‹ La colonisation du Brésil (volume 2)Chapitre 46 sur 53 · Binm Jardim'dt Mr. Saivador Nardi de Vasconsella · texte numérisé non relu

Binm Jardim'dt Mr. Saivador Nardi de Vasconsella

Il n*y a ici qa*une seule famille de colons ; elle est du Canton de Lnoerne. Elle n^a point reçu d^avances de sa commune et n*a point de dette.

Il y a encore dans quelques fasendas éloignée de la province parci, par-là une famille sui5se isolée, établie soit par contrat de moitresse, soil en servi ce«

Bnfln pour ce qui concerne le troisième point, savoir la manière dont on peut et dont on doit \enir an seeoura d^un certain nombre dn familles de cofons qui sont vraiment dans le besoin el qni méritent qu^OB leur aide à en aortir, j*ai Tbonneur de renvoyer Votre Bzeellencf, touchant ce point, au mémoire que j*ai adressé au Gouvernement Impérial. Ty ai développé ma manière de voir en Iraita généraux, me réaervant, pour le cas où le Ministère Impérial aecepferait mes propositions, d^entrer verbalement en négociation là-desaos, vu que durant mon voyage j>n ai rédigé le plan jusque dans les moindres détails.

Le nombre des famillea que je reeommandemia mix seconri dn GonvernemenI Impérial pourrait aller à trente environ. Je aaia #avanco que la grande multitude des antrea famillea qni devront demenrer dans leurs colonies, crieront trèa-asièrement contre moi et prétendront qu'elles ont le même droit que les antres i être transplantées ailleurs et à obtenir des secours. Mais tout eela no m^inquiète guère, je ne oonnnis d*antre règle de eondnitn que mon devoir et In pins stricte impnrtinlité.

D^près nn enleal approzimntiff. In réalisation de ms proposition s*élèvom an siotns à la aomsM da 200,000 iHines qne le Gouverne- SMnt Impérial aurait è payer. S^il consent è cette mesure, il aura aasnrément fait pins que In Suisso n^n droit d*en prétendre dsns cette aShiro, car je répète encore une fois en teraûnsnt: L'infortune de In

ptapart dea eohtBR a pria ion origine daiu la Smi'm», mimé par lu fonds atMneii par lei earnuutnety par la garantie lotidaire, par l» procédé condamnable det a4/onciioiu d'indimdut à det famillei anmgvellet ils liappar tenaient pas, et par la «ignalure de contrats 4|aa lodt homme quelque peu eipérimeuté, aiirail euvisag^s comne préjadiciablas aux colona, dea circoDilancea diTtvorablea qui a'oppoaeal •■ Brésil è la prospérité de tsut de familles sont pour la plupart dea aoites de cette miuière de procéder.

J'ai rbonneur d'assurer Votre Excel le nos de ma oOMidération 11 plus distinguée.

Rio de Japeiro, le 6 Octobre 1860.

L'Eivofé extrasrdiflaire d* la ConrédératiOB taisse

-■n/\nf'J\/\JV~

Jfléiiioire

préienté

à Son Excellence Monsieur le Sénateur Joao Lui9 Vieira Consansao de . Sinimbu ^ Ministre des affaire»

étrangères,

par

Mr. J. J. Tschudi, Envoyé extraordinaire de la Confédération suisse près S. M. TEmpereur du BrésiU

(Da 9 Novembre 1860.)

EXCBLLBHCS l

Après avoir examiné par ordre de mon Gouvernement^ avec la plus scrupaleuse attention tontes les colonies de la Province de St. PanI, où se trouvent des Suisses, je juge convenable de communiquer aussi an (Souvernement Impérial le résultat de mes observations.

D^abord j'ai la satisfaction de dire à Votre Excellence que le rapport de Monsieur le Desembargador Dr. Sebastiao Mùchado iVtmes, commissaire du Gouvernement Impérial pour examiner Télat des colonies de la Provînee de St. Paul et qui a terminé su visite au mois de Mars de cette année, a été fait d^une manière impartiale et consciencieuse.

La visite de ce commissaire a été d^un effet aussi avantageux aux fazendeiros qu^aux colons. Monsieur le Dr. Macbado Nnnes, avec son habileté bien connue, a réussi, de la manière la plus satisfaisante pour les deux parties dans différentes colonies à aplanir des difficultés sérieuses qui y existaient depuis plusieurs années. Les quelques erreurs que j*ai notées dans son rapport, ne proviennent sans doute que de données inexactes qui lui ont été fourniea. Ainsi, dans la première page , il dit : quB l0$ eoUm» pcrêmgmtÊis seul préfirMeê amx eokm» svi$$§st

Selon mes informationf o)> met observatioiis penioonelles, il ^t loin d'en Ctre ainsi. La conduite des colons de la Province de Si. Paiily leur persévérance au travail et leur aptitude à la colonisation, djâmontrent qu'ails doivent être classés, de la meunière suivaiite :

i^ Danois da Duché de Holstefn. Colons gFaads travailleurs, tenant' leur maison d'une propreté exemplaire, mais très-exigeants au dire des fazendeiros,

2^ Suisses^ Allemands et Belges, Colons possédant entr'eoi les mémea aptitudes. Il s'y trouve d'excellentes familles, comme auasi d^aotre» antipathiques au travail.

3^ Portuguais, Les fazendeiros en général s*eo plaignent beaucoup, ils sont querelleurs, c'est sur eux qu'il faut reporter les deux assassinats commis sur la personne de deux colons.

49 Les Brésiliens enfin* Les fazendeiros qui ont fait l'essai de leurs compi^triote^s comme colons, sont unanimes à déclarer qu'ils n*ont pas le goût du travail et préfèrent la chasse à la culture, du sol. Les objets de leur prédilection sont un fusil et une selle qu'ils possèdent avant tout meuble; toutefois c'est avec plaisir que plusieurs fazen- <)eiros ont observé chez ces colons, depuis quelque temps, uq désir de Hvaliser par le travail avec les colons européens.

Pendant tout mon voyage, je n'ai eu en général qu'à me louer des autorités du pays, et je citerai particulièrement à Votre Excellence, Vonsieur le Dr. Tito Auguste Pereira e Maitos^ Juiz .Municipal e Delegadp de Policia de Campinas, dont les capacités et le mérite sont sans doute bieu connus du Gouvernement Impérial ; il ^a déployé un ;grand zèle pour faciliter la tâche difficile que j'avais à remplir. Le même accueil m^a été fait par tous les fazendeiros de la Province qui ont mis à ma disposition tous les moyens en leur pouvoir pour me simplifier l'examen des colonies. Un seul, Mr. Jozé Vergueiro^ chef de la maison Vergueiro et Cie., comme j'ai eu rhonneur d'en faire part à Votre Excelleuce par l'entremise de Monsieur le Président de la Province de St. Paul, m'a déclaré que je ne serais pas reçu dans les fazendas de sa maison, en tant que me présentant d'une manière offifielfce^; il permettrait toutefois ma visite s'il se trouvait lui-mèaie à sa fazenda dtibiçaba où il devait être, aiqsi qu'il me l'avait écrit, vers la fin du mois d'Août.

Le 6 Septembre cependant, lorsque je quittai Santos pour ce venir à Ri« de Janeiro, Mr. José Vergueiro était encore dans la premièore vill*.

Je ne dlssimuleraî point au Gouvernement Impérial la flicfaemo impression que ce refus de Mr. Vergueiro a produite chez les autres faMBdeiros de. la- Proviiieetde SU Paal, o^ cette impression a été d'aàtml. plat • fêchense que d^A Moosiettr. le Dr. Machado Nnaes a¥|ttl été

Tol^ei de la méiie aâfw an ai^l de eelta cotoftie foi avait la prélealîoo de aervir de cotoaie modèle.

Force me fut donc d^appeler près de moi à la ville de 6t. loao do Rio ClarOy distante de deux lieues de fa colooie, les coIobb aaitaea de celte maison «io d'^écouter leurs réclamatîooa*

Si je suis bien io formé, il existe au Brésil une toi qui permet aux autorités d'examiner i tout moment l'état des esclaves d^aoe fasenda^ par conséquent ne doit*oo pas supposer avec plus de raison, que le Gouvernement Impérial a le droit de faire vérifier la position d^bommes libres, liés seulement psr un contrat de servicea?

Celle supposition est d'autant mieux basée, qu'avant mon départ pour la Province de St Paul, Son Excellence Monsieur le Ministre de TEmpire m'a communiqué qu^il avait fait savoir à la maison Verf aeiro et Cie« , que le Gouvernement Impérial, considérant S« colonisa'* lion comme question vitale pour le pays, a le droit d'intervenir dana tout ce qui a rapport aux coloniea particnlières. Le refus de Hr. J. Verfueiro est donc inexplicable.

J*ai lieu de croire qu'en général les fasendeiros ont été Irès-satîsfaita de ma visite, puisque plusieurs d^enlr'eux sont venus quelqoes jours aprèa l'examen de leurs établissements, m*adresf er lenrs remerciements. Dans leur opinion ma présence a produit un effet moral très-salutaire av l'esprit des colons.

L*aperçu de mes in^^estigations, quant aux colonies de la Province de St. Paul, que j'ai Tbonneur de^présenter à Votre Excellence expliquera :

1« tes motifs pour lesquels la colonisation, selon le système do yParceria^, ne peut réussir dans la Province de St. Paul.

2« t'Etat actuel des «colons Suisses dans la Province de SI. Pool.

3. Et enfin les me^ores que je juge indispensables pour améliorer le positioo de certaines fomilles dignes de loal intérêt, looquelle^, dans les circooslaoces actuelles, ne pourraient josaots rembourser leurs dettes.

!• JMoUfti pour lesquels Im eelamismtiem, sdMi le s de ,,Fstfeerla*« memeut rénwnlr dmms I

deSM. rMl.

Ln Province do SI. Pool, Proviaco ogricolo por «xcoAoaeo, soil pat àes loi*re& ferlites^ soit por aoo magoifiqoe cliaaol, oal appelée à jouer lia grand rote dans la colooisotioo por loe boooioo impdtioBZ qo'oUo a do trovoillooro aaiiiooia ello pool foriInaMtnl oaaavor oo toux sort.

Hotboofooseanaol Io ifaièoo éo ^POtoorio' \eiiooiro ol Cio. o «oo-soiiioMeol détioil poor

et le développenenl de la colonisition daDs cette Province; miii de plus a nui à celle du Brésil en général, puisque les nombreuses plaintes des colons, en partie justes, ont eu un douloureux retentissement en Europe et ont découragé les émigrants de choisir ce pays.

Tai rhonneur de venir énumérer - à Votre Excellence les diffé^ rentes causes qui, à mon point de vue, sont les principaux défauts de ce système de ,^Parceria^.

1. 1res avances reçues par la plupart des colons et principale* ment par les colons Suisses pour la traversée d'Europe jusqu'à Santos et le voyage très-onéreux de cette dernière ville aux colonies. Les colons arrivés à leur destination, se voyaient surchargés de dettes qui pour bien des familles surélevaient à près de deux contos de Reis ; ce qui les décourageait dès le commencement*

2. Les contrats à double entente dont le sens n^est pas clairement et positivement déterminé; par exemple Part. 3 des contrats de „Parceria^ dit: ,^0s Colonos mencionados no Art, 1. logo que che- ,,garem as porto de Santoa, por-se-hao à disposiçao dos a lllmos. ' „Snres Vergueiro Cie., que os receberao, alimentarao e farao con- „dusir aos seos destinos^. La maison Vergueiro et Cie. ne s^engage pas par cet article à nourrir et à transporter gratuitement du port de débarquement à la colonie les émigrés, mais il n'est pas non plus expliqué que ces dépenses seront à la charge des colons. De la ma-^ nière dont cet article est rédigé, les colons Suisses étaient persuadés que les frais du voyage de Santos à leur destination seraient supportés par la maison Vergueiro et Cie. Ils furent donc très-surpris à leur arrivée à la colonie d'apprendre qu'ils étaient débités de ces frais.

Le §. 2 de Tarticle 4 de ces mêmes contrats exprime : que la maison Vergueiro et Cie. s'oblige à fournir aux colons le nécessaire pour leur subsistance jusqu'à ce qu'ils puissent par eux-mêmes subvenir à leur existence.

Les colons se reposant sur ce paragraphe ont pensé que les fazendeiros étaient obligés de les nourrir' pour un temps indéterminé. Or, au lieu de cultiver assez de substances alimentaires pour leurs besoins, ils ont demandé des vivres aux propriétaires et ont ainsi considérablement augmenté leurs dettes..

Le §. 7. de Tarticle 5 énonce que les colons seront assujettis aux règlements de la Colonie. Mais on n'a point fait connaître aux colons en Europe la nature de ces règlements, ce n'est qur^après leur arrivée à la fasenda qu'il leur en a été par^.

Sar plusieurs faxendas ces règlements stipulent de fortes amendes dont les calons se plaignent amèrement. On ne peut nier qu'il n'y ait flagrante injustice de faire signer aux colons un contrat qui mentionne on règlement disciplinaire inconnu.

•t Ci«. i^eofllgi» 4 V pu <6p»rçr )•• opUwi, PMlortjair^ Voir« Bk- <iliitipipil)ité et o^p.<;ii4«Dt wlgté cet aQ^iraïqest, y^ . pour jug«t «éoie ooflinuiie ont dl^ «éparéi* 1«| unei dei. all^ ' , et n'bat trii- La %. 4 <je l'trt, 4 dît: „ût Sffrea Ver'^ ^u leoi pour cob-

stMuUaHti^ 9 plRBlar ■»■ »■» teww «r

^designado o necesaario pan seoi luiteQlo v .(ioDs aaz coDtrata, t* il D^ pM été ^^i«fté iv{^ iio^Qj?fl ^^1^^ -■ ' ,e* rapports enire „Loparliculiires, d uuUea où le tvX^'if», ' J", la» conlrala de „Par-

lipjie de la colqnie, ce qui ut un .HocioiMW» ou de lot^iié «n

gtinds déranKBmeuts aux colona- -e «Localarioa" à ^Locadorei*,

3. Lot Cammviitm pmçvt» -i- de celle loi, et j'ai vu avec plaisir

La maison Vergueiro a » d* '■ Pfovince de St. Paul partager

cvloni à leur arrir.é» i S* ^, ••>'''

•L de 5*000 pour e^fap' .■'ui» par '« corpa législatif i une époqne où

Cmmiûw'oi» — et iu> ^J^anle, ne peut aujourd'hui régler lee difB-

•vaU importées §0» /^ '^Jirud action dans l'Erapire de nombreux colo»

o^de tràs -diffère aies bases. On a en recours i

■".Il 'injuste, uaiquemenl par défaut d'une autre adaptée

gvaincu que !« Gouveroemept Impérial est bien p6uce de celte loi pour les circODStaoces . actuelles et : uéceïsiléd'en proposer une autre, je Buis pertoadé corps législatif tvec lea éléments hétérogènes doit parviendra jamais i s'enteodre pour doter le paya i/ '^iiu "'^^' ""''^ qn'importBkle pour le développemeot de la cqlo- Z*'*^ Aussi, Votre Excellence me permettra de lui dire, que je f***." j'svis : que le Cabinet Impérial demandtt au corps législatif la '''*ué i^ s'occuper lui-même de l'élaboration de celte loi. ^ X cette occasion, je rappelerai i Votre Excellence l'idée juste . ((SDtageuse plusieurs fois émise, de faire passer ta juridictton des .aesliODS entre Colons et PaEcndeiros des mains des juges de psix ^ celles des juges de droit, qui seraient autorisés S décider lei différends da»t h plus bref délai postible et graluitememi et mm selOB le système sotuel où les frais d'un procès devant no magistrat d'uKO ealégorie élevée sont supérieurs aux moyens pécuniaires du coloH. fonr atteindre compléCemeat «e but, il serait toiportant et nécessaira d'augmenter le saisira de cea jnges de droit, afin de les placer dans ■ae posili&B eutièrenent indépendante.

Peadant mon voyage je me sois aperça d'une négligeace aolabi* dft la part des JagM des Orphaliu et dont aucun des deux eommissaires du Gouvernement Impérisl n'a parlé : /4s orpkeiûu dm cotomt élram g t n étaient lam*^ tulMÊrt.

Or, il est arrivé sonvaal qn'aprèi la dérês de iheh de fawUe

UécB, les faxendeiroB ont déelaré vouloir eoD«erver ^n leur p©«- -.B eofants mineors jusqu'à ce qu'il soieût remboursés par eux. que, su Brésil comme en Europe, les oyplieliu» jouissent du d^inventaire, il ne s'esl trouvé personne qui leur ait explique s et leurs devoirs. Aussi un grand nombre de pères de fades délies me disaient en pleurant: Ce n'est que pour laenfants que nous avons des sujets d'inquiétudes, car si h leur manquer en laissant des engagements avec noire ^ se trouveraient pour toujours enchaînés à leur service»

' uillisai, leur expliquant, que leurs enfants jouiraient

•• .e dans leur patrie natale, des mêmes avantages pour

• .ons. Pendant mon séjour dans la Province de St. Paul,

.gé des juges des orphelins, que les orphelins des colons étranors soient pourvus de tuteurs, la plupart Tout fait pendant ma présence. A mon retour à la ville de St.-Paul, j'ai appelé sérieusement l'attention de Monsieur le Président de la province sur ce lait, il m a promis d'envoyer sans délai une circulaire à tous les juges des orphelins de sa province pour leur rappeler ce devoir.

8. Le découragement des colons. Par lès motifs expliqués cidessus, les colons engagés selon le système de „Parceria" sont en grande partie découragés, puisqu'il est bien reconnu que l'on ne travaille pas avec la même ardeur pour de Targenl depuis longtemps reçu. Ils bont d'autant plus découragés qu'ils ont appris par des lettres de Suisse, que la maison Vergueiro et Cie. n'avait pas remboursé aux communes leurs avances.

De plus, l'idéal du colon de devenir propriétaire est détruit, idéal qui cheii la plupart avait élé le principal motif de leur expatriation.

Page 1