CHAPITRE X
ne anglaise. Quant à ceux qui avaient quitté les États-Uni» après la guerre, poussés plutôt par des motifs d’intérêt personnel, ils ne devaient pas espérer recevoir les récompenses offertes à ceux qui dans l’adversité, étaient restés fidèles à leur roi (l).
Les réfugiés de la baie de Missisquoi eurent donc leur part de secours comme ceux de Sorel et ceux des nouveaux cantons au-dessus de Montréal. Us restèrent dans les endroits où ils s’étaient d’abord fixés, attendant qu’on se décidât à leur concéder des lots. Voyant qu’on retardait indéfiniment à leur accorder des lots de ville, ceux qui avaient été envoyés à Sorel quittèrent à la fin ce premier poste, pour aller rejoindre leurs compatriotes du haut Saint -Laurent. Ceux qui étaient à St-Jean et à Chambly ne tardèrent pas à les suivre.
En somme, malgré les efforts de Haldimand, le trouble qu’il se donna, les lourdes dépenses qu’il fit pour les placer convenablement, très peu de Loyalistes s’établirent définitivement dans la partie alors habitée de la province de Québec. Les aventuriers qui envahirent les Cantons de l’est après la proclamation de 1791, n’étaient pas, comme nous le verrons plus tard, des loyalistes, au vrai sens du mot (2).
(1) 22 août 1785, arc. can. Q 25, p. 39.
(2) The American Loyaliste in the Eastern Seignories and Townships of the Province of Quebec, by Wilbur-H. Siebert. M. S. R. C. Sect. II, p. 3. Voir aussi: Lorenzo Sabine: Loyaliste of the Américain Révolution, 2 v. Boston, 1864.