‹ La colonisation de la province de QuébecChapitre 99 sur 197 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Hereford. Ce James Rankin venait de la Pensylvanie. Il dit, dans un mémoire adressé àMilnes, le 24 janvier 1800, que cinq de ses associés et seize autres colons étaient maintenant fixés dans ce canton et y avaient déjà fait des travaux importants. C’est sur les limites de ce canton que s’établit la république éphémère d’Indian Stream, qui servit de refuge, pendant quelques années, à des criminels de toute espèce.

Dans le canton de Clifton, 23,546 acres de terre furent donnés à diverses personnes, le 5 mars 1803. Le principal, parmi les associés de ce canton, était Alexander Ellice, un riche marchand de Londres, qui reçut à lui seul 6,600 acres. Aucun des associés ne se fixa sur les lots qu’ils avaient obtenus.

Le tiers du canton d’Eaton, au sud de Clifton, fut concédé, le 4 décembre 1800, à Joseph Sawyer, qui vint s’y établir immédiatement, avec quelques-uns de ses associés, entre autres John Cook, qui a laissé son nom à la ville de Cookshire, Israël Bailey, John French et Luther French, dont les descendants sont encore nombreux dans cette partie de la province.

Le tiers du canton voisin, celui de Newport, fut également donné à un américain, Samuel Heard, le 4 juillet 1801. Aidé de ses associés, Samuel Heard, qui était un homme de grande énergie, parvint à établir une colonie florissante, au centre de ce canton.

Nathaniel Taylor, un commissaire de la paix, reçut aussi 12,600 acies, dans ce canton, le 4 août 1803.

Dans le canton de Ditton, 11,550 acres furent, donnés le

12 mai 1803, à Minars Harris Yeomans et dans le canton de Bury, 23,449 acres furent concédés à Calvin May, le 15 mars 1803. Enfin, un arpenteur, John Bishop, reçut, le

13 mai 1805, 11,663 acres dans le canton Dudswell, dans le comté actuel de Wolfe.

Le travail de défrichement ne se fit que fort lentement, dans tous ces cantons, et de longues années s’écoulèrent avant que l’on y trouvât des colonies vraiment stables. Rien de surprenant à cela: ces cantons étaient trop éloignés des centres déjà ouverts. Les quelques colons épars ça et là, dans la forêt, ne pouvaient même communiquer entre eux, à

CANTONS CONCÉDÉS P AB LETTRES PATENTES ( suite ) 185

cause du manque de routes carrossables. En 1805, ils lancèrent un appel au lieutenant-gouverneur. Dans un long mémoire, les habitants des cantons de Stanstead, de Hatley, de Barnston, de Hereford, de Compton, d’Orford, d’Eaton, de Newport, de Brompton, de Stoke, de Westbury, de Melbourne, de Windsor, de Dudswell et de Shipton faisaient à Milnes un exposé de leur situation et lui demandaient : 1 ° L’érection de nouveaux comtés dans la partie de la province qui renfermait ces cantons, avec le privilège d’élire des députés pour les représenter dans la Chambre d’assemblée ; 2° la déteimination de limites exactes entre 1s district des Trois-Rivières et les districts de Québec et de Montréal ; 3° l’établissement de cours de circuit pour l’audition des causes n’excédant pas vingt louis ; 4° la modification de l’acte actuel des chemins, de façon à ce qu’il répondît aux besoins des nouveaux cantons ; 5°. l’établissement de bureaux dans chaque comté pour l’enregistrement des actes de vente, etc. 6° l’établissement d’un bureau de douane et d’un port d’entrée à la frontière entre la province et les États-Unis, en outre de la douane de Saint-Jean ; 7° l’établissement d’un clergé protestant dans les cantons ; 8° la nomination de magistrats et l’organisation de la milice selon que les besoins de la population l’exigeraient (1).

Milnes, en envoyant copie de ce mémoire à lord Camden(2), lui faisait remarquer qu’il était présenté par les habitants de seize cantons nouvellement établis, contenant plus de cinq mille âmes, et que la première clause, celle ayant trait à la division des cantons en comtés pour les fins de représentation, était de la plus haute importance, car c’est d’elle, disait-il, que dépendra, en Chambre, l’adoption des autres clauses, qui ne peut être faite sans le consentement de la députation.

“ Il me semble, ajoutait-il, qu’il faudra pour cela non seulement l’approbation évidente du gouvernement, mais encore beaucoup de prudence et de jugement pour choisir le temps et la manière dont cette mesure devra être présentée

(2) 1 août 1805 (31) Arc. can. Q. 98, p. 109-112.

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