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C'est une œuvre difficile et de longue baleine que celle qui se propose de déplacer des masses de population et de coloniser des solitudes. L'Amérique anglo-saxonne, malgré le génie entreprenant et Tindomptable énergie de ses habitants, commence à peine, depuis quelques années, à peupler ses plaines de Touest. New-York était déjà la plus grande ville du nouveau monde, que le flot des émigrants de Tlrlande et de TAllemagne ne s'était pas encore avancé vers ces contrées lointaines qu'il envahit aujourd'hui comme une marée qui monte et ne descend jamais. Pendant deux tiers de siècle, l'Union
américaine avait accru sa puissance politique et commerciale : son littoral avait attiré à lui les capitaux de TEurope et ces myriades de trafiquants que le besoin de s'enrichir entraine vers les pays nouveaux. Les travailleurs agricoles ne venaient pas encore ou n'arrivaient qu'en bien petit nombre. Pour que le courant s'établît, il a fallv d*àbord Vaeti^n du temps, d'autant plus sûre qu'elle est plus lente, car le temps seul pouvait faire pénétrer au sein des popuUtions déshéritées de l'Europe ces notions d'une autre terre par de là l'Atlantique, qui ne refuse pas le bien-être à ceux qui l'arrosent de leurs sueurs : il a fallu encore que la famine décimât l'Irlande et que les misères des paysans de l'Allemagne eussent dépassé les bornes de la résignation la plus chrétienne, pour que l'instinct de la conservation prévalût sur l'amour du sol natal et poussât ces masses éperdues vers une nouvelle et plus clémente patrie. Dès lors la colonisation de l'Amérique du Nord était assurée : plus ou moins favorisée par les circonstances, son œuvre ne s'est pas un instant interrompue et elle ira jusqu'au bout avec une merveilleuse aisance. Il n'y a plus d'efforts à faire pour attirer les colons, dans ce pays d'initiative individuelle : il suffit de la propagande de l'exemple. Les premiers émigrants, satisfaits de leur sort, appellent à eux, par une attraction invincible, leurs parents et
leurs amis restés dans la mère-patrie. Sûrs du succès pour ceux qui les imiteront, ils consacrent leurs épargnes à faciliter le voyage de nouveaux colons. Ainsi engrenée^ la colonisation marche toute seule, et c*est d'elle qu*on peut dire le mot superbe /arâ de se que de creux prophètes ont dit si vainement de l'Italie.
Dope, le Brésil n'est pas en retard et il peut attendre. Son indépendance, plus récente que celle des États-Unis de près d'un demi-siècle, ne date que de 1821 et encore il a eu vingt laborieuses années à traverser depuis ses luttes avec la métropole, jusqu'à l'époque où l'empereur don Pedro II a pris en mains les rênes du gouvernement et groupé tous les partis autour de son trône. Même en ces temps troublés, quelques beaux résultats partiels ont attesté combien la colonisation germerait vite sur ce sol vierge et fécond. Mais l'épreuve du temps n'était pas traversée, la pensée de cette partie des populations européennes qui aspire à un meilleur sort ne s'était pas encore tournée de ce côté, et TémigraUQ» n'avait pas reçu cette irrésistible impulsion qui surmonte tous les obstacles.
Pourtant nulle terro n'e^t plu» favori^é^ du ciel que l'empire sud-américain ; nulle n'offre au colon de pareilles perspectives. Un territoire aussi vaste que l'Europe entière, moins la Russie, de près de S millions de
kilomètres carrés , coupé dans tous ies sens de cours d*eau, de rivières navigables, de fleuves les plus grands du monde; un climat généralement sain et salubre \ tempéré sur les plateaux et rafraîchi par des brises régulières dans les plaines ; un sol couvert de forêts éternelles, d*autant plus apte à produire que la main de rhomme ne lui a jamais rien demandé, et qui se prête à toutes lés cultures; une végétation vigoureuse et luxuriante, où abondent les précieux produits des tropiques, le café, le sucre, le tabac, le cacao, le coton, et, sans parler des bois de construction dont la valeur est incalculable, toutes les essences de bois riches qui servent à rébénisterie, à la teinture, aux préparations médicinales; voilà le lot que la Providence a fait au Brésil; voilà ses dons naturels.
Ce n'est pas tout : le Brésil jouit encore de bienfaits
d'un autre ordre qu'apprécient fort les colons et qu'il
4 . Jusqu'en 4 850 , le Brésil ne connaissait pas la fièvre jaune, ce fléau du golfe du Mexique et des Antilles. C'est à cette époque qu'elle fit sa première apparition dans le golfe de Bahia, puis dans la baie de Rio de Janeiro, s'attaquant surtout aux navires en rade, et faisant à peine quelques victimes sur le littoral, sans atteindre l'intérieur du pays. Cette première et triste visite du fléau a été suivie de quelques autres, mais chaque fois Hntensité du mal a été en s'affaiblissant, et je vois dans le dernier Relatorio du ministre de Tempire, qu'on ne désespère pas, grâce à d'énergiques mesures sanitaires, d'en affranchir le Brésil.
n'est pas inutile de mentionner, quand il s*agit d'un de ces États du nouveau monde, récemment affranchi du joug européen. Il vit en paix avec ses voisins, d*autant plus sûrement que, dégagé de toute pensée d'agrandissement territorial, il est assez fort pour imposer au besoin la paix à ceux qui voudraient la troubler. A Tintérieur, pas de dissensions, pas de querelles, pas de luttes qui se traduisent en actes de désordre matériel : il y a des partis qui se combattent plus ou moins vivement dans le parlement et dans la presse, mais comme ces partis sont tous dévoués à la constitution et à Tempereur, ces passes d*armes ne troublent en aucune façon la sécurité générale. Par un privilège admirable, l'empire a tout à la fois beaucoup de liberté et beaucoup d'ordre, ce qui s'explique par la large et solide assiette que donne au pouvoir le suffrage universel à deux degrés, et aussi par les goûts et les aptitudes du pays tout entier tourné vers les entreprises commerciales et agricoles, et qui ne prête qu'une médiocre attention aux creuses théories de la politique. Nulle part le droit de propriété n'est armé de plus fortes garanties et nulle part aussi le droit individuel n'a plus de légitime extension. A ces avantages qui naissent des lois, viennent se joindre pour le colon les inclinations hospitalières de la population brésilienne qui accueille avec cordialité les étran-
gerS| et demi les ineiiacts bienveillantg éclatent d*autaal plus YoloDtiers aujourd'hui qu'elle sait que la colonisa» tion est devenue le besoin impérieux de Tempire. En effet, sous peine de déchoir et de s'annihiler^ l'agricul^ ture du Brésil doit recourir aux bras des travailleurs li^ bresi ne fût<4;e que pour remplir les vides que la $up« pression de la traite a faits dans les rangs des travailleurs noirs. Cette raison économique suffit à assurer aux colons le meilleur accueil et les meilleures condi'* tiens.
Avec un iel état de choses qui fait de la colonisation une nécessité absolue pour l'empire et qui présente aux colons eux'-inémes tant de facilités et tant de garanties* on se demande comment l'œuvre avance sipeui et pourquoi le courant qui s'est établi au nord du Brésil » dans l'Union américaine, et jusqu'à un certain point au sud, dans le Rio de la Plata, prend si lentement la direction de l'empire qui asseoit neuf cents lieues de côte sur l'Océan Atlantique, depuis le nord de l'équateur jusqu'au 33' degré de latitude sud 7
On ne doit accuser de ces retards ni le gouvernement ni le peuple du Brésil* Hais indépendamment de ce fait qu'il faut du temps et beaucoup de temps pour établir des courants d'émigration, il existe au Brésil certains obstacles qui tiennent à la constitution de la propriété
et qui ont g^ieusement eolravé l'action du gouyéme*':
ment.
Je viens de dire quel est rimmense territoire de Teifipire* Le chiffre des terres cultiTéee est imperceptible à' coté de celui des terres en friche* Cependant (la chose paraîtra incroyable) on a été tout d'abord arrêté par la dijEQcullé de trouver des terres disponibles. Cette pénune au milieu d'incalculables richesses s'explique par ce fait que le domaine public n'était pas séparé du domaine privé y que les propriétés n'étaient pas délimitées ^ et que dans la confusion qui existait^ l'État ne dtfendant pas ses droits ) ne savait plus guère ce qui était à lui^ de telle Sorte qu'il n'avait pas sous la main des terrés qu'il pût céder aux colons. Dans les premières années de la con^ quête , les rois de Portugal avaient eonstituéi en terres » d'immenses dotations à leurs lieutenants d'outt^e^mer, et il n'est guère d'aventuriers engagés dans ces expéditions lointaines qui n'eussent aussi obtenu des concessions analogues do la munificence royale. Ces concessions ^ dites des seêmarias dans le pays, obligeaient à cultiver dans un oertmn délai les terres ainsi aliénées , qui devaient faire retour au domaine public en cas d'inexécution de eette. condition. Mais là clause était denffetirée presque partout inobservée et comme le domaine avait négligé de faire valoir ses droits , les «^^^Tiam^ restaient dans* les
familles, avec leur titre originaire et parfaitement improductives pour les détenteurs.
n y avait donc une mesure capitale à prendre : il fallait faire revivre les droits de TÉtat et sans réagir contre le passé y obliger les possesseurs de sesmartas à remplir les obligations qui leur étaient imposées. C*est le but que s'est proposé et qu*a heureusement rempli la loi du 18 septembre 1850, qui prescrit un cadastre général du Brésil.
Aux termes de cette loi , les titres de propriété doivent être soumis à une vérification , toutes les sesmartas pour lesquelles on n*a pas rempli la charge du contrat doivent être revalidies^ et les détenteurs mis en demeure de livrer, à la culture les terres qui leur ont été concédées. De ce dépouillement général du sol , il résultera la constatation de toutes les terres qui n*ont pas de maîtres et qui ren- ' treront naturellement dans le domaine de TÉtat.
C'est un travail immense , pénible , coûteux, mais qui aura pour le Brésil des avantages si considérables qu'il est nécessaire de le poursuivre et de le mener à fin. Aussi le gouvernement s'est-il mis à l'œuvre avec courage.
Il a tout d'abord créé , comme je l'ai dit ailleurs ^, une
4. Voir k Brésil^ ^ volume in -S**, publié en 4856, chez Guiilaumin.
direction générale des terres publiques , placée dans les attributions du ministère de Tempire et sous les ordres immédiats du sénateur Manoel Félizarde^ laborieux ^ énergique et intelligent ouvrier de colonisation. Dans chaque province ^ une direction spéciale des terres publiques a été installée y qui correspond avec la direction générale de Rio. Toute cette organisation^ peu chargée de personnel et modestement rétribuée , fonctionne bien.
La direction générale coûte, personnel et matériel, environ 72 mille francs par an. Les dépenses des 20 directions spéciales coûtent à peu près 216 mille francs.
L'inspection et l'arpentage des terres sont organisés et fonctionnent dans les provinces de Para , Maranham , Alogoas, Spiritu-Santo , S. Paulo, Parana, Santa Catharina et S. Pedro do Sul.
Le gouvernement s'occupe activement à rechercher le personnel qui lui manque pour diriger et exécuter les mêmes opérations cadastrales dans les autres provinces. Les ingénieurs propres à ce laborieux travail sont fort rares au Brésil , et il est difficile d'en trouver même en Europe, quoique le traitement qu'on leur offre soit assez élevé (fixe et éventuel , environ 18 mille francs).
Les dépenses du cadastre doivent être largement couvertes , d'après l'expérience déjà faite , par le prix , même minimum y de la vente des terres. Ces dépensas sont avec
ce prix minimum dans la proportion de 38 à 50. Le prix minimum des terres est d*un demi^^réis la brasse carrée (trois-Tingtièmes de centime) «
En même temps qu'elle fait poursuitre les opérations sur le terrain» la direction des terres 8*entoure de tous les renseignements pour constater les droits du domaine public. Les présidents des provinces ont été invités à faire connaître par des recbercbes promptes et sûres , quelle est, dans chacune de leurs circonscriptions administratives , l'étendue approximative des terres qui appartiennent à TE tât. C'est une tâche ardue et longue, car certaines de ces provinces sont grandes Comme des royaumes} cependant elle se poursuit avec fruit. Cette année encore, le rapport du directeur général, adressé au ministre de l'empire, résume les renseignements fournis par les présidents de neuf provinces , et qui donnent des indications très-satisfaisantes*
Mais ce ne sont là que des appréciations approxima^ liveis. L'État a un moyen beaucoup plus simple de savoir ce qui est à luii c'est dé constater ce qui est aux particuliers : tout ce qui ne seta pas à eux lui appartiendra. Or la loi a pourvu à cette constatation , enpredcrivadt une vérification générale des titres de propriété, vérification qui ne saurait être très-^Hgôureuse , qui résoudra certainement au profit des possesseurs toutes les questions dou*
teuses I et qiii m frappera qva laa usui^tiona Douvelles . et flagrantes ) mais en somme il sortira de ce travail la fia de cette confusion étrange qu'entraîne l'étal actuel d'indivision. Les parUculiers y gagneront en ce sens qu'ils auront désormais un titre valide qui ajoutera pour beaucoup d'entre eux le droit au fait| et l'État aura son domaine dont il pourra disposer librement au grand profit de tous*
Des circulairesinstantesont été adressées aux présidents des provinces pour qu'ils eussent à accélérer cette opération qui se trouve presque partout retardée faute d'ar> penteurs suffisamment habiles , et aussi par le mauvais vouloir et la négligence des propriétaires.
Aux termes de la loi p les possesseurs de terres qui ne sont sujettes ni à légitimation , ni à reralidati&n ^ doivent faire inscrire leurs titres de propriété sur un registre tenu par les desservants des paroisses ; cette opération qui d&* vra singulièrement favoriser l'agriculture en dMdnut des bases certaines au crédit hypothécaire mardie aussi avec une extrême lenteur. Mais l'administration ne se lasse pas : elle a d^ obtenu quelques résultats et elle poursuit l'accomplissement de sa tâche en prenant des mesures qui simplifient la procédure en cas de conte»tation.
Telle est l'œuvre lsd)orieuse que le gouvernement du
Brésil poursuit avec l'inébranlable volonté de la mener à fin et qui est en Toie de s'accomplir, en dépit des difficultés d'une opération gigantesque , et de la résistance d'inertie qu'opposent la mau vaisefoi et la routine. Quelles qu'aient été les prodigalités de la conquête , il y a, sur tous les points du Brésil , d'immenses territoires qui n'ont d*autre maître que l'État. Tout le monde le reconnaît, et quelle que soit la lenteur que le respect des formes impose à cette revendication dans une aussi délicate matière , le but sera atteint. Le gouyemement du Brésil aura assez de sol libre et disponible pour procurer le bien-être et les joies de la propriété à des millions de prolétaires européens. Dès à présent, l'activité administrative ne ch6me pas : des terres disponibles existent, dont la propriété domaniale n'est contestée par personne : c'est sur ces points que se portent tout d'abord les travaux du cadastre, et plusieurs concessions considérables ont déjà été faites pour livrer ces terres à la colonisation.
Les rapports annuels de l'administration des terres publiques mentionnent divers traités importants qui ont été passés avec les entrepreneurs de colonisation, MM. Jacob Rheingantz, le comte de Montravel, le major Gaêtano Dias da Silva, etc., pour des concessions de huit, seize et vingt lieues carrées de terres. Ces contrats sont en pleine voie de réalisation. A mesure que les ter-
rains sont délimités, ils sont j^ayés par le concessionnaire qui en prend possession. Le travail de délimitation est donné à forfait au concessionnaire, et les fraia sont loin d'absorber le prix de la terre. Je ne dois pas omettre ici la mention d*un traité qui a été conclu à Bruxelles par le chargé d'afiaires brésilien avec le père Van State, supérieur des Trappistes, à Teffet d'introduire au Brésil un ou deux établissements coloniaux de cet ordre religieux. Les terres sont prêtés pour les recevoir, et plusieurs provinces se disputent ces colonies, qui servicont à la fois d'exemple pour la régularité du travail et d'attrait pour les colons européens.
Au Brésil^ comme dans tous les pays neufs, on admet et on pratique tout naturellement la règle économique qui veut que l'État restreigne ses services à ceux que l'initiative privée ne peut accomplir. On y reconnaît donc pleinement que la colonisation n'est pas une de ces œuvres que l'État doive attirer à lui, et qu'il doit l'abandonner à l'esprit d'entreprise, soit individuelle, soit collective. Le passé, d'ailleurs, a, sur ce point, donné au gouvernement du Brésil des leçons dont il a profité. A une époque où il était plus avancé que le pays, il s^est fait entrepreneur d'émigration et de colonisation. Bien peu de ces tentatives ont réussi; celles mêmes qui ont atteint leur but, entre autres la colonie de Saint-Léopold,
daofi le Rio-Grtn^o do 8u1, ont eoûié des sommes folles, qu'une entreprise particulière n*e^t ceples pas dépeuplées^ tout eu faisant au moins aus bien.
Donc, revenu aujourd'hui à de plus saines pratiques, rËtat ne fait pas de la eolonisation et surtout de Témigration par lui-^mème. «Mais, tout en laissant le champ libre à Tactivité intelligente et aux calculs de Tintérét privé, il surveille, protège, encourage, dans toutes ses phases, Fœuvre de la colonisation.
Une loi de 1856 a mis à la disposition du gouvernement une allocation de 6,000 contos de rels ( environ
18 millions de francs), qui doit être affectée à favoriser les entreprises d'émigration et de colonisation, à titre de subventions ou de prêt sans intérêt. Les provinces, qui ont elles-mêmes une gestion financière considérable, ont suivi l'exemple de l'État et alloué, de leur c6té, des sommes Importantes dans le même objet.
Les subventions et les faveurs pécuniaires, aux termes des contrats passés avec deux compagnies (l'Association centrale et l'Association pour les provinces de Pemambuco, Parahyba et Alagoas), sont de deux sortes :
1" Un prêt sans intérêt (3 millions à l'une, 1 million 500,000 fr. à l'autre), lequel n'est remboursable qu'après un délai de cinq années, et seulement par dixième, d'année en année ;
2* Une prime payée par l'État pour chaque colon introduit au Brésil. Cette prime est, pour l'Association centrale, de 150 francs par colon âgé de plus de dix ans et de moins de quarante-<5inq, et de 90 francs par colon âgé de plus de cinq ans et de moins de dix ans. Pour la Compagnie de colonisation de Pemambuco> la prime est de 90 francs pour la première catégorie de colons, et de 60 fr. pour la seconde. La différence s*explique par la traversée plus courte et le prix du voyage moindre d*Europe à Pernambuco.
Indépendamment de ces avantages pécuniaires, les contrats que j'ai sous les yeux accordent d'autres faveurs aux compagnies, notamment un droit de préférence pour l'acquisition des terres publiques au prix minimum; la faculté de diviser en huit parties les sections de 250,000 brasses; la concession gratuite de terrains domaniaux bordant la mer, pour l'établissement de leurs hôtelleries, magasins, etc., etc.; l'exemption de certains impôts locaux; le droit d'expropriation pour les travaux de route arrivant aux centres de colonisation; le concours du gouvernement central etdes pro- "vinces pour ces routes, etc., ete.
En retour de ces concessions, les deux associations s'obligent à introduire au Brésil, dans un délai de cinq années, l'une einquante mille, l'autre vingt-cinq mille colons;
A créer sur les points où les colons doWent être débarqués des établissements destinés à les recevoir, à les loger^ à les nourrir^ à des prix débattus avec le gouvernementy et dont le tarif devra être affiché dans toutes les salles en portugais, français, allemand, espagnol et italien ;
À organiser en Europe des agences de colonisation auxquelles il est expressément recommandé de n'envoyer que des hommes honnêtes, valides, laborieux, avec non moins expresse défense d'abuser les colons par * des espérances imaginaires et de leur donner de fausses idées du pays. Ces recommandations ne sont pas sans sanction , et l'infraction constatée entraînerait de fortes amendes pour la compagnie et la destitution des agents.
J'omets bon nombre de stipulations de détail qui, toutes, sont empreintes de ce caractère de vive sollicitude pour les intérêts des colons.
En concédant une avance de fonds sans intérêt, le gouvernement brésilien a voulu exciter, par un encouragement considérable, les capitaux du pays à se confier à ces entreprises, qui ont pour le Brésil tout entier une importance si capitale.
En accordant une prime à Tintroduction des colons, c'est à ceux-ci. beaucoup plus qu'à l'entreprise qu'il a
voulu être favorable ; car, d'après les traités, les trois quarts de la prime pour TAssociation centrale et les^trois cinquièmes pour l'Association de Pernambuco doivent revenir au colon.
Il faut noter, en effet, que les colons restent débiteurs vis-à-vis de la compagnie qui les engage des avances qui leur sont faites, du prix de leur passage ainsi que des frais de leur séjour au lieu de débarquement et de leur transport jusqu'au centre colonial qu'ils doivent habiter. La portion qui leur est afférente dans la prime payée par le gouvernement, c'est-à-dire les trois quarts ou les trois cinquièmes, reste aux mains de la compagnie en déduction de cette dette.
Il y a là un sacrifice fait par l'État; mais, quant à présent, une raison très-sérieuse justifie ce sacrifice. Il importe au Brésil, s'il veut attirer les colons sur son sol, de soutenir la concurrence avec les États-Unis, déjà si favorisés par l'impulsion donnée au courant d'émigration. Or la traversée de Hambourg à New-York (je parle des traversées économiques) ne coûte que 32 thalers ; celle de Hambourg à Rio coûte 56 thalers. La prime rétablit l'équilibre entre les deux voyages. A égalité de prix dans les frais de transport, il reste au colon du Brésil ce double avantage d'avoir la terre à un prix moindre, puisque la catégorie la plus élevée des prix de la terre au
Brésil ne dépasse pas la catégorie des prix les plus bas auxJiltats^Unis, et d*avoir des cultures plus riches qui lui permetlenty dans un moindre espace de temps, de s'acquitter envers les compagnies créancières et de de^ meurar maître , en la payant, de la terre qu'il cultive.
A ces notions succinctes sur le mode d'émigration, je dois ajouter quelques explications sur l'emploi que Témigrant devenu colon donne à ses bras et à son activité. Ce que veut le colon qui se résigne à changer de patrie, c'est obtenir une condition meilleure que celle qu'il abandonne; c'est cultiver pour lui et non pour les autres; c'est arriver enfin à être le propriétaire du sol que ses bras ont fécondé.
Deux moyens lui sont offerts au Brésil pour réaliser ses vœux, l'un direct, l'autre indirect; l'un qui le met sur-le-champ en possession de la terre qui doit lui appartenir, l'autre qui le fait passer par une sorte d'apprenti8$age, en lui fournissant cependant de larges moyens de gagner sa vie.
Dans l'un et l'autre cas, le travailleur européen, s'il n'a eu assez de ressources pour faire le voyage à ses propres frais, a tout d'abord à acquitter la dette qu'il n contractée, à laquelle vient se joindre la dette nouvelle occasionnée pas ses frais de nourriture et d'entretien ,
jusqu'à Vépoque oii il a suffi lui^^méiHô k &^ dépenses^ Le premier de ces systèmes est celui qui a été appliqué daus les colouies fondées par le gouTeruemeoti et s*ii n'a pas toujours réussi, g'est que, eu général, les gpuveruements ne fout pas les affaires avec cette intelligence et cette économie que l'intérêt privé y apporte. Il y a eu cepeudant , comme je l'ai dit tout à Vkmv^ . uu magui» fique succès, celui de la colonie de Saint-Léopold| fondée en 1825, et qui compte aujourd'hui près de douze mille habitants. Le succès n'a pas été le même pour la colonie de la Nouvelle-Fribourg , qui date aussi d'une époque assex éloignée : mais là le gouvernemeuti à force de vouloir chercher pour les cplons une zone tempérée, n'avait trouvé que des terres stériles sur un plateau. Ou n'a fondé qu'un village suisse en plein Brésil; mais les colons, après avoir construit leurs chalets, ont dû s'ingénier pour se proi^urer du travail dans les f^^ndan du voisinage : presque tous, du reste, ont réussi, et quelques«un3 sont aujourd'hui de riches faT^mdeirç^^
Heureusement l'intérêt privé s'§st mis de la partie et Teipérience que l'état avait laissée indécise, s'est poprsuivie avec grand succès, par les mains des particuliers qui avaient tout à perdre h ne pas réussir. Dan» la province de Hio^Grande do Sul l'exemplo de la colonie de jSaint^Iiéopold a suscité un tel concours d'imitateurs
qu'on y trouve aujourd'hui difficilement des terres. Plusieurs centres de colonisation se sont formés ou sont en voie de se former, et, dans le nombre, je citerai la colonie qu^organise en ce moment sur une grande échelle noire compatriote, le comte de Montravel. Mais l'exemple le plus frappant du succès de l'initiative individuelle, c'est la colonie de DAna Francisca, dans la province de
Sainte-Catherine.
Cette colonie, qui a été fondée sur les terres appartenant à S. A. R. M"' la princesse de Joinville, est dirigée aussi par un Français, M. Aube. Yoici ce qu'en dit, dans son rapport annuel aux Chambres, M. le marquis d'Olinda, ministre de l'empire et président du conseil.
n Pendant l'année dernière, la population de la co- (( lonie Dôna Francisca s'est augmentée de six cent cinq « individus nouvellement arrivés; le développement « progressif et rapide du travail a préparé pour la pro- « duction agricole des terrains qui jusque-là avaient été a couverts de forêts vierges et dans lesquels une nou- « velle population s'est déjà installée.
« L'état en général satisfaisant des colons et ce fait « que quelques-uns d'entre eux qui n'avaient pour res- « sources à leur arrivée que leurs bras et la bonne vo- « lonté qui les animait, ont déjà pu envoyer en Europe
a des sommes plus ou moins fortes, fruit de leurs éqo- « Donies, afin de payer le passage de leurs parents et c( amis, a mis en faveur cette colonie en Allemagne. Il « est avéré en effet que le transport des six cent cinq a colons nouveaux a été payé par eux-mêmes, car Tassoc( ciation n*a eu à faire avec eux qu'une avance qui li n'excède pas 60 francs par personne.
a Si les résultats n*ont pas été plus considérables, en « raison de la population encore réduite de la colonie «et du temps qu'il faut pour développer les richesses « du sol, il y a lieu de compter que l'économie dans a l'administration, l'amour du travail et l'esprit d'ordre « qui régnent dans cet établissement lui assureront un « avenir de prospérité progressive, en en faisant, en peu « de temps, un centre important où aboutira le cou- « rant d*émigration. »
Pour favoriser ce mouvement, le ministre annonce la création d'une route carrossable qui s'embrai^chera sur la routedéjàouverte entre la province de Sainte-Catherine et celle de Don Pedro do Sul, et se prolongera à travers la Serra doMar (chaîne de montagnes) jusqu'aux riches et fertiles plaines de la province de Parana qui sera ainsi ouverte à la colonisation. Déjà M. Aube, qui étend avec un zèle intelligent le cercle de son activité, s'est fait faire de grandes concessions de terres dans celte
pf (nritiG6) et il eât prêt à y porter des colons i dès què la comtntinicatioD sera ouverte.
Outre ces dépenses de routes, le gouvernement a fait construire sur tous les points où la population se trouve agglomérée, des édifices pour le culte, des presbytères, des maisons d'école.
De plus, une subvention mensuelle, à titre de prêt, a été accordée à Tassodation de Dôna Francisca, en raison de la crise commerciale qui a frappé la Tille de Bam-> bourgi siège de son établissement financier.
Le système de la division du Sol en petites fractions, avec la propriété conférée à ceux qui le cultivent, ou un affermage perpétuel qui peut être toujours converti en propriété^ moyennant le payement de vingt fois le prii du loyer, ce système, pratiqué à Dôna Francisca^ est aussi sui^i avec succès dans la colonie de Mucurry, qui appartient à la province de Minas*6eràes. La Colonie de Mucurry, nouvellement fermée, contient déjà sept cent quatre^Vingt^douSe individus : là aussi le gouvernement a fait une route de vingt->sept lieueS et demie de lotigueur qui a coûté 2,700,000 francSi Cette route mène au Rio-Mucurry, qui est navigable à Taîde de petits steamers remorqueurs, et l'ouverture de cette communication avec la mer et avec la capitale a déjà donné une singulière valeur aux terres de la colonie.
— is —
uo colon a tendu 9,000 francs un terrain qu'il avait payé 900 francs. Rien de mieux, pourvu que oêft hausses n'aient rien de factice et qu'elles n'entratnéflt pas le pire des agiotages, celui des terres. Le conseil est bon à donner, car on agiote sur tout à Rio, un peu comme ici.
Je citerai, comme un dernier exemple, la colonie de Hio-NoYO, dans la province de Spiritu-Santo. Régie par les mêmes règles, cette colonie a eu à traverser de mauvais jours : elle a eu à souffrir tour à tour de la sèche-» resse et de la pluie, et cependant créée depuis à peine deux années» elle a une population de 532 habitantSi et l'accroissement a été, dans le cours de l'année dernière, de cent soixaûte-dix-neuf individus.
J'en ai assez dit sur les colonies gouvernées par te système qui tend à substituer peu à peu le régime de la petite culture à celui de la grande culture^ transformation presque inévitable pour le Brésil , puisque, avec la traite, le moyen de. recruter des lioirs lui a été enlevé* Partout où il y a de bonnes terres et une bonne admi-^ nistration, ce système réussit et doit réussir.
Mais il existe, comme je l'ai indiqué, un autre mode d'emploi des colons, mode que l'intérêt des grands propriétaires, justement désireux de ne pas démembrer leurs terres et de maintenir leurs cultures, a mis vigoureusement en pratique, et qui est fort en faveur au
Brésil» plus en faveur là qu'en Europe, dans la classe des émigrants.
Dans ce systëmey dit de Pareerta, le colon ne cultive pas un bien qui lui appartienne ou qui doive lui appartenir; il est tout simplement le salarié de Tentrepreneur. Il exploite une portion déterminée de terres qui lui est confiée (presque- toujours un certain nombre de pieds de café) et il partage la récolte avec le propriétaire. C*est exactement la condition de nos métayers du Midi.
Il faut dire que des contrats loyalement faits, car ils ont presque tous été soumis au contrôle et à la sanction du gouvernement central ou des assemblées provincialeSy règlent scrupuleusement les droits et les devoirs réciproques des entrepreneurs et des colons. Ceux-ci ne doivent au propriétaire qui les emploie que leurs soins et leur travail : le propriétaire doit, à leur arrivée, les installer dans une habitation suffisante pour eux et leurs familles, habitation dont le loyer est fort léger, quand il n*est pas gratuit; il doit les mettre en possession d'une certaine étendue de terres contenant des plants de café en plein rapport; il doit leur livrer, annexé à leur case, un jardin où ils puissent cultiver les denrées alimentaires dont ils ont besoin ; il doit leur fournir, en outre, au prix des marchés voisins, tout ce qui est né-
cessaire à leur subsistance et leur foire au besoin cerlaines avances pour les dépenses d'entretien.
En somme, ces colons partiaires, plus favorisés que les nôtres, sont affranchis de toutes les préoccupations de la vie matérielle; ils n'ont qu'à se livrer à leur travail.qu'ils doivent au propriétaire jusqu'au jour où ils ont rempli les conditions de leur contrat, en se libérant de leur dette envers lui. Cette dette comprend, avec les avances faites dans la colonie, les frais de voyage d'Europe et de transport jusqu'à l'établissement colonial , car cette catégorie de colons, généralement plus pauvre que l'autre, ne fait guère face à ses dépenses de route. Mais ces colons sont souvent moins gouvernables et moins laborieux; ils n'ont pas, comme les autres, la perspective directe de la propriété, qui incite au travail, et fait qu'on ne s'épargne pas pour soigner sa propre
chose.
De ces dispositions sont nées quelquefois des luttes sourdes, puis des complications graves et des réclamations retentissantes qui ont rencontré des échos en Europe. Ces fâcheux incidents, mal connus des uns, perfidement exploités par d'autres, entraveraient la co« Ionisation brésilienne s'ils n'étaient réduits à leur juste valeur par une appréciation impartiale.
Un fait assez récent a surtout appelé la sérieuse atten-
tion du gouYernemant brésilien, qui a eu, à ce sujei| à échanger plusieurs notes a^ec l'agent, à RiO| de la Gofl<> fédération helyétique. Je le- mentionnerai brièTemelit, en me référant, pour les détails, aux documents qUê j'annexe à cet exposé, et dans le but Surtout de faire voir ayec quel scrupuleux esprit d'impartialité et de justice les autorités du Brésil procèdent dans ces déli^ cates questions.
La province de Saint-Paul est la première qui a mis en pratique, au Brésil, le système de colonie partiaire (parceria). C'est un personnage très*ricbe et très<H>nsidérable, le sénateur Yergueiro^ qui ja donné reieiUple, et tous les grands propriétaires l'ont imité« La culture du oafé est la principale industrie agricole deSdint-Pàul, et elle se prête mieux qu'aucune autre à ce système, parce qu'elle permet mieux la division du travail.
La colonie Sénateur Vergueiro ou dUbacaba étMk le principal centre d'application du système» Il se trouvait là près de mille colonSé Chaque chef de famille avait sa portion de terres à café à cultiver, sa case séparée^ sgn jardin^ èon compté ouvert avec l'administration, qui se couvrait de ses avances sur le prix de vente du café. Jusqu'à là fin de 1855^ cette nlachine vaste et compli^quée avait bien marché, et les rapports paraissaient satisfaisants entre les colons et les propriétaires; mais,
tèrH eétte époque, les disposition» des colons chàûgèreût sous rinfluence d*un de ledrS Côillpâtriotés^ à qui les idées comnlUiiiStéS avaient bonleversé la téie et qui n*adiflèttâit pas qu'on pût cultiver la terre pour autrui. Le maltri d'é(;ole de là colonie, Thomaâ t)a^at2, se laissa gagner aux perfides prédications de Cet homme , et il devint un actif instrument de trouble. Le 24 déceuibre 1890» ce Dawatz, accompagné de huit de ses camaradeS) se présenta à Fentrepreneur et lui demanda la permissioa d'envoyer aui autorités provinciales une plainte signée par les colons suisses. Invité à dire sur ^uel motif cette plainte se fondait, il s'y refusa, et Tentrepreneur, après avoir déclaré qu'il ne pouvait autoriser un tel actCi signifia à Dawatz qu'il eût à quitter la éolonie sous trente jours et le suspendit immédiatement de ses fonctions »
Les neuf colons se retirèrent et se réunirent à un groupe d'autres éoloUs qui les attendait à quelque distanee. Ce fut alors un concert de VOCiféralidUSj de mênaceSi appuyées dé nombreux coups de fnsil tirés en l'air; mais aucun eicès matériel ne fut commis.
Les autorités du voisinage, averties de ces désordres, prirent toutes les mesures qu'etigeaient les circonetanoes. Il n'y eut, toutefois^ nul besoin d'employer la force ; les esprits se calmèrent peu à peu \ plusieurs dès
mutius témoigDèrent hautement de leur repentir, et les choses reprirent leur état normal.
Un délégué du gouvernement provincial vint, quelques jours après, sur les lieux et commença une enquête; mais cette mesure n*aboutit pas. L'exaltation reparut parmi les colons, toujours sous Tinfiluence de Dawatz, qui n'avait pas encore quitté la colonie. Ils récusèrent rhonorable commissaire, et sa mission, imparfaitement remplie par leur faute, ne put fournir au gouvernement les éclaircissements nécessaires pour décider de quel côté étaient les torts et quelles mesures devaient être prises pour que justice fût rendue, soit aux colons, soit aux entrepreneurs.
C'est dans ces circonstances que le ministre de l'empire donna à un membre éminent de la cour d'appel de Rio-Janeiro, M. Manoel de Jésus Yaldetara, magistrat aussi intègre qu'éclairé, le mandat d'aller visiter les colonies Sénateur Vergueiro et Angelica j appartenant . toutes deux à la maison Vergueiro, ainsi que les autres colonies de la province de Saint-Paul, d'entendre les griefs respectifs des entrepreneurs et des colons et de lui exprimer son opinion sur ces plaintes.
Le travail du savant commissaire a été formulé dans deux rapports à la date des 7 novembre 1857 et 10 janvier 1858, adressés au ministre de l'empire. Les
lecteurs troaveront la traduction de ces documeuis * à la suite de cet exposé.
Ce gui frappe dans le travail de M. Yaldetara, c^est la préoccupation de sévère impartialité gui Tanime et en même temps le soin minutieux de ses investigations. La vérité a pu lui échapper sans doute; mais on voit gu*il la cherche ardemment, et, avec le zèle éclairé gu'il ap-> porte à sa tâche, on est convaincu gu'il a dû moins gu'un autre courir le risgue de se tromper.
Il résulte de ce document gue si, de la part des directeurs des colonies, il y a eu guelgues torts, guelgues perceptions irrégulières, guelgues abus, faits à coup sûr très-répréhensibles, les torts les plus graves, les plus sérieux sont du c6té des colons eux-mêmes, et la preuve, c'est gue ceux des colons gui ont rempli loyalement les conditions de leur contrat, c'est-à-dire ceux gui ont donné leurs soins à la culture de leurs caféiers, ont très-sensiblement amélioré leur sort. J*ai sous les yeux un document gui donne les noms d'une centaine de chefs de famille suisses ou allemands, gui, étant arrivés dans la colonie Vergueiro avec une dette relativement assez forte, ont en peu d'années remboursé les avances gu'ils avaient reçues et se sont fait un pécule gui, pour l'un d'entre eux, s'élève aujourd'hui à plus de