AVERTISSEMENT
Le titre du présent ouvrage paraîtra peut-être inexact. Coloniser, en effet, c'est fonder et organiser un établissement dans un pays étranger. La France qui jeta sur les rives du Saint-Laurem, les fondements de la patrie canadienne travailla à son accroissement, mais on ne peut dire que le développement de sa colonie était terminé lorsque le Canada devint possession britannique.
Depuis lors, des milliers d'immigrants sont venus s’ajouter à la population primitive de la Nouvelle-France, et d’immenses territoires continuent de se peupler. Le développement du Canada s'est donc continué et se continue encore aujourd’hui, et tous admettent que sa colonisation se poursuit et qu'elle est encore en pleine activité. Cette activité se manifeste dans toutes les provinces du Dominion, plus spécialement dans celle de Québec. C’est l’histoire de l’activité déployée par les descendants des premiers colons de la province de Québec, pour peupler et agrandir leur territoire, que nous faisons.
Nous avons été forcé d’élargir un peu les bornes que nous nous étions tracées, et l’extension donnée à notre travail nous a amené à parler non-seulement du développement territorial de la province de Québec, mais aussi de son développement au point de vue politique, économique, social et même religieux.
Nous devions à nos lecteurs et à nous-même d’être complet, et nous ne pouvions passer sous silence des faits qui ont profondément influé sur la vie du peuple canadien, en général, et de celui de la province de Québec, plus particulièrement.
C’est ainsi que nous avons dû toucher certaines questions d’ordre politique, dont la discussion peut donner lieu à des interprétations diverses et à des divergences d’idées. Ces questions, nous les avons abordées et exposées avec une parfaite indépendance d’esprit. Nous avons voulu faire oeuvre d’historien sincère, et, sans vantardise, nous pouvons, croyons-nous, nous appliquer ce que Fustel de Coulanges écrivait dans son hitroduction à D’Histoire des Institutions politiques de l’ancienne France :
« Nous n’avons songé en écrivant ce livre ni à louer ni à décrier les anciennes institutions de la France ; nous nous sommes uniquement proposé de les décrire et d’en marquer l’enchaînement.
« Elles sont à tel point opposées à celles que nous voyons autour de nous, qu’on a d’abord quelque peine à les juger avec un parfait désintéressement. Il est difficile à un homme de