‹ La colonisation du Brésil (volume 2)Chapitre 5 sur 53 · DE M. MANOEL DE JESUS VALDETARA · texte numérisé non relu

DE M. MANOEL DE JESUS VALDETARA

SUH LBS COLOIOIS DB U PROTINCB DE SAINT-PAUL.

MINISTÈRi: m LEIIPIRE.

lUVS'mV ET E^^QEUBMT MoHftlBUR,

En exécution de la misfsim dont j'ai été chargé pAT s^yis du % septembre damier, je ^ie suis rendu ^uoçeâsji' yemept dans leii colûme3 Sénatew V^guiera et AngeOça, çt j'^ procédé au^ études et au:i^ recherches en mon pou« voir sqr \sk n^iture et les clauses des contrfits passés entre lep propriétaires et le^ colons, sur la mwîérç dont ils ont été ei^écutés p£^r les deux parties et sur les inju^tice^^ dont, se pWgnent quelques cnlons^ Je doi§ r^ndrei CQinpte i Votre Excellence dv résultat de mon trftvwK

Oons ç^n den^ étobliss^mente l^ pbligutioni im pro« pnét^ir^ ^{ des colons sont réglée» p^r i^ cqntratsi dn Pç^T^m^y swf ^nelqneai différ^ncç^ pQur ceux qni sont pi^ési s^veç des cç^lons qui ont r^çu des avances d9 Wur»

municipalités, relativement au taux dn rQmbpnnieniQnt;

et mn^ intérêt^, qnand ils sont stipulé^. U^ clause^i d^^ ces contrats me paraissent combinée^ dans Viptérét mutnel 4çg partifis et appropriées au but qu'il» ce proposent! et

je pense que le colon laborieux et rangé pourra, sous leur influence, se racheter en peu d'années des avances faites, et prospérer, ainsi que Tont déjà prouvé bon nombre d'exemples. De la part des propriétaires, les contrats ont été fidèlement exécutés et sous ce rapport il n'y a aucun fondement dans les articles de la plainte que pour leur justificatign, plusieurs colons dlbacaba ont fait parvenir au gouvernement provincial , par l'intermédiaire du brigadier général José-Joaquim Macbado de Oliveira, comme je le démontrerai quand je traiterai spécialement de chacun de ces articles. On n'en peut pas dire autant de quelques colons qui ont manqué à leurs obligations, soit en trou1[)lant la paix et Tordre de la colonie et de la propriété, comme ont fait les plaignants en décembre de l'année passée, soit en négligeant de soigner et de récolter convenablement la portion de caféiers qui leur avaient été remis, ou de remplacer les vides par de nouvelles plantations, ce que j'ai vérifié de mes yeux, étant allé sur les lieux accompagné d'un cultivateur intelligent et probe, dont l'opinion doit être accueillie, cotnme celle d'un juge parfaitement éclairé, et il ne faut pas omettre que dans le nombre de ceux qui ont failli en ce point figurent en très-grande partie les Suisses signataires de la plainte.

J'arrive donc à l'examen des griefs allégués dans les articles de la plainte ci-dessus mentionnée.

Le premier grief consiste dans la différence des char-

ges à l'aide desquelles on réduit en monnaie brésilienne les sommes avancées aux colons par leurs municipalités et dans l'inutilité de cette opération. Mais cette conversion est faite d'après le change du jour de l'arrivée des colons à Santos, conformément aux cotes de la place de Rio avec l'étranger, il est tout simple que les colons arrivant à des époques diverses , le change varie selon les époques, et quant à la nécessité de l'opération, elle est évidente, car les propriétaires sont obligés par le 3*^ article additionnel à retenir sur les profits des colons les sommes avancées eti les remettre aux municipalités.

On allègue en second lieu que les colons arrivant ici avec une dette et payant dans la monnaie même où ils ont emprunté originairement, cette monnaie est évaluée à un change moindre que celui de la dette, par exemple le franc , à 320 réis. 11 est vrai que les propriétaires ont reçu ici de quelques colons des sommes en francs au prix de 320 à 340 réis. Mais c'était sur la demande de ceuxci qui ne trouvaient pas un meilleur prix comme ils l'ont

déclaré eux-mêmes , quand je les ai interrogés sur ce point, et on ne peut, en bonne justice, faire aux propriétaires un reproche de ce fait, car ils n'étaient pas obligés de recevoir une monnaie étrangère à un prix plus élevé que celui de la localité, ni d'envoyer cette monnaie sur une place de commerce où elle se serait mieux payée, en s'exposant ainsi aux risques et aux préjudices d'une pareille opération.

Le troisième article se réfère spécialetiient àli tuilier For8ter4 Ce colon avait été engagé en Europe pottt* uti salaire annuel de 687,800 réis , représentant environ 3,200 francs. A son arrivée aU Brésil^ il fut débité d'une sommé de 744,000 réis pour son passage qui s'élevait à 3)000 francSi Voyant aiiisi que 3^000 francs produisaient en monnaie brésilienne une plus forte somme que 3,200 francs^ ignorant la variation du change^ ou ne s'en préoccupant pas , il prétendit qu'on lui faisait une grave injustice, et il réclartia au moment où se trouvaient ici les commissaires suisses ; les propriétaires éle^ vèrent alors son salaire à 748,000 réis, en quoi ils lui firent une faveur, n*étant pas obligés à payer plus que ce qui était convenui II arriva enfin qu'on ne lui avait pas tenu compte des dimanches et jourâ de fttfes par erf eUr et oubli du directeur, cette erreur fut fépdrée aU^itôt qu'il réclama et elle Teût été plus tôt s'il avdlt fait comme son collègue auquel la même chose était arrivée et qui le fit observer sur-le-champ.

En quatrième lieu les côlons se plaignirétit de ce que les propriétaires perçoivent à leur profit un intérêt de 6 0/0 sur les avances faites sans intérêt par les municipalités aux colons. Quelques-unes de ees avances, en effet, ne portent pas intérêt, d'autres snfit â l'intéfêt de 6 0/0 ou de 4 0/0. Le directeur alors en exercice, par erreur ou négligence, appliqua à toutes les avances l'intérêt de 6 0/0 , mais les propriétaires dès qu'il eurent connais-

sance de Terreur, la réparèreat el ilâ ne peuvent être censurés que pour leur trop grande confiance dans le directeur.

Dans le cinquième article on allègue que les propriétaires ont recouvré à titre de commission la somme de 10,000 réis par personne adulte, et 5,000 réis par chaque mineur de tout âge, et qu'ils n^en avaient pas le droit. 11 est vrai que cette commission n*est pas stipulée dans les Contrats, et cependant elle me parait équitable et conforme aux habitudes commerciales, relativement aux colons qu'on envoie chercher en Europe, et qui sont transférés à d'autres personnes; on fait des dépenses pour leur passage-, les agents qui les engagent et les conduisent, s'occupent de tout ce qui concerne leur admission et leur transport au lieu de leur destination et il est juste qu'ils aient une certaine compensation des dépenses et des travaux qui doivent profiter à d'autres Mais quand les colons sont employés dans les établissements de ceux mêmes qui les engagent, la commission dont H s'agit ne me parait pas suffisamment justifiée, bien que les entrepreneurs affirment que c'est une coutume générale admise au Brésil et ailleurs.

Le sixième grief concerne les dépenses du Voyage de Santos aux colonies, que les colons prétendent n^être pas dues et être d'ailleurs excessivement exagérées. Lès dépenses sont expressément à la charge du colon, d'après le contrat, et quant à leur chiffire élevé, l'examen des

comptes prouve qu'elles sont spécifiées dans les plus grands détails ; on porte le coût de la journée à chaque repos, le nombre des animaux de selle et leur charge, le volume des bagages, Fétat de chaque colon, et la dépense totale est répartie en raison du nombre des personnes, de la famille de chacun et de la quantité des bagages. La minutieuse exactitude de ces comptes ne laisse rien à désirer , et bien que la dépense soit ordinaire pour le pays, il ne faut pas s'étonner qu'elle paraisse exagérée à un Européen récemment arrivé, accoutumé comme il Test à des transports à très-bon marché.

~ Le septième grief concerne la mauvaise construction et le prix élevé des habitations. Les cases destinées aux colons ont à Ibicaba quarante palmes de façade et autant de profondeur, ayec un terrain pour jardin de cinq brasses de large sur quinze brasses de long. Elles sont construites en bois, couvertes de tuiles et livrées aux colons avec les parois et les portes extérieures pour que les locataires les distribuent à leur fantaisie, en s'appropriant toutes les améliorations qu'ils vendent à d'autres ou que leur payent les propriétaires quand ils se retirent ou qu'ils changent. Toutefois lés arrangements des parois extérieures et les couvertures de tuiles sont toujours faits au compte des propriétaires, comme je l'ai vérifié dans les carnets mêmes des plaignants. A Angelica, la construction des cases est la même, mais elles ont vingt-cinq palmes de façade sur quarante de profondeur. Le loyer

de oelles-ci est de 9,600 rcis , et celui des autres de 12,000, ce qui, d'après la déclaration des propriétaires, est à peine l'intérêt à 6 p. 100 du capital employé. U est certain qu'à chaque arrivée, . les colons ne trouvent pas toujours des cases libres ; ils sont obligés de s'installer dans là maison d'école ou chez d'autres colons qui veur lent bien s'y prêter, jusqu'à ce qu'on ait construit des cases nouvelles ou qu'une des anciennes se trouve vacante.

Les assertioiis contenues dans l'article 8 sont démen lies par le témoignage de nombreux colons que j'ai entendus dans l'une et l'autre colonie : il est démontré pour moi que les propriétaires ont, selon leur devoir, exécuté le contrat relativement à la distribution soit des terres pour la culture des subsistances en qualité suffisante, au temps et au lieu propices, soit des arbres à café qui doivent être cultivés par les colons et dont les récoltes sont le bénéfice de chaque famille ; car les plaignants euxr mêmes Vont confessé, et ceux d'entre eux qui ont affirmé le contraire ont été convaincus de mensonge par leurs propres déclarations, par leurs propres carnets et par l'état où j'ai trouvé leurs caféiers, qui manifestait bien la négligence avec laquelle ils les avaient soignés et récoltés. Et en ce qui touche ce grief que les propriétaires auraient exigé la moitié des denrées vendues ou échangées par les colons, il ne s'est trouvé personne pour l'appuyer, même parmi les plaignants, et l'on peut conclure de leurs

déclarations que les propriétaires ont peu ou point usé du droit que leur confèrent les contrats à la moitié des excédants.

Le grief de l'article 9 est aussi peu fondé. Par le contrat, il est réglé que trois alqueires de café en cosses seraient considérés comme équivalant à un arrobe de café dépouillé (luisapro)^ ce qui suffirait pour montrer que les colons ne sont pas lésés en ce point, quand môme ce calcul ne serait pas tout à fait exact. Mais il est certain, d'après les renseignements que m'ont donnés des cultivateurs intelligents et dignes de toute confiance, que le même calcul, résultant d'expériences répétées, est adopté également dans cette province et dans celle de Rio- Janeiro. Il est vrai que, tout le café ne mûrissant pas en même temps et un certain retard ayant lieu dans la récolte, il peut arriver que la partie récoltée la première soit déjà sèclie et qu'il en résulte quelque préjudice pour le colon. Mais ce préjudice est plus' que compensé par celui qu'éprouve le propriétaire en raison du déchet qui a lieu dans la préparation, et qui résulte du café vert que les colons livrent mêlé au café mûr, et qui ne produit rien , et des pertes causées dans les séchoirs par les grandes pluies et autres accidents dont ne souffrent pas les colons, car leur compte est établi pour le café livré et reçu dans l'établissement. Le prix est payé aux colons sur le vu du compte de vente envoyé de Santos, avec les notes d'usage relativement à la commission, au fret,

qui peuvent être consultées et examinées par les mêmes colons, toutes les fois qu'ils le demandent. Le fait de la retenue des carnets aux mains du directeur, s'il est vrai, comme on l'allègue, ne leur préjudicierait en rien sous ce rapport, car ces carnets ne peuvent fournir aucun éclaircissenient sur le prix du café. Pour évit^ ces plaintes, nées de méfiances mal fondées, il serait préfé*^ rable peut-être de ypayer au colon Yalgueire de ci^ à un prix fixe convenu à Tavance, comme cela se pratique déjà dans d'autres colonies, d'après ce qui m'a été dit.

Les mesures et leâ poids dont l'irrégularité et Tinexàc» titude étaient dénoncées danU l'article iO ont été par moi examinés, et j'ai fait apporter à la vérification tou^ les poids et mesures de l'établissement, ceux qui servent à la distribution des denrées alimentaires des colons^ comme ceux qui servent à mesurer le café qu'ils apportent. C'est un fait exact qu'une de ces mesures était raccourcie. Mais, d'après les informations que j'ai obtenues du directeur actuel , du tonnelier qui a raccourci la mesure et d'un ancien colon, qui ne Test plus, et qui est employé à recevoir le café, la chose s'est passée de la manière suivante : L'ancien directeur ayant commandé cette mesure et ayant donné les dimensions .exactes, il arriva que bientôt après, ayant à s'en servir pour mesurer le café livré par les colons, il reconnut qu'elle était trop grande et il la fit couper d'un quart de pouce environ. Je

dois encore faire observer que je ne. me suis pas borné à faire apporter les mesures , j'ai voulu vérifier si elles étaient en parfait rapport les unes avec les autres, et je n^ai rencontré qu'une insignifiante différence d'un demiquart à un quart, qui ne peut entraîner aucun préjudice et qui dénote seulement Timpéritie ou tout au moins la négligence de l'employé chargé de ce service.

Sur l'article 11, outre ce que j'ai dit en parlant de l'article 8, j'ajouterai que le colon qui y est mentionné est le maître d'école Dawalz, le chef de la révolte qui eut lieu en décembre dernier, lequel, de 3,600 pieds de café qu'il a reçus, a cultivé seulement 1,700; c'est avec cette portion seulement qu'il a fait la récolte dont il se plaint. J'ai été sur les lieux^ j'ai vérifié qu'il ne s'y trouvait que quelques pierres de minerai de fer qui ne pouvaient en rien préjudicier à la culture et à la production des caféieries.

Article 12. Par les propres carnets des colons, il est prouvé que les propriétaires ne percevaient pas d'intérêt pour les vivres et l'argent qu'ils fournissaient pendant l'année : l'intérêt ne portait que sur le solde de leur débit qui passait d'une année à l'autre. Si les propriétaires ne livraient pas aux colons et portaient seulement i leur crédit, à la fin de l'année, la moitié du produit du café qui leur appartenait d'après le contrat, c'est parce que, dans le cours de l'année, les colons avaient plus reçu en vivres et en argent qu'il ne leur revenait. Us se plaignent dans Tarticle 13 des prix auxquels les vivres leur sont

fournis. Les prix de la farine sont établis d'après ceux du bourg le plus prochain, certifiés de quinze en quinze jours par deux négociants de Vendroit. En comparant les prix mis au débit des colons sur leurs carnets avec ceux qui sont déclarés dans ces attestations, j'ai trouvé que, pour la majeure partie, ils sont les mêmes, quelquefois ils sont plus bas et jamais plus élevés. Peut-être quelques-unes de ces denrées sont-elles moins cbères dans d'autres propriétés qui les produisent elles-mêmes, qui ne les achètent pas et ne payent ni fret ni frais de conduite, etc. Mais les colons ont pleine liberté d'acheter ce dont ils ont besoin où il leur plaît, et ils le font quand ils le peuvent et que cela leur convient. Les propriétaires étant seulement tenus à leur fournir le nécessaire pour leur subsistance, quand ils n'y peuvent pourvoir euxmêmes, ils mettent tous les mois des vivres et une certaine somme d'argent à la disppsition de ceux qui le demandent. Il parait toutefois que ce ne sont pas seulement les nouveaux arrivés et ceux qui sont dans l'impossibilité de travailler par maladie ou accident qui se soumettent aux prix de l'établissement, et, puisqu'ils le veulent ainsi , les colons n'ont aucun droit de se plaindre. Beaucoup d'entre eux ont déclaré qu'ils avaient suffisamment de terre pour faire leurs vivres et qu'ils ont fait de bonnes récoltes, et cependant on voit par leurs carnets qu'ils n'ont pas cessé de recevoir de l'établissement non-seulement de l'argent, mais des vivres.

Je ne m'occuperai pas pour le moment de l'objet de Tarticle 14, me réservant d'examiner plus tard les causes qui, en général, concourent non^seulement à ne pas di-^ minuer, mais à accroître les dettes avec lesquelles les colons sont arrivés, et je passerai à Tarlicle 15.

Il résulte des carnets que, dans le principe, on fournissait aux colons, pour le prix de 90 à 110 réis la livre, du eafé de choix , et depuis on le leur a fourni en déduction delà part de récolte qui revient à chacun. Le café que j'ai vu dans les magasina de la propriété est de choix et bon.

Pour savoir s'il y avait quelque fondement dans les plaintes portées à l'article 16 sur des écritures qu'on ne pouvait expliquer, sur des erreurs et tromperies qui se trouveraient dans les carnets, après avoir examiné ces carnets, on en a eoUationné quelques-uns avec le livre de la colonie, et on les a trouvés réguliers et en tout con« formes à celui*ci. Et vraiment, par le système adopté, toute fraude, toute erreur est à peu près impossible *, car le colon, ayant besoin de quelque denrée ou argent, s'adresse au directeur : celui-ci inscrit l'un après l'autre, sur une note imprimée, les objets demandés avec les prix fixés restant au talon; Il inscrit le tout au grand-livre et sur le carnet du colon, et il remet la note au colon qui se présente au magasin ^^ l'établissement, où il reçoit exactement les objets mentionnés dans cette note. A la fin du mois, la note retourne à la colonie pour être com-^ parée avec le talon et le carnet, et rester dans les archives

de rétablissement. Il faut remarquer que souvent, sur le carnet, on trouve cet article : Subsistances^ englobant diverses denrées reçues par le colon dans la même occasion ; mais, dès que le billet et le livre de la colonie spé* cifient ces denrées^ cela ne peut avoir, d'importance ni entraîner une erreur considérable.

L'article 17, qui se rapporte au payement du médecin, n'a aussi ni fondement ni importance. De l'assentiment des colons, on avait etigagé un médecin pour les traiter dans leurs maladies, et chacun d'eux devait payer annuellement 6,000 réis. Le médecin partit dans la seconde année, quand le directeur avait déjà porté sur les carnets cette somme ; mais, sur leurs réclamations, elle leur fut bonifiée, et ils n'eurent aucun préjudice.

Le colon dont il est question dans Tarticlé 48 était venu avec un contrat particulier pour travailler de son état de carrossier. Gomme on n'avait pas d'occupation à lui donner dans la colonie, on lui trouva un contrat de louage dans une autre propriété*, mais il ne s'y plut pas et revint dans la colonie. On lui proposa le contrat général; il ne l'accepta pas et il demeura quelque temps sans travailler, vivant aux frais des propriétaires, jusqu'au moment où on le plaça chez José Estanislâo de Oliveira, dont la propriété est à deux lieues et demie de la ville de Saint-Joao , et à moins d'une lieue de la colonie Ângelica. En définitive, aucun colon de ces établissements n'a été emprisonné et n'a souffert de violences, et c'est à peine si l'un d'eux a

été puoi d'amende pour s'être en allé sans avoir prévenu à Tavance, comme il le devait aux termes du contrat. Ce colon est un Portugais qui arriva dans la colonie en 1847 et qui, après Tavoir quittée, y est revenu et y demeure satisfait avec toute sa famille, riche qu'il est d'un capital de plus de 7 contos de réis.

. De tout ce qui vient d'être exposé, j'ai conçu cette opinion que ce n'est ni à la nature des clauses des contrats, ni à leur inexécution par les propriétaires, qu'on doit attribuer l'augmentation des dettes des colons; ce n'est pas même au mécontentement qui s'est manifesté parmi quelques-uns d'entre eux. Trois causes concourent généralement i faire que certains colons, quoique bonnètess et laborieux, ne peuvent en peu de temps acquitter les dettes avec lesquelles ils sont arrivés, et que même ils les augmentent. La première est la perte presque totale de leur travail pendant la première année de leur arrivée, par suite de maladies provenant du changement de climat, de l'alimentation et d'autres accidents, et par défaut de connaissance et d'expérience de notre mode de culture. La seconde, c'est le grand nombre d'enfants en bas âge qui accroissent beaucoup les dépenses de la traversée d'£u« rope, du transport et de la nourriture dans la colonie, qui ne peuvent aider leurs parents dans leursu travaux, qui souvent les obligent à s'en détourner, et qui ainsi diminuent leur gain et augmentent leurs dépenses. La troisième cause, c'est qu'ils ne peuvent se priver de certaines

commodités et jouissances. Pour s'en convaincre, il suffit de visiter leurs habitations, en général bien arrangées et garnies de meubles et ustensiles que ne possèdent pas la plupart de nos petits cultivateurs, bien qu'ils soient propriétaires et rachetés de toute dette. Presque tous possèdent des porcs, des vaches, des chevaux qui, consommant ia plus grande partie des produits de leurs jardins, les placent polir eux-mêmes sous la dépendance du magasin de rétablissement et les privent des profits qu'ils pourraient retirer de leurs excédants. Il faut cependant remarquer que le colon travailleur et économe, se confiant à la fois en lui-même et en son propriétaire, ne donne que peu d'importance à sa dette et vit satisfait. Quant au colon peu actif et dissipateur, les choses se passent d'une autre manière. Outre les causes indiquées qui agissent sur lui également, comme il compte sur le propriétaire pour le nourrir, ou il se livre au vagabondage, ou il s'emploie en travaux d'où il puisse retirer un lucre immédiat, même hors de la colonie, comme j'ai eu l'occasion de le voir de mes yeux, et, de cette façon, il cesse de bénéficier des caféieries qui sont confiées à ses soins, lesquelles, ainsi abandonnées, ne produisent rien et dépérissent; le pro* priétaire se trouve ainsi frustré à la fois de la part de récolte à laquelle il a droit, et de la part du colon, unique moyen sur lequel il compte pour son remboursement; de plus, les plantations éprouvent un préjudice de jour en jour plus grave, et le colon, désespérant de se racheter,

se plaint de son propriétaire, qu'il rend responsable de sa misère, dont il est Tunique auteur, n'ayant pas su utiliser les ressources mises à sa disposition. Voilà la cause principale des mécontentements qui se sont manifestés dans ces colonies et qui ont donné lieu aux événements de décembre. Les colons suisses, engagés par l'intermédiaire de diverses municipalités, pour la plupart étrangers au travail des champs, hommes de désordre, compromis dans les événements politiques qui ont troublé ce pays dans ces derniers temps, maîtres d'école, musiciens, tailleurs, pâtissiers , vagabonds enfin , dont se délivraient ainsi ces municipalités au prix de quelques avances pour le payement de leurs dettes et autres dépenses, une fois transportés dans les colonies, ne permettaient guère d'espérer que, changeant subitement d'habitudes, ils allaient devenir de bons travailleurs; c'est le contraire qu'on de-* vait craindre, et c'est le contraire qui est arrivé. Les uns se sont livrés au vagabondage*, les autres n'x)nt pu s'assu-^ jettir et s'adapter aux travaux agricoles, ayant suivi jus-> que-là des carrières fort différentes. Comptant sur les moyens de subsistance fournis par les propriétaires, ils ne se sont nullement inquiétés de leurs plantations et de l'amortissement graduel de leurs dettes, qui ont été, au contraire, en augmentation progressive. Dans cet état, il était naturel qu*ils recourussent à quelque expédient qui leur paraissait devoir améliorer leur position. Quelques rusés perturbateurs, profitant de ces dispositions et de

ortoica de la majeure partie des colons, eurent Tin-^ ieuse idée de tirer parti de quelques erreurs ou négli* de l'ex-^directeur, en les exagérant et en suscitant anoe contre le propriétaire, en faisant voir partout aude préméditée et le désir de s'enrichir aux dées colons. Ainsi s'expliquent ces événements aux^» ont beaucoup contribué sans nul doute les avauu'ont obtenus les colons insubordonnés d'Ubatuba. r penser ainsi, j'ai, outre d'autres raisons, la déclaral^H ci-jointe sous le n° 2, faite par tous les colons allem^H qui s'étaient joints aux Suisses, déclaration qui a él^Br eux confirmée devant moi verbalement, le témoi* des Suisses ^Angelica qui, presque unanimement, rotesté n'avoir aucune plainte à adresser aux proires, et qui ont signé la plainte présentée par les es d'Ibicaba sans la lire, entraînés par Dawatz et mann, maîtres d'école des deux colonies, lesquels r disaient qu'elle était juste et pour l'amélioration de r sort, et enfin dans la persuasion où étaient les colons ngédiés d'Ibicaba que le gouvernement leur ferait disbuer des terres, et dans cet espoir ils refusaient de s'enager pour d'autres fazendas. Cette conviction n'était pas seulement partagée par eux, et des colons d'autres établissements sont venus me demander des terres, certains qu'ils croyaient être que j'étais autorisé à en donner. Ce que j'affirme, c'est que cette insistance leur est suggérée par des personnes résidant dans la capitale. Mais, sur ce point, je ne puis m'aventurer sans informa-

lions plus positives, et, si je les obtiens, je les transmettrai à Votre Excellence.

L'état actuel de ces établissements ne réclame aucune mesure spéciale. Après avoir étudié et observé ceux que j*ai encore à visiter, j'aurai l'honneur de rappeler à Votre Excellence les mesures générales qui me paraissent propres à assurer leur marche réguUère.

Dieu garde Votre Excellence.

Fazenda do Morro-Azul, le 7 novembre 4857.

 rill. et Exe. M. le marquis de Olinda, président du conseil des ministres , ministre et secrétaire d'État des affaires de l'empire. Signé : Manoel de Jésus Valdeiara.

N"* • Traduction d'un document écrit en langue

allemande,

A M. Luis Vergueiro. — «Nous soussignés, colons de la Thuringe, nous vous demandons de ne pas nous garder rancune de la part que nous avons prise à la plainte contre la maison Vergueiro, et de continuer à nous traiter avec la même affection que vous nous avez toujours accordée.

« Nous avons été entraînés à prendre part à ce scandale, trompés par les promesses brillantes des Suisses , qui se disaient protégés par des personnes de Rio-Janeiro , et même par leurs menaces -, mais, dès que nous avons reconnu que les Suisses avaient autre chose dans l'esprit ,

en dehors de Tordre et des lois, aussitôt nous nous sommes éloignés d'eux comme vous le savez *, vous savez aussi que nous avons été menacés et attaqués plusieurs fois par les Suisses, mais nous nous confions dans votre protection et dans les lois du pays, et nous vous prions d'oublier ce que nous avons fait. Nous sommes satisfaits et nous déclarons que nous sommes traités conformément à notre contrat* )) [Suivent quaiorze signatures.)

G)nforme à Foriginal en allemand^ qui témoigne avoir été écrit par des personnes peu lettrées.

Fazenda do Morro Âzul, 6 novembre 4857.

Signé : Gustave- Adolphe Rets.

Illustre et Excellent Monsieur.

Après avoir terminé les enquêtes auxquelles j'ai procédé dans les colonies Sénateur Vergueiro et Angelicaj dont j'ai fait connaître le résultat à Votre Excellence par ma dépêche du 7 novembre dernier, poursuivant l'accomplissement de la mission qui m'a été donnée par la décision du 2 septembre, j'ai visité vingt-six autres colonies, dans lesquelles j'ai observé ce que je vais vous exposer.

CresciumaL — Cette colonie établie dans la fazenda du même nom, appartenant au sénateur Francisco Antonio de Souza Queiroz , située dans la commune de Perassununga , se compose de dix-sept familles brésiliennes , for-

lOant quatre-vingt-six individus , et trois familles portugaises , composées de quatorze personnes. Son régime est celui du contrat de Parceria , adopté dans la maison Vergueiro. Selon le témoignage de tous les colons et d'après les informations que j'ai prises , le contrat a été fidèlement observé par le propriétaire , mais non pas par un petit nombre de colons qui ont mal compris leurs obligations en ne soignant pas convenablement les caféiers qui leur sont confies. J'ai vérifié le fait de mes propres yeux et ils Tout reconnu eux-mêmes , alléguant pour leur justification leurs propres maladies ou celles de leurs familles.

Les carnets étaient tenus avec toute la clarté désirable et ils concordaient parfaitement avec le grand-livre de la colonie. Les prix des vivres fournis aux colons sont réguliers et les mesures sont en rapport les unes avec les autres , quoiqu'elles ne soient pas étalonnées ] comparées avec une qui Test, il s'est trouvé qu'elles étaient plus fortes, mais cela ne prouve pas qu'elles ne soient pas légales , attendu la variété et le manque d'uniformité que j'ai remarqué entre celles qui ont été étalonnées dans divers bourgs ou villes ,de la province , et quelquefois dans le même bourg et la même ville* Les poids sont dans le même cas , mais c'est au préjudice du propriétaire qui se sert de ces poids pour les fournitures qu il fait. Les cases sont de vingt-cinq palmes de façade sur quarante de profondeur , avec un jardin suffisant, et elles coûtent six mille réis de loyer par an.

S.Jéronymo. — Cette colonie existant dans la fazenda de ce nom, appartient au même sénateur : elle est située dans la commune de Limeira ; elle se compose de soixanteseize familles allemapdes et suisses , formant trois centdix-sept personnes ; c'est le même régime de contrats avec de légères modifications , dont la plus importante est celle qui substitue à Tobligation imposée au propriétaire de permettre aux colons de planter dans ses terres ce qui est nécessaire pour leur subsistance avec droit à la moitié des excédants, l'arrentement à un prix modique de la portion de terre qui leur convient; tout ce qu'ils y plantent appartenant aux colons sans aucune autre charge. Le contrat a été observé. Les colons vivent satisfaits 5 au témoignage même des propriétaires ils sont tous plus ou moins laborieux, à l'exception d'une famille suisse allemande qu'il tient comme propre à rien et incorrigible.

Les carnets sont tenus avec toute la spécification nécessaire et concordent avec le grand livre* Les prix sont raisonnables et les poids étalonnés. Cependant ayant comparé la mesure de l'alqueire qui sert à recevoir le café des colons avec le demi-alqueire qui sert à peser les vivres, J'ai reconnu qu'il y avait à celle-là une petite différence en plus, bien que toutes deux soient étalonnées dans le même bourg, ce qui confirme ce que j'ai dit plus haut sur ce sujet. Je dois toutefois ajouter que le propriétaire ayant reconnu que la première mesure de l'alqueire était plus forte , il l'a fait raccourcir et mettre en rapport avec celle du demi-alqueire étalonnée , et qu'il a payé aux colons la

portion de café qu'il avait pu recevoir en trop. Il y a quelque temps, les colons se plaignirent de ce que la mesure n'était pas étalonnée , et aussitôt le propriétaire fit faire la mesure actuelle et la fit étalonner, en présence d'un colon désigné par les autres. Les cases ont les mêmes dimensions que celles dont nous venons de parler et les colons payent le même loyer.

Santa Barbara. — Cette colonie commence à s'établir dans la même fazenda, à une demi-lieue de la précédente, et elle se compose de trente-huit familles brésiliennes avec deux cent douze individus. Elle est soumise au même contrat qui est observé par les deux parties j les colons et le propriétaire étant réciproquement satisfaits. Quant aux * comptes , écritures , poids et mesures , je me réfère à ce que j'ai dit plus haut. Pour le moment, les colons habitent dans de petites maisonnettes en paille , dont ils ne payent aucun loyer, jusqu'à ce qu'on leur ait construit dans un lieu convenable des cases en tout semblables à celles des deux colonies précédentes.

MorrO'Azul. — Cette colonie a été fondée par Joaquim- Franco Camargo dans sa fazenda, située dans la même commune. Elle se compose de vingt familles, dont huit brésiliennes avec soixante-neuf personnes ; neuf portugaises avec trente-cinq personnes; une allemande avec neuf individus et deux suisses-françaises avec dix : en tout cent vingt-trois personnes. Elle est régie par le même contrat de Parceria avec celte modification à Té-

gard de deux femilles récemment admises, ({û'elles payent 12 0/0 d'intérêt des avances et Tune d'elles reçoit 400 réis par alqueire de la part de café qui lui appartient. En général ces colons sont satisfaits, cependant le pro* priétaire se montre mécontent des deux familles suisses, qui travaillent peu, et d'une famille brésilienne, à cause de la mauvaise conduite du chef. Les prix sont raisonna • blés et les écritures des carnets claires et exactes. Cette colonie toutefois ne parait pas devoir durer et prospérer, parce que le propriétaire n'a pas la conviction de ses avantagea et qu'il s'imagine que , même au prix de quelques sacrifices pécuniaires, le service des noirs est préférable au travail des hommes libres.' Je pense que les intérêts à 12 0/0 stipulés dans les nouveaux contrats sont excessivement onéreux aux colons.

Boa-Visla. Cette colonie, fondée par Benedetto-Antonio Camargo dans sa fazenda du même nom, située dans la commune de Saint-Joào de Rio-Claro, se compose de 27 familles, dont 1 1 portugaises, 6 brésiliennes, 7 suisses et 3 allemandes, en tout 148 personnes. Le contrat est'le même que dans les colonies précédentes, avec cette différence, quant aux Allemands et aux Suisses, qu'ils sont affranchis d'intérêt pour leurs avances et que leur habitation est gratuite pendant quatre années, selon le contrat par eux passé à Hambourg avec les agents du

sénateur Vergueiro.

Cetlp dernière clause n'a pas été exécutée, le propriétaire ayant exigé, dès la seconde année, le loyer de la case où lia demeurent , sous prétexte que cett^ clause n'obligeait que M. Yergueiro. Je lui ai fait voir qu'il se trompait et que le contrat lui avait été transféré avec tous les droits et obligations qui y sont stipulés. Il s'est tenu pour convaincu, et il a promis de bonifier aux colons ce qu'il leur avait indûment retenu à ce titre« Quelques colons se sont aussi plaints d'avoir été injustement maltraités sous divers prétextes par le prédécesseur du directeur actuel de la colonie, ce qu'a reconnu le propriétaire et il a déclaré qu'il les dégagerait de toutes les amendes infligées par l'ex-directeur. Les écritures sont en ordre et les carnets concordent avec le grand-livre de la colonie -, mais les prix, réglés en général sur ceux de la ville voisine, sont, en un petit nombre de cas, très-élevés. Les poids sont étalonnés et les mesures exactes entre elles ; j'ai envoyé celles-ci à la ville pour qu'elles fussent étalonnées, et elles se sont trouvées conformes à l'étalon. Quelques colons cependant ont déclaré que, pendant trois ans, il y a eu une mespre d'alqueire trop grande, qui se brisa, et que les nouvelles, à deux reprises différentes, ont été raccourcijâs. 11 n'a pas été possible d*éclaircir le fait. B est certain toutefois que ce propriétaire a déjà été cité en justice par quelques-uns de ses colons pour des questions relatives à rétablissement des comptes, au prix des denrées, etc. Dernièrement, six familles portugaises s'évade*

— errent de la colonie, par le conseil et Tappui, selon le renseignement qui m'a été donné, d'un sieur Torquato de Silva Leito, résidant dans la ville de la Constitution^ et qui se donne pour délégué du vice-consul portugais, ayant été par celui-ci chargé de le représenter dans une cause de la compétence du juge des absents. Les cases de cette colonie ont SI palmes de façade sur 35 de profondeur, avec un jardin suffisant. Le loyer est.de i2,000 réis par an.

Bery et Cauviiinga^ fondées toutes deux par le docteur José Elias Pacheco Jordâo , dans sa fazenda , située dans la même commune, à une demi-lieue de distance dé la précédente, ces colonies se composent de trente-etune familles» dont vingt-cinq suisses et allemandes, et six brésiliennes, avec cent cinquante-six personnes. Le régime est celui de la Parceria^ d'après les mêmes contrats adoptés dans les autres colonies. Des déclarations des colons, combinées avec les explications données par le propriétaire et des autres éclaircissements que j'ai pu obtenir, il résulté qu'à leur arrivée les colons ont pris possession de terrains suffisants et mis en état pour la plantation de ce qui était nécessaire pour leur subsistance, et qu'ils ont reçu du propriétaire ce dont ils avaient besoin, mais que lés caféiers qui leur avaient été livrés, étant en partie nouveaux, ont donné peu de produit. D'un autre côté, la majeure partie des colons suisses et quelques colons allemands se sont montrés relâchés et

peu soigneux dans raccomplissement dé leurs devoirs; ils n'ont pas donné les soins convenables à leurs caféiers et ils se sont affranchis de tout travail depuis Tarrivée sur les lieux des commissaires suisse^, qui les ont excités à cet oubli de leurs devoirs par leur imprudente manière de procéder. En effet, à peine arrivés et après avoir entendu les plaintes des colons, ils exprimèrent diverses exigences au propriétaire, qui, en ayant écarté quelques-unes, fut menacé de la retraite des colons-, à quoi il répondit que, loin de s'y opposer, il était disposé à la faciliter, en faisant une réduction de 10 0/0 sur les sommes tjui lui étaient dues. Le docteur Heusser, acceptant la proposition, annonça aux colons que, sous huit jours, ils passeraient dans un autre établissement, sur la commune de Campinas, où ils jouiraient de plus grands avantages, et qu'ils eussent à se préparer pour ce changement en recueillant et vendant leurs denrées et tout ce dont ils pouvaient disposer. A l'exception de cinq familles, toutes les autres suivirent ce conseil et cessèrent de travailler*, ce que voyant, le propriétaire leur refusa toute assistance. Les commissaires se retirèrent sans remplir leurs promesses, laissant la colonie en désordre et leurs compatriotes dans une position pire qu'auparavant. La majeure partie, désabusée au bout de trois mois, reprit son travail et obtint de nouveau l'assistance du propriétaire. Cinq familles toutefois se maintinrent dans l'oisiveté et par conséquent dans la

pénurie, et elles y sont encore. Quelques-uns disaient , que Schlitter, un des chefs de la révolte dlbicaba, avait écrit de la capitale, leur affirmant qu'il était question d'obtenir pour eux des terres qui leur appartiendraient, et que tôt ou tard cela arriverait. Ayant examiné les mesures qui sont d'un quart et d'un alqueire, j'ai reconnu qu'elles ne sont pa^éialonnée43-, mais les deux premières sont exactes, comparées à une mesure étalonnée. Il n'en est pas de même de l'alqueire, avec lequel se mesure le café reçu des colons, lequel a une différence en plus d'un demi-litron environ. Quelques colons ont affirmé que cette différence était beaucoup plus grande jusqu'à l'arrivée des commissaires suisses, ce que le propriétaire ne nie point ; car il a déclaré qu'en effet la mesure était plus forte, mais que, pour cela même, jusqu'au moment où elle a été raccourcie, il recevait seulement des colons deux et demi-«Iqueires, au lieu de trois que porte le contrat. Les poids d'un demi-arrobe sont étalonnés, mais il en existe un d'un arrobe qui ne l'est pas et qui est plus fort. Les écritures du grand-livre de la colonie sont faites avec un certain ordre ; mais les cahiers des colons, bien qu'ils mentionnent les vivres reçus, sont en grand retard en ce qui touche le règlement des comptes, les récoltes de 1855 et 1856 n'y étant pas encore portées, et les colons ignorant ce qu'ont rendu ces récoltes et ce qu'ils doivent. Cette liquidation toutefois est faite dans le grand-livre; mais là se rencontre une erreur. On a perçu l'intérêt de

6 0/0 pour des avances faites sans intérêt à quelques colons par leurs municipalités; c'est sans doute par le mèmjB malentendu qui a eu lieu dans la colonie Sénateur Vergueiro^ dont j ai parlé dans ma dépêche du 7 novembre dernier. Le propriétaire a eu égard à mes observations, et il a promis de bonifier aux colons les sommes indûment perçues ou portées à leur débit.

Les cases ont vingt-cinq palmes de façade et trente-cinq de profondeur, et leur loyer est de 12,000 réls. Quelques colons avaient, d'après leur contrat passé à Hambourg, droit à rhabitation gratuite pour quatre ans \ le propriétaire s'imaginait que cette clause ne l'obligeait pas, parce que le contrat n'était pas passé avec lui , mais avec M. Yergueiro, et il avait consenti par faveur à les exempter de loyer pendant trois années*, mais, sur quelques observations que je lui fis, il a paru convaincu du contraire. Dans ces colonies il n'existe pas de directeur ni de commis, ni aucun des employés nécessaires à son administra-, tion, ce qui est généralement attribué au caractère irritable et peu généreux du propriétaire. Les colons, sauf peu d'exceptions, vivent mal avec lui, et lui mal avec eux. En raison de cela et de tout ce que j aï vu dans l'établissement, je pense que, loin de prospérer, il ne promet qu une bien courte durée.

Saint'Laurenço. Cette colonie, créée dans la fazenda eu même nom, appartenant au commandeur Luiz Antonio

de Souza Barros, située dans la commune de la Constitution^ se compose de trente«-six familles suisses^ vingt-huit allemandes et une brésilienne, en tout soixante«cinq, avec trois cent trente-deux personnes. Là, comme dans les précédentes, le régime est celui du contrât de Parceria de la maison Yergueiro et O, qui a été religieusement exécuté par le propriétaire , mais non par une grande partie des colons suisses, qui ne soignent pas leurs caféiers, s'occupent peu dé leurs plantations de vivres, et recueillent encore moins, parce qu'ils ne dégagent pas le terrain des mauvaises )ierbes, et se montrent cependant mécontents et se plaignent de leur propriétaire. Dans les comptes, je n'ai rencontré qu'une irrégularité : on avait porté indûment les intérêts pour des avances faites saris intérêt à quelques colons suisses par leurs municipalités. J'ai appelé sur ce point l'attention du directeur qui m'a assuré que Terreur serait réparée dans la forme indiquée par moi, car il avait l'ordre du propriétaire de se conformer en tout à mes observations. Le reste des écritures était dans le meilleur ordre , et les carnets dont les inscriptions sont faites avec la plus grande clarté et précision, eoncordent en tout avec le livré de la colonie. Les poids sont étalonnés, et, parmi les mesures, le demi-alqueire l'est aussi, mais les autres mesures comparées à celte-d sont exaêtes. Quelques colons otit affirmé que des deux mesures d'alqueire avec lesquelles on recevait le café, Tune était trop grande et qu'on Ta raccourcie de trois

doigts, mais le directeur a nié le fait, en disant qu'elle ne dépassait pas la hauteur légale d'un demi-pouce. Je n'ai pu vérifier le fait. Les cases ont quarante palmes de façade et autant de profondeur, le jardin est convenable et le loyer est de 12,000 réis. Cette colonie a une école où on enseigne à lire, à écrire et à compter en allemand et eni portugais.

JSoorVista. Cette colonie, fondée dans la fazenda du même nom, appartenant à dona Anna Joaquina Nogueira de Oliveira, située dans la commune de San-Joâo de Rio* Claro, se compose de neuf familles de Portugais avec trente-huit personnes et d'une famille prussienne avec huit, en tout quarante-six personnes. Le contrat passé à Porto, devant les autorités locales par un agent de la maison Yergueiro et C^, est le même quç celui adopté pour les colonies de cette maison. Mais en arrivant au Brésil, ces colons furent transférés à la propriétaire de Boa-Yista, qui passa avec eux un nouveau contrat qui stipule des intérêts à 12 0/0 et le prix de 400 réis par alqueire Je café appartenant au colon, ainsi que d'autres modifications. Quelques colons ont déclaré qu'ils ont signé ce dernier traité par ignorance, qu'il ne leur convient pas et qu'il est plus onéreux que le premier.' Il me semble vraiment que ce dernier contrat ne peut subsister, puisque, sans parler de plusieurs autres raisons,* il suffit , pour rinvalider, de ce fait que les colons ont été introduits par

— râla maison Vergueiro en vertu d'un contrat passé par elle avec le gouvernement provincial , dans lequel il est expressément stipulé cette condition : que les contrats faits entre les cultivateurs et les colons seront passés avec Fassentiment de la maison Vergueiro et selon les bases mêmes sur lesquelles les colons ont traité dans leur pays. Je dois cependant déclarer que j'attribue le procédé de la propriétaire plutôt à Fignorance qu'au dol. Les écritures sont en ordre et les carnets conformes au grandlivre de la colonie. Les mesures qui existent sont d'un demi-quart, d'un quart et d'un demi-alqueire. Aucune d'elles n'est étalonnée, et les deux dernières sont en rapport Tune avec l'autre, mais non avec la première. Les cases sont gratuites par la volonté de la propriétaire, qui se plaint de la manière dont les Portugais entretiennent leurs demeures. Les colons se montrent en général satisfaits.

S. Jodo de Atorro grande. Cette colonie, établie par Joào Ribeiro do Santos Camargo dans sa fazenda du même nom, située dans la même commune, se compose actuellement de cinq familles portugaises et deux brésiliennes. Elle est régie par le contrat de Parreria^ comme les autres, et ce contrat est bien exécuté, car les colons sont satisfaits, à l'exception d'un qui dit vouloir s'en aller, sans dire pourquoi. Il n'y a pas d'autres écritures que les car- . nets dont les entrées ne sont pas faites avec la régularité

voulue, car on n'a fait audune liquidation ou règlement de compte depuis l'origine de la colonie en 1853. Les poids sont étalonnés, et en fait de mesures, il n'y a qu'un quart et un demi-quart d'alqtieire qui ne sont pas étalonnée, mais qui concordent entre eux.

Tatû. €ette colonie, fondée par Gandido José da i^lva Serra dans sa fazenda située dans la commune de Limeira, se compose de vingt-sept familles de Portugais avec cent huit personnes. Presque tous ces colons ont été engagés par la maison Yergueiro, en exécution du contrat déjà mentionné, fait avec le gouvernement provincisil ; malgré cela , le propriétaire, sans doute par ignorance de ses dispositions, a fait avec les colons un nouveau contrat qui contient quelques clauses pilus onéreuses pour le colon que celles qu'il a stipulées dans son pays, comme, par exemple, le payement de 12 0/0 pour intérêt des avances, au lieu de l'intérêt légal, et l'obligation de retirer le café du séchoir quand cela sera nécessaire, pour le préserver de h jbfltiié ou autre contre-temps, ei en ocrtreV obligation de payer 400 réi^ de bonification par airobe. Mais le propriétaire, hom^e de hcfû sens et d'un cairactère honnête , qtioic(ue peu lettré, a en partie corrigé ces désavantages, en lenr concédant l'habitation gratuite, en réduisant dès la seconde année l'Intérêt à 10 0/0 et en leur «ècôrdant d'autres lavenrs; de sorte qcre les colons, à l'exception de deuX; vivent satisfaits, et seize fanrines, ddnt quelques-

unes sont vennes en iSSS, ont déjà payé leurâ dettes. Une d'elles, dont la dette était à son arrivée de 920,000 réis, a reçu environ 300,000 réis de solde. Les écrilUres â6nt en trfes-bon ordre : les carnets sont tenus atec une parfaite clarté et s'accordent parfaitement avec le livre de la colonie. Quant aux mesures, il en existe une d'un quart d'alqueire étalonnée, et une autre non étalonnée d*un alqueire, laquelle est trop grande, comparativement à Fautre, d'environ trois doigts. Les cases ont vingt-cinq palmes de façade sur trente-cinq de profondeur, avec un jardin.

Capiiâo Dintz. Cette colonie a été depuis peu fondée par le capitaine Joaquim da Silva Diniz, dans sa fazenda de Bom-Retiro, située dans la même commune. Elle âe compose de huit familles du Holstein avec trenté^quatre personnes. Elle est régie par le contrat de Parceria^ généralement adopté avec queilques modiflcatlonâ dont tôiéi les plus importantes : 1* Les colons ne payent pas d'intérêt ponr les avances faites par le propriétaire-, 2® ils r^ çoitent 480 réis pat alqueire du café qtii leur appartient', 3** ib ont r habitation gratuite-, i^ le propriétaire n'a pas la moitié dans les excédants de denrées alimen* taires vendus par les colons; 8* chaque famille reçoit deux arrobes de café par an, et elle paye ce qui lui manque pour son usage au prix de 3,000 réis l'arrobe, quel que soit le prix du marché. Les colons sont satisfaits et ils déclarent tous que le contrat a été fidèlement

observé. Les poids sont étalonnés, il n'en est pas de même des mesures qui sont cependant en parfaite concordance entre elles. Les cases sont pour le moment couvertes de paille; elles ont 20 palmes de façade sur 30 de profondeur, avec des jardins dont un quart est planté. Il faut noter que toutes ces familles étaient déjà dans d'autres colonies, d'où elles sont venues dans celle-ci, de Taccord des propriétaires.

Boa Esperança, Cette colonie, fondée en 1856 par Antonio de Carmargo Gampos dans sa fazenda située dans la commune de Campinas, se compose de quatorze familles allemandes, trois portugaises et une brésilienne, avec soixante-seize personnes. C*est toujours le contrat de Parceria^ mais avec des conditions plus onéreuses pour les colons ^que celles adoptées dans les colonies de la maison Vergueiro, d'après lesquelles ils ont été presque tous engagés en Europe par cette maison, qui ne parait pas avoir été consultée pour les nouvelles clauses. Pour quelques colons, l'abus change d'aspect, les anciens contrats étant modifiés non par de nouvaux, mais par des dispositions réglementaires. Les suppléments de vivres pour les colons sont distribués avec une extrême parcimonie. De leur côté, les colons sont dégoûtés et remplissent mal leurs devoirs, et le propriétaire à son tour se plaint d'eux. Dans de telles conditions cet établissement ne peut s'accroître et il ne saurait même durer long-

temps. Les écritures sont en ordre et les carnets concordent avec le livre de la colonie. Les mesures sont étalonnées, excepté celle de Talqueire, avec lequel on reçoit le café, qui cependant est en parfait rapport avec les autres.

Boa Visia, établie dans la fazenda du même nom, appartenant à Fldriano Camargo Penteado. Cette colonie dépend de la même commune : elle se compose de dix familles allemandes, sept suisses, quatre portugaises et deux brésiliennes. C'est toujours le contrat de Parceria avec quelques modifications telles que celles-ci : 1® Les colons reçoivent 400 réis par alqueire de leur part de café, la mesure étant non à ras, mais avec sur-mesure; ^ le propriétaire n'a pas la moitié dans les excédants des produits alimentaires; 3® les colons ont Tbabitation gratuite et du pâturage pour une bête. Sauf quelques abus de la part des colons, qui ont planté où il ne leur était pas permis de le faire^ abus qui ont été réprimés par le propriétaire avec la modération convenable, le contrat a été observé et rétablissement marche régulièrement. Les écritures sont en ordre : on a commis la même erreur de percevoir 6 0/0 d'intérêt pour des avances faites à quelques Suisses par leurs municipalités. Le propriétaire, auquel j'ai expliqué comment devait être entendu le contrat, a ordonné au directeur de créditer ces colons des sommes dont on les avait indûment débités. Les poids

sopt poinçonnés ainsi quo les mesures d'un quart et d*un demi-quart, qui sont en rapport Tune avee Vautre. Il n'en est pas ainsi de Valqu^ire qui sert à mesurer le café des colons, et qui contient deux demirlitrons de plus, en y comprenant la sur-mesure dont parle le contrat, tout cela d'accord avec les colons.

Les cases ont 20 palmes de façade sur 40 de profondeur.

Je ne puis omettre de mentionner ici un fait qui honore le propriétaire de cet établissement, et le caractère brésilien si calomnié par des aventurier» ignorants ou pervers. Il o^iste ici un colon suisse-allemand dont la femme mQurut peu de temps après son arrivée, laissant quatre enfants en bas âge, dont un n'avait que quelques mois. Le propriétaire se chargea aussitôt de cet enfant et lui donna une nourriceet tout le nécessaire. Peu 4e temps après, le père fut attaqué d'une forte ophthalmie : il fut installé avec toute sa famille dans la fazenda el, bien qu'il ait été coKivepablement soigné, il eut le malheur de devenir aveugle, e(, aujourd'hui, il est, ainsi que tous ses enfants, à la charge du propriétaire, qui leur fournit tout gratuitement depuis le commencement de sa maladie, sans espoir d'être jamais remboursé de la dette que cette famille avait contractée à son arrivée, et qui dépasse 80a,0Q0 réis.

Taj^ay colonie fondée dans la fazenda du même

nom, appartenant à dona Maria Innocentia de Souza, située dans la même commune, se compose de neuf familles allemandes et six suisses, avec soixante-sept personnes. Elle est régie par le contrat de Parceria^ de la maison Vergueiro. Là aussi on a commis Terreur ou l'oubli de regarder les avances faites à quelques colons par leurs municipalités comme étant soumises à un intérêt de 6 0/0. Cette erreur a été réparée sur mes observations.

Sauf ce point, les écritures sont régulières et les carnets concordent en tout avec le livre de la colonie. Il v a des mesures d'un quart et d'un demi-alqueire et d'un alqueire^ aucune n'est étalonnée, et elles ne sont pas en rapport les unes avec les autres. Deux quarts ne donnent pas le demi-alqueire ; deux demis donnent plus que l'alqueire entier. Les cases sont en torchis, couvertes en tuiles \ elles ont vingt-cinq palmes de façade et quarante de profondeur. Le loyer est de 6,000 réis par an.

Silio Novo , fondée dans la fazenda d'Antonia-Rodigues Barbosa, située dans la même commune; cette colonie se compose de 5 fomilles allemandes et 4 portugaises avec 43 personnes. Elle est régie par le contrat ordinaire de Parceriu^ avec quelques modifications : il a été observé fidèlement. Le propriétaire et les colons se montrent également satisfaits. Les carnets tenus avec la clarté convenable concordent avec le livre de la colonie. En finit de mesures, il en existe d'un quart et d*un demi-al-

qiieire, qui ne sont pas étalonnées; mais elles concordent entre elles. Les poids aussi ne sont pas poinçonnés.

Seie Quedas , fondée par Joaquim-Bonifacio de Amaral dans sa fazenda du même nom, située dans la même commune ; cette colonie compte 8 familles allemandes et 8 brésiliennes. Cest toujours le même contrat de Parce-ria avec quelques altérations, dont Tune consiste dans la stipulation d'intérêts réciproques de 8 0/0. Il a été fidèlement exécuté, et le propriétaire et les colons sont très-satisfaits. Les écritures sont dans le meilleur ordre, et les entrées des carnets coïncident en tout avec le livre de la colonie.

Il existe là deux mesures d'un demi-quart, deux d'un quart, deux d'un demi-alqueire étalonnées, et qui cependant ne concordent pas entre elles. En outre, il y a une mesure d'alqueire non étalonnée, qui, comparée avec celle d'un demi-alqueire, a de plus environ un demi-quart-, de telle sorte que le propriétaire a reçu seulement 2 et 3 quarts d'alqueire par arrobe, au lieu de 3 alqueires au terme du contrat et cela conste des carnets. Les cases sont : les unes de 35 palmes de façade sur 40 de profondeur, et les autres de 23 sur 35, toutes avec des jardins de 400 brasses carrées. Le loyer est de 8,000 réis pour les plus grandes et de 5,400 réis pour les autres.

Laranjal. Cette colonie, fondée par Luciano-Teixeira Nogueira, en juillet 1856, dans sa fazenda située au même

muQÎcipe, SQ compose de 22 familles de Suisses-français et de 14 Belges, avec 146 personnes. Les conILrats en

vertu desquels ils sont venus d'Europe, sont les mêmes que ceux de la maison Yergueiro qui les a engagés. Mais depuis leur arrivée ils ont été modifiés : on a stipulé les intérêts à 12 0/0 pour les premières avances et on a conservé ceux de 6 pour les vivres fournis. Malgré cette altération, les colons en général se montrent satisfaits, et reconnaissent que le propriétaire a fidèlement rempli son contrat. Celui-ci est satisfait de son côté.

Quant aux écritures, il n'y a rien à dire, sinon qu'on a aussi porté indûment des intérêts pour les avances fai* tes par les municipalités suisses. Cette erreur, du reste, a été réparée là comme ailleurs, dès que je l'ai signalée. Les poids sont étalonnés : il n'en n'est pas ainsi des me^ sures, parmi lesquelles celles d'un quart et d'un demiquart concordent entre elles, ainsi que celle de Talqueire et du demi-alqueire, mais l'accord n'existe pas entre celles-ci et les premières. Les caseront 25 palmes de façade sur 40 de profondeur, outre unjardiii, et elles coû* tent 6,000 réis de loyer.

Florence. Cette colonie fondée dans la fazenda d'Hercule Florence, dans la même commune, se compose de 2 familles suisses allemandes avec 18 personnes. Elle est régie par le contrat Vergueiro dont les clauses sont observées et les parties sont satisfaites. Dans les écritures qui

sont bien tenues, on a porté les intérêts des avances faites par les municipalités suisses. Cette erreur a été réparée comme partout. Les poids sont étalonnés, mais non les mesures ; il y a parfaite concordance entre le quart et Talqueire, mais non entre ces mesures et le demi-alqueire. Lés cases ont 25 palmes de façade et 30 de profondeur,, outre un jardin ; elles sont gratuites*

Dâres. Cette colonie, fondée par Pedro-José de Santos- Camargo dans sa fazenda située dans la même commune, se compose de 6 familles portugaises avec 25 personnes. Le contrat est le même que celui de la maison Yergueiror avec cette différence que les intérêts sont de 1 0/0 par mois, et que les colons sont obligés à aider au travail du séchoir dans les moments de pluie. Cette démise clause a été pou appliquée, mais quant à l'autre on voit par les carnets et le livre de la colonie, qu'on a perçu l'intérêt de \ 0/0 par mois. Pour tout le reste, le contrat a été exécuté fidèlement et les colons sont en général satisfaits; il n'en est pas de même du propriétaire qui désire en finir avec cet établissement et qui en finira dès qu'il pourra le faire sans trop grand préjudice. Les écritures sont régulières : les poids sont poinçonnés; quant aux mesures il n'en existe qu'une d'un demi-alqueire que le propric^ taire affirme avoir été étalonnée, mais qui n'en conserve pns de marques. L'habitation est gratuite dans des mai* sons de 25 palmes de façade sur 35 de profondeur.

San-Francisco. Cette colonie^ fondée par Francisco d© Camardo de Penteado dans sa fazenda silaée dans la même commune, se compose de huit familles allemandes, une sufsse-française, une portugaise, en tout quarante-sept personnes. C'est un contrat delocation. Le propriétaire permet aux colons de planter dans les terres ce qui leur est né* cessaire pour leur subsistance. Il les assiste de son argent toutes les fois qu'ils ne peuvent pourvoir par eux-mêmes à leur entretien, il leur donne Thabitation gratuite ainsi que le pâturage pour les animaux, et il leur paye 400 réîs par alqueîre pour tout le café qu'ils cultivent et récoltent. Les colons se montrent satisfaits, à l'exception de deux qui expriment le désir de se retirer, sans donnei* de raisons plausibles. Il n'existe qu'un carnëtsur lequel le propriétaire inscrit les sommes qu'il donne aux colons, lesquels n'ont point eux-mêmes de carnets. Il n'y a d'autres mesures qu'un alqueire fait par les colons qui s'en déclarent satisfaits. Les cases ont 24 palmes de façade sur 34 de profondeur.

Boa-Vùta. Cette colonie, fondée dans la fazenda de Jôao-Leitode MoraesCunha, située dans la commune d'Amparo, se compose de seize familles suisses allemandes avec soixante-onze personnes. Elle est régie par le contrat de la maison Yergueiro, qui a fait leur engagement. Le contrat a été observé, si ce n'est qu'on a désigné à quelques colons pour la culture de leurs vivres un lieu peu pro-

pre à cet objet, parce qu'il est fort exposé au vent II faut toutefois faire observer que la plus grande partie de3 terres de la fazenda e9t exposée au même incouvéoient, d'après ce que m*a dit le directeur. Six colons se sont plaints de ce qu'une partie du café de leur récolte de Tan dernier leur a été prise en compte à 280 réis Talqueire, sans qu'on leur ait donné la raison d'une telle difTérence. Ce fait est resté i vérifier, parce que le propriétaire n'était pas présent et que le directeur ne pouvait donner aucun éclaircissement, la chose s'étant passée avant son arrivée dans la colonie. Les écritures étaient régulières et les carnets étaient d'accord avec le livre de la colonie, quoiqu'il faille remarquer que les comptes n'avaient pas été réglés depuis deux ans. Les prix des vivres fournis aux colons sont réguliers, cependant dans quelques cas ils sont plus élevés qu'a la ville voisine. Les mesures d'un quart, d'un demi-alqueire et d'un alqueire, sont en rapport les uns avec les autres, quoiqu'elles ne soient pas étalonnées, pas plus que les poids. Les cases ont 30 palmes de façade sur 40 de profondeur, elles sont gratuites, ainsi que le pâturage des animaux.

S. Joajuim, Cette colonie, fondée par lo docteur Joaquim*Hariano Galvio de Moura-LMeida , danç la même commune, se compose de vingt-trcùs bmîlles portugaises et cinq suisses -linnçaises. Les Portii^gaîs ont signé i Porto, avec Tagent de la oiaisoa Teiigucàro, le

contrat de Parceriâ à Tûsage de cette maison; Arrivée i Santos, ils passèrent, en présence de leur vice-^consul, un autre contrat avec le propriétaire, dans lequel on stipula un intérêt de 8 0/0 au lieu de Tintérêt légal porté au neontrat primitif. Le$ familles suisses sont venues d'autres colonies dans celle-ci, les unes se soumettant au même tîotltrat, les autres convenant avec le propriétaire de planter des caféier^ et d'eii tirer profit pendant trois ans, en touchant annuellement 100,000 réîs pour chaque 1,000 pieds*, on leur abandonnait, en outre, tous les -produits alimentaires qu'ils pourraient retirer des terres où seraient plantés les caféiers. Le propriétaire a fidèlement observé le contrat, et, comme il a reconnu que les caféiers distribués auit premiers colons ne produisaient •pas suffisamment, il les a indemnisés généreusement de ce préjudice en abandonnant, pour la première année, les intérêts de ses avances, ainsi que le prix des vivres qu'il leur avait fournis. Les colons vivent contents^ il n'y a qu'un Portugais d'un caractère turbulent et adonné à l'ivrognerie qui dît vouloir se retirer parce qu'il n'est pas bien avec ses compatriotes.

Les écritures sont en ordre et les carnets concordent avec le livre de la colonie. Les mesures d'un quart et d'un denfi-quart d'alqueire concordent entre elles, mais elles ne sont pas étalonnées. Dans cette colonie, il n'existe pas d'esclaves ni de service de cdlure, et les colons habitent gratuitement les senzaîas (cases de nègres) de la fazehda,

jusqu'à eequo les cases qu*on construit pour eux soient terminées,

S, Joaquim. Cette colonie, fondée dans la fazenda du même nom, appartenant au lieutenant colonel Joaquim-Benedetto de Queiroz-Telles, située dans la commune de Jundiahy, se compose de sept familles suisses-allemandes, avec trente-quatre personnes. Elle est régie par le même contrat Vergueiro, qui a été fidèlement observé, tous les colons se montrant satisfaits, à l'exception d'un qui se dit mécontent, sans donner un motif plausible. Le propriétaire avait d*abord assisté les colons en leur fournissant le nécessaire pour leur subsistance*, il a depuis adopté le système de leur donner la moitié du rendement net de chaque année et de ne leur rien fournir de plus. Les carnets concordent avec le livre de la colonie : il faut seulement signaler dans les écritures cette erreur d'avoir imputé les intérêts des avances faites par les municipalités, erreur qui a été immédiatement réparée. La mesure du demi-alqueire est étalonnée *, il n'en est pas de même de l'alqueire qui sert à recevoir le café et qui, comparée avec la première, est un peu plus grande. Les cases ont vingt-cinq palmes de façade sur quarante de proCondeur; elles sont gratuites, ainsi que la dépaissance des animaux.

S. Antonio. Cette colonie, fondée par le commandeur Antonio de Queiroz-Telles , dans sa fazenda située

dans la même cotnmune, se compose de quatorze familles suisses-aUeman<îes, avec soixante-huit personnes.

Le contrat est le même, et ri a été aussi fidèlement observé. Les écritures sont dans le meilleur ordre, et, comme jusqu'ici on n'a pas porté les intérêts des dettes des colons, il n'y a pas eu Terreur signalée plus haut quant aux avances des municipalités. Le directeur a été prévenu sur ce point. Les mesures sont d'un demi-alqueire et d'un alqueire-, elles ne sont pas étalonnées, mais elles concordent entre elles. Les cases ont quarante palmes de façade sur quarante de profondeur ; elles ont été gratuites jusqu'à l'année dernière, mais elles payeront dès cette année un loyer de 12,000 réis.

S» José da Lagoa. Fondée dans la fazenda de ce nom, appartenant au colonel Ântonio-Joaqùim Pereira* Guimarâes , cette colonie se compose de sept familles suisses-allemandes, avec trente-huit personnes* Le con^ Irat, toujours le même, a été observé par le propriétaire, et, bien que quelques colons se soient plaints que la terre produit peu pitrce qu'il y a beaucoup de pierres, il est certain que ceux-ci sont de mauvais travailleurs, qu'ils ne soignent pas comme ils le doivent les plantations de caféiers qui leur sont confiées, et que c'est pour cela qu'ils n'ont qu'une récolte insuffisante. Les carnets et le livre de la colonie sont tenus avec ordre et concordent entre eux. On avait aussi, dans celte colonie, débité les

colons de riritérèt des avances faites par les mahicîpàliiés, mais Terreur a été rectifiée dès que je Tai signalée « Il existe une mesure d'un demi-alqueire étalonnée , et , pour recevoir le café des colons, on se sert d'un jaca ou panier de canne, qui contient exactement deux demialqueires. Les cases sont les mêmes que celles de la colonie précédente, et leur loyer est de 12,000 réis.

A ce que je viens d'exposer, il me reste à ajouter que, quand le docteur Heusser se trouvait dans la colonie Sénaleur-Vcrgueiro^ quelques colons suisses produisirent un contrat de passage, fait à Hambourg avec un agent de la maison Vergueiro et O", qui les affranchissait de payer une commission au Brésil, parce qu'ils Tavaient déjà payée. A la vue de ce document, l'associé de la maison qui est à la tête de l'établissement leur bonifia la somme dont ils avaient été débités pour cet objet, avec les intérêts, et il déclara qu'il en ferait de même pour tous ceux qui lui présenteraient une pièce semblable. Ayant eu la certitude de ce fait par les carnets des colons eux-mêmes, et par ceux-ci, qui m'affirmèrent n'avoir pas montré auparavant ce contrat aux propriétaires, je m'occupai de vérifier si, dans les autres colonies, il ne se trouvait pas d'autres immigrants dans la même situation, et effectivement j'en ai trouvé un grand nombre, que j'ai instruits de leur droit, que j'ai appuyés en leur donnant une déclaration signée de moi et en les adressant A MM. Vergueiro, quand les propriétaires ne se prêtaient pas à se charger

eux-mêmes de cette affaire, ce que plusieurs ont fait volontiers. 11 faut remarquer que le docteur Heusser n'a pas défendu la cause de ceux de ses compatriotes dont je parle, comme il a fait pour les Suisses des colonies Vergueîro; bien au contraire, il s'est fait remettre deux contrats qui devaient profiter à quarante^deux familles, et il ne les a pas restitués jusqu'à ce jour, les privant ainsi de Tunique moyen de faire valoir ledr droit.

En résumé, mon opinion est qu'aucune mesure spéciale nVst réclamée pour ces établissements, et que leurs défauts et les événements qui s'y sont passés vieîirtent principalement de ces deux causes :

1° Le peu de zèle et de discernement des ôgents chargés de recruter des colons en Europe et la facilité avec laquelle les colons sont reçus à leur arrivée ici, sans qu'on fasse attention à leurs habitudes, à leurs professions, à leur moralité, à leur âge,, à leur état physique. C'est ainsi qu'il se rencontre dans ces établissements non-seulement (les hommes vicieux, étrangers au labeur des champs et même à toute espèce de travail, mais aussi des vieillards et des estropiés, incapables d'aucun service; — 2** le manque d'une inspection nécessaire et d'une bonne administration de la justice.

Jja nécessité d'une légîslatioÉi appropriée, qui protège les colons et règle également les droits des propriétaires, est généralement sentie et est dans la pensée des pouvoirs de l'État^ mais c'est ma conviction que toute loi sur cet

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objet sera inefficace, si prévoyante et si sage qu'elle soit, si son exécution n'est pas confiée à une autorité supé* rieure aux influences locales, laquelle aura Finspeclion de ces établissements, les visitera périodiquement, avec les pouvoirs nécessaires pour punir les fautes qu'elle constatera et le droit de connaître et de décider de piano toutes les questions qui s'élèvent entre les colons et les propriétaires. Le juge de paix et l'arbitre indiqués dans les contrats n'offrent pas aux colons une garantie suffisante d'impartialité et de justice, surtout à ceux qui parlent une autre langue que la nôtre, qui n'ont que peu de relations dans le pays et ne frayent qu'avec un petit nombre de gens de leur condition. D'un autre côté, les colons n'ont ni le temps ni les moyens d'aller au bourg ou à la ville voisine pour réclamer justice, ou de charger un avocat de le faire pour eux. Outre ces points, il en est un autre qui, par son importance pt par l'influence qu'il peut exercer sur rémigration, doit attirer l'attention du gouvernement : je veux parler de l'exercice du culte et de l'instruction religieuse. La majeure partie des colo« nies e^t à une assez grande distance des centres de popu* lation, et dans aucune on ne célèbre les offices divins. Ainsi l'enfance s'élève dans l'ignorance des premiers rudiments de la religion, et il est impossible même aux catholiques d'observer les préceptes de l'Église. Quant aux protestants, ils n'ont pas même un cimetière où reposer leurs oSy si ce n'est celui des fazendas !

Voilà ce que je puis dire relatiTement i la mission dont j*ai eu Thonneur d'être chargé.

Dieu garde Votre Excdience !

Signé : Mmoel de Jésus Vafdetaro»

Rîo-Janeiro, 40 janvier 4858.

A rillustre et Excellent M. le marquis de Olinda, mi* nistre et secrétaire d'Élat des affaires de Tempire»

Rîo-de-Janeîro.

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