de Québec, où les premiè'es tentatives de colonisation aient été faites.
Dans le principe, on fit pour la Gaspérie ce que l'on avait fait pour d'autres parties du pays. On érigea des cantons ou des parties de cantons eu fiefs ou seigneuries. Ainsi, il y avait les seigneuries de la Grande Vallée des Monts, de Grand Pabos, de Mont- Louis, de la Grande- Rivière, de l'Anse au Griffon, etc.
La seigneurie de la Grande Vallée des Moûts Notre- Dame et Anse de l'Etang fut octroyée en 1691 à François Hazeur. Michel Sarrazin, médecin et membre de l'Académie des sciences, en hérita en 1725.
Nicolas Bourlet fut le premier concessionnaire de la seigneuiie de Mont-Louis, qui passa en 1725 à Louis Gosselin, donataire entrevifs de Pierre Haymard, et en 1754 à Joseph Cadt^t. Jacques Curchard, négociant de Québec, en devint l'acquéreur en 1789, et Mathew Bell l'acheta au shérif en 1799.
Le fief de l'Anse au GrifFon-rconcédé en 1668 — tut partagé entre Louis d'Ailleboust, gouverneur de la Nouvelle- France, Jean, Charles et Louis de Lauzon, Jacques Le Neuf de la Poterie, Charles d'Ailleb >ust des Musseaux, Jean Paul Godfroy et Jean Bourdon.
Le premier concessionnaire du fief de la Rivière de la Madeleine fut Denis Riverin, en 1699. Michel Sarrazin, médecin, en fit l'acquisition en 1723. En 1810, ce fief fut vendu par le shérif et adjugé à John Blackwood. En 1837, John Greenshields hérita d'un tiers de ce fief, de son oncle John Blackwood.
La seigneurie du Cap Chat, avait été acquise en 1662 par Michel Le Neuf de la Vallière.
Le fiff de la Grande Rivière échut en 1697 à Pierre Cochu. En 1793, Duncan Andersen en est le propriétaire
et le vend à Charles "Robin. En 1828, James Eobin, Philippe et John Robin héritent de ce fief de lour oncle Charles Eobin. Les Robin ont revendu ce fief, il y a quelques mois à poine à un millionn;dre américain de Boston, M. Cabot, qui était déjà le locataire de la rivière à saumon enclavée dans cette seigneurie.
Sous la domination auglaise, il y eut aussi quelques concessions de fiefs.
Le général Haldimand acheta en 1^65 le fief de Grand Pabos qui avait été concédé primitivement en 1696 à René Hubert et qui était passé ensuite aux mains des sieurs Lefebvre de Bellefeuille. Félix O'Hara l'acheta en 1V96 du général Haldimaud et eu 1836, cette seigneurie devenait la propriété de ses héritier*». Un peu plus tard, nous la voyons passer aux mains d'une compagnie appelée la "Compagnie d« Graspé," et puis finalement, en 1833, le gouvernement de Québec désintéresse la compagnie, et prend possession de lu seigneurie qu'il fait arpenter immédiatement afin de pouvoir en concéder les terres.
Les autres concessions primitives sous la domination anglaise sont plus restreintes au point de vue de l'étendue des terres.
Ainsi, en 1766, Joseph Deane, capitaine et commandant du vaisseau de guerre de Sa Majesté " Mermaid," se fait donner par le gouvernement une et ndue de 51*7 acres de terres dans la baie et le havre de Gaspé.
Le 20 mai 1*767, A Edward Manwaring,ofiicier de douane de Sa Majesté pour le port de Gaspé, se f.iit concéder à son tour plusieurs terrains sur le côté nord de la baie de Gaspé.
Le 17 juin 1767, Félix O'Hara, et J-)hn McCord, négociant de Québec, se font octroyer des terrains sur la rivière York.
Enfin, en 1787, le lieutenant-gouverneur Cox se fit concéder l'ile de Bonaventure, située en face de Percé.