CHAPITRE XIII
C rainte provoquée par les espions. — Nouvelle loi de milice. — Jérôme Bonaparte.— Quatrième Parlement. — Acte des prisons. — Fondation du “Canadien” et du “Mercury”. — Arrivée de sir James Craig. — Élections de 1804. — Craig dissout la Chambre. — Lettre de lord Castlereagh à Craig. — Craig fait saisir le matériel du “ Canadien '. — Sa lettre à lord Liverpool. — Ryland en Angleterre. — Il échoue dans sa mission. — Lettre de lord Liverpool à Craig. — Départ de Craig. — Sir George Prévost lui succède. — Guerre avec les Etats- Unis. — Sage administration de Prévost. — Son départ en 1815.
Sir Robert Sliore Milnes continua, pendant les trois dernières années de son administration, sa politique impérialiste. La tranquillité régnait dans le pays. Le lieutenant-gouverneur l’avait constaté dans l’été de 1801, en faisant la revue de 1200 miliciens, dans divers endroits de la province. Tout de même, il craignait les menées des émissaires de France, qui continuaient à infester les campagnes du district de Montréal. L’abrogation du traité d’Amiens, le 26 avril 1803, augmenta ses appréhensions. Le bruit se répandit que Bonaparte méditait une attaque sur le Canada. Une lettre (1) de M. Auldjo, marchand, de Montréal, alors à Londres, annonçait que Bonaparte envoyait des émissaires au Canada. Deux étaient spécialement nommés : de Léry, fils aîné d’un membre du Conseil législatif, officier d’artillerie, au service de la France, et un autre canadien du nom de Viltray ou Villeray. Ce dernier avait passé par Philadelphie, en 1802, et visité le Haut-Canada, sans cependant se rendre à Montréal. De Léry passait en Canada sous prétexte de visiter des amis.
Vers le même temps (24 mai 1803), le juge Pierre Panet, de Montréal, envoyait à Ryland la missive suivante (2) :