LES PECHERIES DE CASPE
Ce que l’on connait de mieux à l'extérieur, de la Gaspésie, ce sont ses pêcheries.
Celles-ci d’ailleurs ont une réputation justement méritée: ce sont les plus riches de la province de Québec et peutêtre de l'Amérique du Nord.
Exploitées depuis au-delà de deux siècles, ces pêcheries ont fourni au commerce des produits dont la valeur se chiffre par millions de piastres et font vivre encore à l'heure actuelle des milliers de personnes.
La maison Chas Robin & Cie, de Jersey, qui a d’importants comptoirs au bassin de Graspé, à Percé, à Paspéhiac, à la Grande-Rivière et en plusieurs autres endroits de la Gaspésie, a réalisé autrefois, dans cette exploitation, une fortune de plusieurs millions. (1)
Avant que la maison Robin ne vint installer ici ses comptoirs, il n’y avait encore eu personne engagée dans le commerce de la morue, dans la Baie des Chaleurs. Les habitants de la Gaspésie pêchaient bien la morue et l’expédiaient à Québec, mais ce commerce était des plus restreints.
C’est M. Charles Robin, habitant de l'ile Jersey, qui douna à cette indus‘rie l’élan qu’elle a pris depuis. Il s’établit d’abord à Paspébiac, maïs les affaires prospérant audelà de toute espérance, il fonda de nouveaux établissements de pêche aux endroits que nous avons indiqué.
D’autres maisens sont venues depuis qui se sont livrées à leur tour à ce commerce, sur une grande échelle. i.es principales sont les maisons LeBouthillier & frère, J. & E. Collas, J. Le Routhillier & Cie, Valpy et Lebas, Hyman,etc.
(1) Le premier établissement des Robin à Paspébiac date de 1767.
Les poissons qui fout l'objet de cette exploitation sont la morue, l’aigrefin, le hareug, le maquereau, le sau non et le homard.
La pêche de la morue—qui est la plus productive—se fait dans le voisinage des côtes, dans les anses et les baies et sur les bancs, à vingt-cinq ou trente mille des côtes.
Les pêcheurs construisent géuéra ement leurs embarcations et pourvoient aux frais de tous les appareils nécessaires. Un certain nombre pêchent pour leur compte et envoient leurs produits sur les marchés de Québec ou d'Halifax, mais la majorité des pécheurs vendent leur poisson aux maisons Robin L: Bouthillier et autres,
On estime que la pêche à la moruc—lorsque celle-ci donne, ce qui n’a pas toujours lieu—peut rapporter de $300 à $500 par été à un pêcheur actif et laborieux.
La pèche du hareng qui dure depuis le mois d'avril au mois de décembre et qui se fait avec des rèts et des seines, donne aussi de bons résultats.
La pêche au saumon se fait au moyen de rêts qu? l’on tend sur le bord de la mer, dans les anses et surtout à l’embouchure des rivières. Cette pêche subit des fluctuations. S'il y a de bonnes années il y en a de fort médiocres.
Pour avoir une idée exacte de la valeur des pêcheries du comté de Gaspé, nous n'avons qu’à compulser la statistique officielle publiée par le gouvernement d'Ottawa.
Cette statistique nous montre que l'on comptait en 1898, dans le comté de Gaspé, 2,558 bateaux de pêche, d'une valeur de $61,374, employant 4,044 hommes.
La valeur des produits pour l'année a été de $568,012, alors que pour 1897, le rendement des pêcheries dans le même comté avait atteint $646,269.
Le commerce avec les pays étrangers, c'est-à-dire les neufdixièmes du commerce de poisson, se fait par des navires venant d'Europe. Ces navires prennent ordinairement leurs cargaisons au bassin de Graspé, à Percé, à Grande-Rivière, à Newport et à Paspébiac, dans le comté de Bonaventure,
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