CHAPITRE I
LE RÉGIME MILITAIRE
Capitulation de Montréal. — Organisation militaire et judiciaire. — Bonne entente entre les Canadiens et les Anglais. — Premières ordonnances. — Tenure seigneuriale. — Inquiétude des nobles. — Satisfaction des paysans. — Rôle du clergé.
Le 8 septembre 1760, le marquis de Vaudreuil signait, à Montréal, la capitulation qui mettait fin à la domination française au Canada. D’un trait de plume, les Canadiens étaient détachés de la mère patrie, la vieille France, et mis sous la domination d’une puissance étrangère, dont toutes les institutions leur étaient absolument antipathiques. Décimés par la guerre, réduits à la misère, privés de leurs chefs naturels, ils avaient tout à craindre et pas grand’chose à espérer de leurs vainqueurs. Ces derniers établirent tout de suite un gouvernement provisoire.
Le généralissime anglais, sir Jeffrey Amherst, en traça luimême les grandes lignes, avant de quitter le pays pour retourner à New-York. Les trois divisions administratives d’avant la conquête furent conservés. Le 16 septembre, le général Gage était nommé gouverneur de Montréal, le colo-