‹ La colonisation dans les comtés de Temiscouata, Rimouski, Matane, Bonaventure, Gaspé [microforme]Chapitre 8 sur 60 · S HLRDE D RES NE NET AE DER AU SPEARS ERA PARLE FPRANAANERES · texte numérisé non relu

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Déjà, en 1862, la colonie ne comprenait pas moins de deux

cents habitants. Elle accuse aujourd'hui une population:

de 1058 âmes, et la valeur des propriétés était estimée en 1896 à $80,000.

Le nombre de lots vendus dans ce canton dépasse 500; il ne reste plus qu’une dizaine de mille arpents à prendre.

La paroisse Saint-Jean de Dieu a été formée à même ce canton.

Les explorateurs ont constaté que le sol était très fertile le long de la rivière Trois-listoles.

On peut dire la inême chose des terrains qui bordent les

rivières Boisbouscache, aux Sapins, aux Bouleaux et aux Perdrix.

CANTON CABANo.—Le défricheur canadien ne fait pour ainsi dire que de pénétrer dans cet immense canton qui compte treize rangs et 47,000 acres arpentés.

Le chemin Cabano, tracé vers 1864, trav:rse une des parties les plus attrayantes de ce territoire. Le terrain est à peu près vierge de roches, et sauf deux montagnes on ne voit pas de côtes assez fortes pour constituer un obstacle à la culture. Partout l’érable domine, entremêlé de cèdre et de frêne. De belles rivières et de nombreux ruisseaux arrosent ce territoire, égayant le passage et contribuant à sa richesse. Le long des rivières Bleue et Cabano, les terres sont belles et planes.

Le bois de commerce a été largement exploité par les propriétaires de limites à bois, mais il reste encore une grande quantité de cèdre et d’épinette.

M. Fraser a bâti un mouiin sur la rivière, et l'on calcule qu'il s’est fait plus de 8,000,000 de pieds de bois durant l'hiver 1893-99.

Une quarantaine de familles sont établies dans ce canton et l'on parle d'y construire une chapelle.

CANTON ViGER.—Les lots des sept premiers rangs ont été pris.

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Ce canton débute en 1385 avec cinquante-huit familles. Aujourd’hui nous y trouvons une paroisse —Sainte-Epiphane —-dont la population était de 1,150 en 1891 et de 1,106 en 1896. D'autre part, la propriété foncière représentait un total de $153,900

Un bon chemin réunit Viger à la paroisse de Saint- Arsène.

La paroisse Saint-Modeste, forte d'une population de 770 habitants, est formée aussi de partie des cantons Viger et Whitworth.

Tout le sol de ce canton, quoique rocheux par endroits, est propre à la culture.

On y rencontre encore une grande quantité de cèdre et de belles érablières.

CANTON WHITWORTH.— Les premiers lots furent pris dès 1848, et la colonie s'est sensiblement accrue depuis cette date.

A l'heure actuelle, les huit premiers rangs—et le canton en comporte douze—sont presque complètement établis.

La succession Simon E Fraser possède à elle seule, dans ce canton, 6,0 0 arpents de terre.

Il reste encore une trentaine de mille acres à prendre.

La paroisse St-Antonin, située sur le chemin de Témiscouata, dans la partie ouest du canton Whitworth, à quelques milles du fleuve, renferme une population de 980 personnes.

Canron BorTsForp.—$e trouve sur la frontière du Nouveau-Brunswick

Bonnes terres recouvertes d’un excellent bois, remarquable par sa longueur et sa grosseur. Le bois franc figure au premier rang Les sucreries sont très communes et très étendues. Les terres les plus remarquables sont celles qui sc trouvent situées le long de la rivière St François. Les squatters qui ont pris possession des lots dans ce voisinage vivent presque tous dans l’aisance.

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I] y a 26,000 acres de terres disponibles, et jusqu'ici peu de lots ont été pris.

Ce canton a été ouvert à la colonisation en 1865.

CANTON RAUDOT.—Dix rangs et plus de 30,000 arpents à vendre. |

Environ 80 lots ont été pris dans les deux premiers rangs mais le reste est absolument inhabi'é

I} y a ici de fort bonnes terres, avec des sucreries sur presque tous les rangs.

Les principaux bois sont le sapin, le bouleau, le merisier et l’érable.

Ce canton est ouvert à la colonisation depuis 1859, et un chemin le relie à la paroisse des Trois-Pistoles, soit une distance de 16 milles.

Ce canton communique aussi avec la paroisse St Jean de Dieu qui n’est éloignée que de sept milles. En 1899, il y avait. 9 familles résidentes.

C'est un des endroits qui se colonisent le plus rapidement depuis quelques années. La paroisse de St-Cyprien est enclavée dans ce canton, et il y a aujourd'hui une église avec un curé résident.

Les MM. Price fout de grands chantiers de bois sur les rivières Toupiquée, Piate, etc. Ils ont mème en ces derniers temps construit un moulin mû par la vapeur.

CANTON HOCQUART.—La rivière des Trois-Pistoles traverse le rang À de ce canton qui est presqu’entièrement colonisé, ainsi que le rang C.

On y estime le nombre des lots vendus aux colons à 218, et il reste encore 6,500 arpents à prendre.

Les explorateurs signalent de belles érablières dans les rangs 0, 6 et 7. :

Ce canton communique avec l'Ile Verte par une grande route de colonisation.

CANTON DENONVILLE —Les plus anciens établissements ne datent que de 1870, bien que ce canton ait été arpenté il y a près de 40 ans.

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Les trois premiers rangs sont rocheux, mais le reste présente de la bonne terre assez facile à défricher. ya encore beaucoup de bois, surtout du cèdreet de l'épinette.

Depuis quelques années, les terres de ce cauton semblent ètre assez prisées des colons, car il y a aujourd’hui des établissements sur tous les rangs, et le nombre de lots vendus atteint le chiffre de 350.

Denonville est relié à la paroisse de l'Ile Verte qui se trouve sur le bord du fleuve par une grande route de colonisation.

CANTON ROBINSON.—N'a été mis en vente que depuis 1889. Il compte cinq rangs avec une étendue de 12,500 arpents de terre.

Quoique côteux, ce canton est assez cultivable,

La forêt se compose d'érable, de merisier, de hêtre, de sapin et d'épinette.

I n'y a pas encore de lots pris dans ce canton.

Pour faciliter la colonisation dans ce canton, il resterait à y ouvrir des chemins de colonisation, chose assez facile puisqu'il existe déjà un chemin depuis le lac Baker jusqu'au canton Packington, le long du lac à Jerry et un autre entre le 7e rang et les établissements de Packington.

Deux rivières traversent ce canton et sont assez considérables pour le ‘ flottage ” du boïs.

CANTON ESCOURT.—48,000 arpents à disposer.

Ce canton est bien arrosé, le sol d’une excellente qualité, et la forêt d’une grande richesse.

Les colons cependant n’y out pas encore porté leurs pas.

La rivière Bleue qui sillonne ce canton a beaucoup de courant, dans quelques endroits, et toutes ses branches fournissent d'assez bons pouvoirs d’eau. D’après les explorateurs, la terre sur chacune de ses rives, ainsi que su* celles de ses affluents, est d'une qualité supérieure. À quelque distance de la rivière, l’on rencoutre une série d'érablières magnifiques, et sur les bords de la rivière elle-

m'me, de l’orme et du peuplier. Il y a, à part cela, du cèdre, du merisier et de l'érable, sur presque tous les rangs.

CANTON PACKINGTON.—Ce canton rappelle les cantons de l'Est. Il ne leur cède guère pour la qualité du sol.

Jusqu'à l’année 1876, Packington n'était connu que comme un merveilleux pays de chasse. Les sportsmen étaient toujours certains d'y rencontrer en grandes troupes l'orignal, le caribou et le chevreuil, On raconte qu'un seul chasseur tua pour sa part, dans un hiver, 68 orignaux. Ces tueries, faites pour la plupart, sans discernement, ont eu de fâcheuses conséquences. L'orignal est aujourd'hui à peu près disparu de la forêt, et le caribou et le chevreuil se font chaque année plus rares.

La colonisation ne fait que pénétrer dans cette région qui mériterait d'être mieux connue, maïs elle avance rapidement. Le terrain v est quelque peu accidenté, mais il n'y a peut-être pas un pouce de terrain qui ne soit cultivable. On peut même affirmer qu'il est presque partout d'excellente qualité

C'est un nommé Benoit Valcourt, de Notre-Dame du Lac, qui, le premier en 1876, est venu planter sa tente dans ce canton qui avoisine la frontière du Nouveau-Brunswick.

Dès la premiere année, Valcourt, aidé de ses fils qui l'avaient suivi, fit des défrichements considérables ainsi qu'un chemin de six milles de longueur qui le mettait en communication avec Nainte-Rose du Dégelé.

L'énergie déployée par les Valcourt entraîna d'autres cultivateurs à marcher sur leurs traces et à venir s'établir à Packington. Le mauvais état de la route qu'il fallait parcourir avant d'atteindre les bonnes terres, en découragea un grand nombre, et, pour cette raison, la colonisation de ce canton ne fut pas aussi rapide qu’elle aurait du l'être.

Après les Valcourt, il convient de mentionner ici une antre famille fixée dans Packington et qui a réussi à fonder un établissement prospère. Cette famille est celle de Sifroid

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Beaulieu. Voici ce qu'en dit M. J. F. Guay, ingénieur civil, qui a été chargé d'explorer ce canton en 1897 :

‘“ Sifroid Beaulieu occupait une position assez lucrative aux États-Unis, mais il avait cinq garçons, et leur établissement le préoccupait sérieusement. En 1885, il entendit parler, et forma le projet de venir s'établir dans le nouveau canton. L'année suivante il mettait ce projet à exécution en venant s’y installer avec sa femme et ses enfants. Aujourd’hui, M. Sifr1d Beaulieu est un cultivateur à l'aise qui mène la vie d’un patriarche au milieu de ses enfants. Les biens sont eucore e 1: commun et rien ne se fait sans que le père ait d'abord éié consulté.”

On compte aujourd'hui dans Packington 28 chefs de famille et environ quarante lots en défrichements.

Ce cauton était autrefois riche en pin, mais celui-ci a été exploité jusqu'à épuisement. Les principales essences forestières sont : sur les hauteurs, l'érable, le merisier, le frêne, le hêtre ; dins les fonds, l'épinette, le sapin et le cèdre.

CAN'ïoN ROBITAILLE.—Il n'est ouvert à la colonisation que depuis 1889, et il n’y a pas encore eu de vente de lots

Un seul colon, M. Joseph Viel, résidait dans ce cantonil y a deux ans. Il a bâti maison et grange, mis dix arpents en culture sur le lot 12 du cinquième rang. M. Viel a récolté en 1897, 60 minots de blé et 800 minots d'avoine En 1898, quelques familles encouragées par le bel exemple de M. Viel, ont pris des terres dans son voisinage.

Le sol, dans ce canton, est de bonne qualité et bien boisé Il reste une bonne quantité de bois de commerce, de l'épinette, un peu de pin, et du cèdre en abondance.

L'explorateur Jos. Bareau qui a visité ce canton en 1897, suggérait de réserver la partie sud-est des trois premiers rangs, comme terres à bois, parce que le sol était accidenté dans cette partie et qu'il était fortement boisé en pin, épinette et cèdre.

On peut se rendre à ce canton par le baau lac Témiscouata qui, avec la rivière Touladi, donne plus de soixante milles de navigit'on.

Le député de Témiscouata, M. Gauvreuu, écrivait tout récemment aux journaux que si le gouvernement fédéral accordait une subvention pour rendre la rivière Touladi navigable sur presque tout son parcours, on verrait alors le bois de pulpe descendre jusqu’à Notre-Dame du Lac, et de là jusqu’à Fraserville par le chemin de fer Témiscouata, apportant ainsi de l'ouvrage aux colons tout en leur permettant de défricher leurs terres.

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