‹ La colonisation de la province de QuébecChapitre 100 sur 197 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

aux députés Ryland et Craig reviendront sur ce point, ils représenteront cette érection de nouveaux comtés, dans les Cantons de l’Est, comme le seul moyen de contrebalancer l’influence des députés canadiens. Malgré tout, cette division ne devait se faire qu’en 1829.

Milnes annonçait, en outre, à Camden que depuis la présentation de ce mémoire, la milice avait été organisée, sous le commandement de sir John Johnson, et que des magistrats avaient été établis dans ces cantons .

Quant aux routes, on voulut faire un effort pour en ouvrir quelques-unes. Au mois d’octobre 1806, on demandait des soumissions pour ouvrir des chemins depuis Québec jusqu’à la source du Connecticut; depuis le canton de Hereford, jusqu’aux Trois-Rivières; depuis la ligne de la province, pour passer à travers le canton de Hatley, et rejoindre la route sur la rivière Richelieu, qui allait à Sorel ; pour achever le chemin qui était en voie de construction depuis la rivière Saint-François et le rendre jusqu’à la rivière Chaudière; pour l’érection de ponts sur les rivières et ruisseaux n’excédant pas dix-huit pieds de largeur, qui pourraient se trouver sur le parcours de ces routes.

D’après les conditions énoncées dans les demandes de soumissions, ces chemins devaient être nettoyés sur une largeur de vingt pieds entre les deux fossés (et indépendamment des fossés), les arbres devaient être coupés assez bas pour permettre le passage de toutes espèces de voitures. De plus, les arbres devaient être abattus sur un espace de quatorze pieds de chaque côté du chemin, le bois abattu pouvant cependant être laissé sur place.

Quant aux ponts dont la largeur excéderait dix-huit pieds, on annonçait qu’on recevrait des propositions séparées, pour leur construction.

Comme la législature n’avait voté aucun budget pour ces travaux, et vu qu’ils ne pouvaient être faits aux frais des habitants comme dans les seigneuries, on offrait de payer les entrepreneurs en leur concédant des blocs de terrain le long de ces chemins, à la condition toutefois qu’ils établissent un colon sur chaque mille de chemin qu’ils feraient (1).

(1) Gazette de Québec, 6 octobre 1806.

CANTONS CONCÉDÉS PAR LETTRES PATENTES (suite) 187

Les conditions de paiement n’étaient certainement pas très favorables. Aussi aucun entrepreneur ne se présenta, et les belles routes que l’on rêvait restèrent à l’état de projet. Il devait s’écouler encore plusieurs années avant que des chemins carrossables fussent ouverts dans cette région.

Malgré tout, Milnes tenait à pousser le développement de cette partie de la province. En dehors des terrains déjà concédés par lettres patentes, il restait encore de grandes étendues à donner dans les cantons où la moitié ou le tiers de ceux-ci seulement avaient été concédés. Le lieutenantgouverneur ne voulait pas laisser ces terrains inoccupés. Dans une lettre au duc de Portland (1), il proposait de les mettre en vente et de travailler à en obtenir le plus haut prix possible. “ Comme les parties encore inoccupées de ces terrains, disait-il, valent beaucoup plus que les premières, attendu qu’elles sont arpentées et subdivisées, et qu’il y a déjà des établissements dans le voisinage, la concurrence qui s’établira pour leur acquisition ne manquera pas d’être très avantageuse pour le gouvernement, et exercera probablement une influence heureuse sur la valeur des terres par toute la province ”.

Il revenait ensuite sur le projet déjà exposé par le général Prescott (13 juillet 1797) d’acheter des bons sur l’État, avec le produit de ces ventes, et d’employer les rentes qu’on en retirerait à défrayer les dépenses du gouvernement civil.

Portland se montra complètement en faveur de la proposition de Milnes (2) ; seulement, il le priait de ne pas émettre de lettres patentes avant le paiement complet du prix d’achat. Il lui demandait, en outre, que le gouverneur, le lieutenant-gouverneur ou l’administrateur, les membres du Conseil exécutif, fussent constitués les gardiens ou les conservateurs des terres de la couronne et du clergé, qu’ils tinssent les comptes du revenu provenant de ces réserves, et que le revenu provenant des terres de la couronne fût transmis aux lords de la trésorerie, pour être appliqué à défrayer les dépenses de la province. Quant aux revenus des réserves du clergé, il devait, suivant l’acte de 1791, être consacré à payer les frais de l’entretien du clergé protestant. Milnes déposa

(1) 4 novembre 1807 (37). Arc. can. Q. 85, p. 248-249.

(2) 6 janvier 1801. Arc. can. Q. 86-1, p. 12-15.

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