LES PRINCIPALES RIVIERES
RIVIÈRE RISTIGOUCHE.—Une des plus belles et des plus grandes rivières à saumon du monde.
Elle sépare notre province de celle du Nouveau-Brunswick, et débouche dans la baie des Chaleurs, après avoir suivi un cours de près de 110 milles. Ses sources se trouvent près de la rivière St-Jean
L'estuaire de la Ristigouche, à la tête de la baie des Chaleurs, a trois milles de largeur et neuf brasses de profondeur. La marée se fait sentir dans la rivière jusqu’à vingt-quatre milles, dont dix-huit sont navigables pour les gros navires océaniques.
Une bonne partie des terres qui bordent cette rivière sont concédées.
Cette rivière est affermée.
RIVIÈRE MATAPÉDIA-- Cette magnifique nappe d’eau qui prend sa source dans le lac Matapédia, arrose les cantons de Milnikek et Matapédia, la seigneurie du Lac Matapédia, les cantons de Humqui, Lepage, Assemetquagan, Matalik, Causapscal et Ristigouche.
La Matapédia est une belle rivière à saumon qui a été affermée au Ristigouche Salmon Club.
RIVIÈRE ASSEMETQUAGAN.--Traverse une bonne partie du canton Assemetquagan. Cette rivière débouche du côté gauche dans la Matapédia. Elle est renommée pour sa truite,
RIVIÈRE BONAVENTURE.--Cette grande rivière traverse les cantons Hamilton et Cox, et va se jeter dans la Baie des
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BANC ET BARACHOIS DE PASPEBIAC.
Chaleurs, à cinq milles en amont du village de New- Cariisle.
Le cours de cette rivière est volumineux et sa largeur varie de 70 à 100, verges dans la partie avoisinant son embouchure. Elle reçoit par ses deux rives les eaux de plusieurs affluents considérables, et prend sa source dans la région montagneuse de l’intérieur de la Gaspésie.
Exempte de chutes, les seuls obstacles qui arrêtent la navigation en canot sont les amas de bois de dérive.
Son cours est de 60 à 70 milles.
Cette rivière est fameuse par le saumon qu'on y prend. Elle a été donnée à bail.
Elle fut concédée pour la première fois en 1697 par Frontenac au Sieur de la Croix avec deux lieues de terre de front, mais en 1785, comme les concessionnaires primitifs n'avaient pas pris possession de leur seigneurie, la Couronne la confisqua. Cette seigneurie se trouve maintenant enclavée dans les cantons de Hamilton et de Cox.
RIVIÈRE GRANDE CASCAPÉDIA.—-Elle passe pour la plus belle rivière à saumon de la province. Le syudicat qui l’a affermée paie $6,000 par année pour les droits de pêche, ce qui est déjà respectabl :.
Cette rivière sort du lac Cascapédia qui se trouve à environ 75 milles, et coule à trayers des montagnes dont la beauté grandiose, disrnt les explorateurs, ne saurait être surpassée.
À deux milles du lac, la largeur de la Cascapédia n’est que &e vingt verges, mais un peu plus loin cette largeur augmente jusqu’au point d'atteindre 500 verges à son embouchure.
Le cours de la Cascapédia n’est obstrué par aucune chute, mais il forme un courant uniformément rapide,
De nombreuses îles, couvertes d's plus beaux arbres du pays, tels que le frène, l’orme, l’érable, le merisier blanc et le merisier rouge forment autant de paysages pittoresques.
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Cette rivière se jette dans la baie des Chaleurs entre les cantons Maria et New-Richmond.
PETITE RIVIÈRE CasCAPÉDIA.—Coule à l’est et parallèlement à la grande rivière Cascapédia, à une distance de six milles. Elle a sa source dans les monts Schickshocks et se partage en deux bras à 22 milles de son embouchure dans la baie des Chaleurs.
Son cours est d'environ 75 milles de longueur et elle est navigable pour les canots.
Cette rivière n’a pas l'importance de la Grande Cascapédia pour la pêche au saumon, mais elle; ne laisse point d’avoir encore une certaine valeur.
Tout le canton New-Richmond est sillonné par cette belle rivière.
Daus la branche est, on remarque de riches épinettières et même une assez grande quantité de pin.
RIvièrRE NOUVELLE.--Traverse le canton Nouvelle et se jette dans la baie des Chaleurs, vis-à-vis de Dalhousie, N. B. Renferme de la belle truite.
RIVIÈRE ESCUMENAC.— Voisine de la rivière Nouvelle et se jette comme elle dans la baie des Chaleurs. Cette rivière qui vient des Shickshocks, aux sommets couverts de neige, roule une eau fraîche comme la glace et claire comme le cristal.
La truite y est abondante.
Cette rivière traverse une partie du canton Mann, arrose le haut du canton Nouvelle, pour tomber ensuite dans la baie des & haleurs.
Ses principaux afflnents sont le Grand Nord, le Petit Nord et le ruisseau Argument.
Les rives de cette rivière et de ses affluents sont bien boisées, surtout en cèdre et en épinette.
RiviÈèRE PorT DANIEL.—S$e jette dans la baie des Chaleurs à cuutre milles de son embouchure. |
C'est une rivière considérable qui se scinde en trois bras.
Elle est formée de trois branches qui sont autant de rivières distinctes: la brauche du nord ou rivière du Nord, la rivière du Milieu et la rivière de l'Ouest.
Ces trois rivières se déchargent dans la lagune formée par le barachois de Port Daniel.
Le cours de la rivière est généralemeat rapide et la profondeur de l'eau est en moyenne de deux à trois pieds. Il n’y a qu'une seule chute sur la branche principale, et des chutes plus considérables sur les tributaires.
Le long de la rivière du Nord et de celle du Milieu, le bois a été exploité depuis longtemps, mais dans la partie supérieure, il reste encore du beau bois. Les principales essences?’sont l'épinette, le merisier et le cèdre.
Dans la rivière de l'Ouest, le pin est plus abondant qu'ailleurs. ;
La truite et le saumon fréquentent cette rivière.
RuissEAU MANN.—C'est un tributaire de la rivière Nouvelle. Il prend';sa source dans le canton Angers et se décharge dans la rivière Nouvelle à 19 mnilles de la ligne ouest du canton Angers.
Le cours de cette petite rivière est rapide. Les environs sont boisés d'épinette, de sapin, de cèdre et de merisier.
Ce ruisseau contient du saumon.
COMTE DE GASPE
La Craspésie est cette grande péninsule qui forme l’extrémité sud-est de la province de Québec.
Non étendue, en y comprenant une partie du comté de Matane, est de 4,461 22 milles, équivalant à 2,854,540 acres.
Le littoral de la Gaspésie, vu de la mer, offre à l'œil une série presque continue de superbes paysages, où le pittoresque le dispute au grandiose,
L'entrée des rivières—et elles sont nombreuses— fournit aux goëlettes et aux petits navires d’un faible tirant d’eau des mouillages faciles. Le bassin d: Gaspé constitue à lui seul un excellent port pour les vaisseaux de n'importe quel tonnage.
Un autre trait assez caractéristique de cette péninsule est la chaîne des monts Notre-Dame. L’extrémité occidentale de cette chaîn: arrive à deux milles de la rive orientale de Matane. Les plus hauts pics de cette chaîne, en gagnant vers Cap Chat, atteignent jusqu’à 3,500 pieds de hauteur. La totalité de la chaine, à l’ouest du mont Albert, est couverte par la forêt, excepté sur les extrémités des sommets des plus hautes montagnes, qui sont des rochers nus.
En général, la contrée située au nord de la grande chaîne des montagnes consiste en une série de rides, courant parallèlement l’une à l’autre et qui deviennent moins élevées à mesure qu’elles s’approchent des bords du Saint- Laurent. Ces rides sont entièrement couvertes d’une épaisse forêt, où l'on rencontre le sapin, l’épinette, le bouleau blanc, noir et jaune, le pin blanc et le cèdre blanc.
Ajoutons que le gibier abonde dans toutes ces forêts. On y voit en grande quantité l’orignal, le caribou, la martre, le
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pékan, et aussi la loutre, le vison et le castor. Ce dernier cependant tend à se faire plus rare à cause de la chasse excessive qu'on lui a faite.
Sous le rapport du climat et de la fertilité du sol, ce vaste lerritoire est des plus favorisés de la nature. On peut citer des cantons entiers, où tous les lots sont adaptés à la culture et où l’on pourrait fonder, avec peu de travail, de magnifiques établissements agricoles.
Nous avons entendu un explorateur qui a traversé récemment dans toute leur étendue les cantons de Pabos, de Newport et de Port Daniel, parler avec enthousiasme de la qualité du sol dans ces différents endroits et proclamer avec force qu'on ne se faisait pas une idée de l’incomparable richesse des cantons de la Graspésie et de Bonaventure. Que de beaux et solides établissements l’on pourrait faire dans cette région, disait cet explorateur, si on les connaissait mieux !
Le blé et les autres grains mürissent parfaitement bien dans la Gaspésie. Les légumes sont même plus beaux qu’en bien des endroits, à cause de cette fraîcheur et de cette humidité qui règnent sur les bords de la mer.
Un autre appoint précieux pour le cultivateur gaspésien c'est l’engrais dont il a besoin pour ses terres et que la mer lui fournit avec une profusion sans égale. Pendant que dans les autres parties de la province, l’on est le plus souvent obligé de recourir à l'emploi d’engrais artificiels, ici la mer vient déposer sur les rivages, en quantités énormes, un excellent varech ou goëmon qui ne coûte que le trouhle de le recueillir. [1 y a aussi les déchets de poisson qui constituent un engrais des plus fertiles.
La Gaspésie est encore tenue par tous ceux qui l'ont explorée pour une région des mieux adaptée à l’industrie si lucrative de l'élevage. Les pâturages y sont presque partout de qualité supérieure. Le sol produit l'herbe en
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abondance et les prés sont traversés presque partout par des rivières ou des ruisseaux où coule une eau des plus limpides.