‹ La colonisation du Brésil (volume 2)Chapitre 8 sur 53 · ANNEXE N · texte numérisé non relu

ANNEXE N

A rillustre M. José Vergtiiero, chef de la maison Ver*

gueiro-Angelica.

Après avoir passé près de trois semaines dans vos colonies Sénateur Vergiuiro et Angelica^ je ne puis me dispenser de vous communiquer en peu de mots mon opinion et de Yous présenter comme chef de la maison mes remereiments les plus empressés pour la courtoisie et la bonne grâce avec lesquelles vous m'avez reçu, et que je ne puis assez reconnaître. J'ai eu pleine liberté d'examiner l'état économique et moral de chacun des colons^ non-seulement des Suisses, mais aussi des Allemands, depuis leur arrivée à Santos jusqu'au moment de mon séjour dans vos colonies. Tous les livres et documents qui

Di*onl élé nécessaires, ont été mis à ma disposition illimitée : enBn, respectable monsieur, vous avez fait vousmême tout ce qui a élé possible pour que je prisse clairement connaissance de toute la situation. Cette franchise était déjà la preuve que vous dirigiez Tentreprise de colonisation dans un but honorable, et par Tétude de tous les livres et Fexamen spécial de toutes les affaires, j'ai été de fait convaincu que la maison Yergueiro ne rabaisse pas Tœuvre de colonisation à une spéculation d'argent, qu'elle ne perd pas de vue le dessein doublement beau, d'un côté de doter sa patrie de bras qui lui sont si nécessaires, de l'autre, de faire en sorte que de nombreuses familles qui, dans le tourbillon de cette population européenne surabondante peuvent difficilement sustenter leur vie, trouvent une existence exempte de soucis* Aussi je déplore franchement et vivement que les ennemis de votre maison aient pu exploiter une ou deux plaintes justes des colons placés sous votre direction, plaintes auxquelles déjà à mon arrivée vous aviez promis de faire droit, pour exciter, comme on l'a fait, les colons contre votre maison, et les entraîner à faire une requête qui contient des griefs contre cette maison, lesquels ne peuvent être justifiés. Je ne cherche pas à entrer dans le détail de chacun de ces griefs : seulement j'exposerai mon dégoût sur le mode et la forme de sa rédaction, car chaque grief accuse sans preuve aucune la maison Yergueiro et O* d'avoir de parti pris dupé les colons.

Il n'est pas nécessaire de laver la maison Yergueiro des coquineries infâmes dont cette pièce lés accuse avec une légèreté impardonnable. Néanmoins il m'est permis d'opposer à ces griefs le témoignage du fidèle accomplisse- * ment de vos devoirs à l'égard des travaux faits dans les plantations de café par les colons suisses, selon la déclationde mon ami Dicthèlm qui m'accompagne, comme appréciateur de ce genre de travaux pour l'examen des plantations de café. Les cafés des colons suisses se trou^ vent généralement dans un état plus pitoyable qu'on ne pouvait le croire. Il y a proportionnellement bien peu de familles qui ont traité le café conformément aux exigences du pays et qui ont ainsi obtenu la plus grande somme d'avantages possibles. Le plus grand nombre a traité le café avec négligence, et ils ont obtenu ainsi, tant au préjudice de la maison Vèrgueiro qu'au leur propre, une récolte extrêmement réduite •, beaucoup n'ont pas cueilli leur café, de sorte que la maison Yergueiro n'a pas eu seulement le préjudice d'une récolte moindre, comme je viens de le dire, mais aussi les plantation^ ont souffert et faute de soin elles ont péri peu à peu. Pendant mon séjour dans les colonies, je me suis convaincu à plusieurs reprises que loin de priver les colons des choses dont ils ont généralement besoin , vous vous êtes fait un point d^honneur du bien-être de chacun d'eux et que même, durant les troubles, vous avez eu soin de chacun d'eux sans vous occuper s'ils étaient ou non cômproinis;^

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C'est pourquoi j*espère tvec convietîon que les colons reconnaUront leur îojustiee et qu'ils reviendront vous accorder leur confiance comme par le passé. Je finis en exprimant le désir que votre honorable père Son Excel*- Icnce le sénateur Vergueiro ^ jouisse encore des beaux fruits de la semence qu'il a jetée. Acceptez, honorable monsieur, l'assurance de ma parfaite estime et de ma reconnaissance.

Si^é : Docieur J,'Ch. Henuer.

Angelica, 4 mars 4 $57.

Copie. Commissionné par six cantons de la copfédération helvétique, je me suis renseigné par l'examen des divers livres que M, José Vergueiro a mis entre mes mains, sur Tétat économique des colons suisses de cet établissement, etje me suis convaincu que M. Jonas, encore aujourd'hui directeur, a fait ses écritures avec une parfaite exactitude, et qu'on ne peut sur ce point lui faire le plus petit reproche. A l'égard du traitement des colons, on a adressé à M. Jonas diverses accusations exagérées. Le sieur Jonas convient lui-même qu'il a fait aux colons quelques réprimandes mal fondées : on comprend toutefois fort bien que la patience d'un directeur de colonie est souvent exposée à de dures épreuves.

Signé : Docteur J.^CA. Htmiior.

' IfKiata, M lévrier 4857.

Copte. Commissionné par plu$ieurs cantons de la confédération helvétique pour examiner les colonies suisses de cette province, j'ai vu dans ce but M. José Vergueiro qui m'a présenté, avec une franchise qu'on ne sauratt trop reconnaître, tous les livres et documents possi* blés. En conséquence de cet examen je donne avec plaisir à M. le directeur Vallet cette déclaration, qu'il a tenu ses écritures le plus consciencieusement possible et qu'il a traité les colons avec une grande impartialité, les fainéants avec sévérité, les travailleurs avec bienveillance.

Signé : Docteur J.-^Ch. Heusser.^

Ângelica, 3 mars 4857.

Ces copies sont certifiées conformes à l'original par le vice-consul de France à Santos.

Note C,

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