TRADUCTION
Le Ministre de T empire au Minisire des af caret
étrangères»
Illustre et excellent Monsieur,
Le gouvemement fédéral de la Suisse a adressé à Votre Excellence une Note datée du 2 décembre 1857, laqueltei se basant sur diverses informations, et principalement sur la Note du 8 juin 1857, adressée par le consul, M« H. David, ay prédécesseur de Votre Excellence, et traitant de Témigration suisse en général, et spécialement des colons de rétablissement Sènaiew Vergueiro^ porte ce qui suit :
1® Les contrats passés entre les entrepreneurs brési^ liens et les colons, même exécutés littéralement, sont très-avantageux aux premiers;
2® Les colons ne peuvent obtenir aucune protection des autorités judiciaires, vu qu'ils n'entendent pas la langue du pays et qu'ils ne peuvent défendre leurs droits (levant les tribunaux brésiliens;
3"^ Les colons n'obtiennent aucun résultat utile de leur
Iravail, puisque, après trois ou quatre ans» ils se trouvent plus endettés qu à leur arrivée dans la colonie;
4® Le langage leno «u^Sénat dans la séance du 22 juillet de Tan dernier par l'organe du gouvernement a donné Tespérance à la Suisse qu'il serait porté remède aux maux des coIqiis. Cojnme ces jsiesures ont été (pujours i:elardées, elle craint que les clameurs des intéressés n'aient couvert la voix de ceux qui souffrent, et des soupçons s'élèvent contre ceux qui ont le devoir de les protéger;
5? En terminant, le même gouvernement fédéral demande que les colons engagés par MM. Vergueiro et C* soient délivrés de V esclavage jet transportés sur des terres appartenant à TEtat; il déclare en outre que quelques cantons ont jugé devoir prendre des mesufes pour entraver rémigration, jusqu'à un nouvel ordre de choses, et qu'il est probable que ces mesures seront ^néralisées. ' Lé consul général de Suisse, dans sa note du 8 juin 1857, énonce les plaintes suivantes :
^ &> La maison Vergueiro et t? déduit une commission de 10,000 réis pour chaque colon par elle transporté, charge qui n'est pas stipulée dans les conditions des con-
trats ;
' T La môme maison perçoit une prime de 6 0/0 sur les sommes avancées aux colons, sans charge aucune, par les naunicipalités suisses : d'autres propriétaires (fazendèîros) élèvent cette prime non due à 12 0/0;
• 8^ D'énorme abus sont pratiqués, tels que prit exagé-^ risy oppressions, poids et mesures irréguliers, comptée erronés, toujours aii détriment des pauvres colons, infract iion de tel ou tel article du contrat, et amendes infligées par le seul bon plaisir des propriétaires*
' 9"* Les colons du docteur José Elias Pachecb Jordào ont porté plainte au président dé la province contre Tentrepreneur, et le premier fonctionnaire de la province ft renvoyé Texamen de leur jplainte au juge de paix qui ëSt ce même docteur Jordâo ; . * '
iO" Les dettes du chef de iamille passentà la veuve et aux enfants, qui se trouvent ainsi tellenient endettés qu'ils ne pourront jamais, s'affranchir et se trouveront éternellement attachés à la colonie.
Votre Excellence réclamant par sa dépêche dû 53 mara . dernier les éclaircissements nécessaires pour répondre coQvenablemen}; à la .preniiêre note, je dois lui dire ce qui suit: .
4* Le gouvernement fédéi^al est dans l'erreur S'il pense; que par ce fait que les contrats passés enhre les fazendei-^ ros et les colons seraient avantageux aux premiers, ils doivent par cela même être nuisibles aux seconds.
L'expérience a démontré qu'au moyen des contrats de' partage (parteria) heàutàu^ de colons, en trois Ou quatre^ ajis, ont payé toutes les dettes résultant de leur ti^ansport^ dans l'empire et des denrées qui dans les pr^iers ten^ps
leur ont été fournies. Ce phénomène est signalé dans beaucoup de propriétés (fazendas) et même dans celle d' Ibicaba contre laquelle surtout se dirigent lés plaintes du gouvernement fédéral. Ce fait peut être vérifié par tous ceux qui de bonne foi cherchent la vérité. Et d'ailleurs M. David lui-même, dans sa note citée du 8 juin 1857, c'est-à-dire six mois après les troubles de la colonie dlbicaba et les minutieuses études du docteur Hausser, dit que les contrats fidèlement observés peuvent amener le bien-être des colons.
Cette opinion en faveur des contrats est encore plus clairement formulée dans une lettre que le même M. H. David a adressée en Suisse et dont la copie communiquée par lui se trouve à l'Administration générale des terres publiques»
On y lit le passage suivant :
(( Le soussigné ne niera pas quMl a toujours considéré le système de Parceria comme une grande et importante idée, et il regretterait de voir s'évanouir les espérances qu'il y a fondées...
«... Que de pauvres n'avons-nous pas en Suisse, mourant de froid et de faim ! Que de lourds impôts, que de taxes sont supportées par nos municipalités, charges qui cependant ne remédient pas plus à la misère , qu'une goutte d'eau froide ne rafraîchit une pierre incandescente.
« Le système de Parceria (celui des contrats auxquels
êc réfère le gouvernement fédéral) serait propre, 8*il est bien entendu, à protéger ces hommes contre la faim et le froid, dans ce riche Brésil, et il pourra offrir, sinon la fortune et Tindépendance, au moins une existence agréa* ble et môme heureuse.
« Pour les émigrants qui possèdent plus de ressources, une résidence temporaire dans une de ces colonies qui servent de modèle serait une bonne école pour apprendre à connaître le pays, ses usages, son agriculture, avant de fonder un établissement par leurs propres mains et à leurs frais. Tels sont les motifs qui ont fait de moi le partisan de rémigration pour Saint-Paul, et Tétat prospère d'Ibicaba, la satisfaction que témoigne la majeure partie des colons qui s'y trouvent, ont justifié mes espérances dans rheureux résultat de telles entreprises. »
La même pensée se trouve dans une autre lettre que le consul écrivait à la date du 20 avril 1856 à M. le sénateur lianoêlFelizardo, directeur général des terres publiques, qui lui avait demandé son opinion sur le système de Parceria : a Je m'empresse, dit-il, de condescendre à vos iiésirs, en vous disant que je considère le système de Parceria comme la réalisation pratique d'une idée grande et généreuse, qui a pour but d'attirer dans ce beau pays les bras nécessaires pour tirer partie des richesses immenses que renferme son sol fertile, en même temps qu'il sauve de la misère, du froid, de la faim, bon nombre de pauvres
gens qui souffrent de la situation aatuelle de l'Ëucôpe* m Et quelles sont les conditions qu'exige M. David pour que ce système produise ses salutaires effets? Elles ne sont autres que celles de toutes les entreprises, oest^à^ dire la probité et le ferme dessein d'acconiplir un devoir. C'est lui-mécne qiii le dit dans celte même lettre dU' 29 avril : « Mais pour que ce syslëme de Parceria^ si grand, si noble dans sa conception ne dégénère pas, il est néees? saire que les personnes qui seront à la tète de ces coIot ni^, soient d'un esprit élevé et d'un cçpur généreux, n yoilà, selon la pensée de M. David, tout ce qui est néoesr s^ire pour recueillir les bons résultats de ce système qu'il glorifie d ailleurs en termes si énergiques.
i Ainsi Te^périence et Tautorité de iH. David, qui ne saur rait être suspect quand il parle en faveur des entreprer neurs brésiliens, démontrent que les contrats ne sont pas sëulementavantageux aux propriétaires, isms qu'ils sont avantageux aux colons et sur une plus grande échelle, ^isque par ce moyen ils passent d'une vie misérable de faim et de froid à une vie agréable et heureuse. Ces com trats satisfont donc à la condition morale 4 avantages ré* <ùproques pour les deux parties, et ils méritent à ce titre plutôt reloge que là critique qui en a été faite*
.2° Je reconnais avec le gouvernement fédéral les diffi-^ «ultés qu'ont les colons suisses pour recourir à la justice du pays, £au(e de savoir Ja langue, et de a'avoir ni direcr lion ni protection immédiate. . : .
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'. Quaqt a la connaissance de la langue, les. interprète^
pe manqu^n^ jamais et les juges ont le désir et ménie^ rohligôtion de l^ur en procurer, et rien n'est plus facilq qu0 d'en trouver même parmi les colons. Si c'est là un eipbarras pour le colon, on remarquera que c'est le ca^ pour tout étranger. Si c'est là un motif pour empêcher rémigration, elle devrfiit être également défendue pour tous les pays de langue différente. Qu^nt à la protection que les colons, doivent rencontrer dans l'autorité, il fau| noter que les juges de paix, qui d'après la Ich sont ceux qui doivent juger les questions entre les propriétaires et les colons étant électifs, pieiivent représenter quelquefois de mauvaises passions de localité et se laisser do^ miner par les influences de gens intéressés dans la de-f mandf3, et dans ce cas la confiance des colons dans de tels juges devrait être fort médiocre et même nulle. Maiç ce serait une grande erreur de croire que les lois de l'empire ne fournissent pas de remède pour les cas où la juridiction se trouve dans les mains des propres parties ou de leur9 créatures. D^ns cette hypothèse, la juridiction passe à d'autres juges, .lesquels sont déterminés par les niême$ lois, selon les cas qui se présentent. Il faudrait supposer beaucoup d'imprévoyance à notre législation, .pour admettre qu'elle livre les parties aux mains de leurs adversaires, sans leur donner des recours.
Si |e jnge de paix, pour rester dans l'hypothèse acluejley pr^sep^ ^^e de p^s incapacités, il est remplacé
par un aulre; c'est un point tellement certain que nul parmi nous ne Tignôre. Cependant pour fortifier encore Faction de la justice en faveur des colons, le gouverne-* ment est disposé à prendre toutes les mesures nécessaires pour que le jugement des causes provenant des contratsde service soient du ressort de juges qui inspirent encore plus de confiance et qui rendent leur décision avec le plus de rapidité possible : cette innovation se prépare, bien que , ainsi qu'on vient de l'établir, la loi ait déjà pourvu au jugement des causes, dans le cas où les juge» sont suspects aux parties.
3** Si la majorité des colons d'Ibicaba augmente ses dettes et se trouve ainsi obligée de rester dans la colonie, une portion nombreuse d'entre eux a déjà recueilli les fruits des contrcits, et je vous remets un tableau qui en donne Tétat. Ce serait donc une injustice manifeste que d'accuser le système de Parceria ou sa mauvaise exécution de la part des entrepreneurs, de la situation précaire de certains colons.
L'augmentation des dettes de la majorité, fait d'ailleurs très-regrettable/ est expliquée par le même M.David, dans la lettre précitée, par des causes très-différentes de celles qu'il suppose aujourd'hui, et qui dépendent seule* ment des colons et des cantons suisses. Que Votre Excellence me permette de citer ici les propres paroles du consul helvétique : « Il vient ici bien des gens qui ne sont bons à rien ; des hommes ou a habitudes dépravées.
ou honnêtes et suffisamment éclairés, mais qui ne sont pas familiarisés avec le travail des champs, et qui sont en général étrangers à tout travail corporel, dur et agreste.
« Avec des têtes pleines des idées tirées des romans de Cooper et de Robinson Crusoé, malheureux quand ils n'ont pas du vin, de la. bière, du pain, de la viande fraîche, ne se contentant pas de Falimenlation ordinaire de ce pays (des haricots noirs, de la farine de manioc, de la viande sèche et de l'eau), naturellement de tels hommes ne sont guère propres à vivre au milieu des forêts vierges et ils perdent facilement leurs espérances.
« Les municipalités suisses, sans pitié aucune, expédient par delà la mer des individus vieux, infirmes, débiles^ ou des familles tombées dans la misère et chargées d'enfants dans le plus bas âge. Mais, sur ce point, je ne perdrai plus une parole : le simple exposé des faits sufBt. )>
Ainsi, diaprés M. David lui-même, une grande partie des Suisses qui émigrent sont des hommes de mœurs dépravées ou encore honnêtes et éclairés, mais sans habi* tude du travail agricole et accoutumés à une vie assez commode ; des vieillards et des familles tombées dans la misère et surchargées d'enfants mineurs. C*est une conséquence forcée qu'une pareille population ne peut prospérer, quelle que soit la conduite de Fentrepreneur.
En même temps que par les causes qu'indique le consul, ces colons ne produisent rien, iU ontbesoin d'ali-
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mente et de yètementef de la, farcrWiit aBgBwmtatioa, des dettes.
Et ce fait, Join d'être an argument contre le pm-^ griétaire de la colonie Vergueiro, honore son caractère, car il sustente des individus qui ne lui djinnent aucua profit, et avec une bien mince probabilité d'être indemnisé, avec la presque certitude de ne Tèlre gaft« Et telle est la confiance de cet entrepreneur dans la loyauté dm sa conduite, dans la justice et la générosité de ses procédés vis-à-vis des colons que^ désireux de* Ëiire e^taminer Fétat de sa colonie par un agent du gouvernement fédératif, il a concouru à la dépense de son voya^ ,au Brésil, comme Ta déclaré en séance publique du sénat M. le sénateur Vcrgueiro.
Toutefois malgré Taulorité (fe M. H. David, qui attribue à la faute des colons suisses eux-mêmes le peu de résultat qu*ils ont obtenu, j'ai déjà expédié des orijresau président de la province de Saint-Paul pour ùme vérifier minutieusement les rapports qui existent entre les colons et les entrepreneurs et protéger ceux-là, <inap4 i^ 9Mi victimes, par tons les moyens en son pouvoir.
4® Dans la session du Sénat de Tannée dernière, je ne me souviens pas qu'aucun des ministres se soit prononcé sur les affaires d'Ibicaba^ il n'y a eu qu'une discussion entre quelques sénateurs qui ne font pas partie du gour vernement et qui ne peuvent être considérés comine lui servant d'organe dans les Chambres législatives ; ces $é-
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pâleurs exprimaient leurs opiiiiop9;.et aon ^|^ deT^d^t juiiiistratîoa de TEmpire,
, ' Que les diseoui^ de ces sénateurs ajent dcmné^ à 1( ^isse la confiance qu'il serait porté repiëde mi^ t$h\x% des colons^ c'est flatteur pour eux^ mais ce qi|i doit jnspir rer d^ espérances mieux fondées, c'est la conduite que 1^ gouvernement a tenue avec les colons d'Ubalub^, ^onlme ra reconqu M..Formery. C'est encore ce qy'il a fait tpiit jécemment avec quelques colons d'Ibieah§, en fUHîordiint jMix uns un transport de faveur, §t en pajapt 1^ det).eç iles autres et en les mettant ainsi en mesure de ç)ierp}i6r ailleurs un établissement, ce qu'ils ont fait.
Le retard qui eut lieu pour prendre les mesures qui jlejaient faire cesser les maux réels des colons n'était pas d^ jiature a faire nailre les craintes qu'exprime M. Formery^ que les clameurs des intéressés couvrent les plaintes d$ ceux qui souffrent, et qu'il soit permis d'élever des doutes contre ceux qui ont le devoir de les protéger*
Les enquêtes auxquelles on devait nécessairem^t procéder devaient être faites à de grandes distances et avep iout le soin possible : il était donc nécessaire d'y çpqsaji:er on certain temps et de mettre quelque r^rd dans la décision impériale^ cep^^dant cette décision est interr venue^ comme on le voit^par l'annexe ci-joint, et ses dispositions sont telles qu'elles ne peuvent manquer de satisfaire le gouvernement fédéral.
. .5** Quatre ou cinq mois avant les trouUes de la coIq-
nU VergueirOy qui B^expliquent par les menées de ces hommes à mœurs dépravées dont parle M. H. David, celui-ci écrivait en Suisse ce qui suit : « La conduite de M. Vergtieiro, dans sa colonie d*Ibicaba, a été toujours honorable et juste, et jamais une plainte ne s'est élevée de la part des colons qui sont établis sur ce point, v
Il convient de noter qu'à cette époque M. David ré^ dait déjà au Brésil depuis plusieurs années et qu'il était suffisamment renseigné sur Tétat des Suisses dans l'empire : il n'avait aucun motif pour favoriser les entrepreneurs brésiliens , surtout au détriment de ses compa* triotes.
Si l'état de la colonie était prospère, si la majorité des colons se montrait satisfaite, si la conduite des entrepr&« neurs était jusque-là honorable et juste, comme l'affirme M. David en juillet et août 18S6, comment se fait-il qu'à peine quatre ou cinq mois après, les colons arrivent à être considérés par ce même M. David comme esclaves, et le gouvernement fédéral demande qu'ils soient délivrés de ia servitude !
Ces mêmes sentiments favorables à la colonie Vcrgueiro, M. David les exprimait dans sa lettre déjà citée du 29 avril 1856 : a Je vous dirai, en outre, que toutes les informations que j'ai pu recueillir jusqu'à ce jour de source digne de foi me donnent la conviction intime que MM. Vergueiro remplissent loyalement leurs promesses et que les colons admis dans les établissements de ces
messieurs Jouissent d'un bien-être réel, si an lé «omfmi^ à la condilion du pauvre en Europe. » Il e^t vrai que plus bas, dans la même lettre, après avoir répélé ses élogei de l'établissement colonial Yergueiro, il ajoute que tous les propriétaires, auxquels la maison Yergueiro a transmis quelques-uns de ses colons, n'ont pas été aussi scrupuleux dans Faccomplissement de leurs dévoila , et il signale spécialement la colonie d'Ubatuba. Mais son opinion sur la conduite des entrepreneurs de la colonie Yergueiro demeure entière.
Que M. David ignorât tel ou iel fait particulier nuisible aux colons, c'est facile à comprendre, car de tels faits pouvaient être pratiqués et cependant il pouvait arriver que leurs mauvais effets étant contre-^balancés pair d'autres avantages, aucune plainte ne fût arrivée à la connaissance du consul ', mais que l'état des colons suisses d'Ibicaba ait été aussi désastreux que le représente M. David, et que non-seulement il n'en sût rien, mais encore que, pendant si longtemps^ il ait été persuadé du contraire, c'est ce qu'on a beaucoup de peine à s'expliquer, en raison sur* tout de l'ardente sollicitude qu'il manifeste pour la prospérité des cqlons.
Et comme en février et mars i857 le docteur Heus^ scr, après avoir procédé a de minutieuses enquêtes dans les colonies Ibicaba et Angelica, toutes deux appartenant au sénateur Vergueîro, a déclaré, dans des lettres adressées à diverses personnes appartenant a l'administration
dire^ coléttied, que la maison Vérguëiro avait toùjoui^
précédé aveo; hdiineât et toyaufé, is'bccupant ptiis dd
i)tBn*ètlre des tohm qiie des intérêts de Tenti^épHse, amsî
qu'im Iç voit dans la |>iëce ci-jointe, il me paraît évident qinr M; David a été Torgane de la vérité dans les lettres qu'il a écrites en Suisse en juillet et août 1856, dont copie existe à r:âdministrât}on générale des terres publi-^ ques^ et que^ par des raisons qu'il derait înulHè dé re^ dieiiA)er\ 3 s'est fail cbmpfétéménl illusion quand il a écrit la Note du 8 juin 1857. D'un ou deux faits particuliers, il a tiré une conclusion générale, et, de cette manière, il a fait concevoir au gouvernement de sa nation des idées erronées qui isOht préjudiciables à Vempire et funestes à un immense nombre de Suisses , qui , selon la propre expression de M. David, rencontreraient dans ce riche Brésil uti abri contre le froid et la faim qui lès assiégeât dans leur patrie.
Lès enquêtes auxquelles le gouvernement impérial à fciit procéder dans les colonies de la maison Vergueiro et les témoignages de M. David et du docteur Heûsiièr, qui' ne peuvent être suspects daps icette partie au gouvernement fédéral, ne donnent aucun motif* pour présumer, que Tés colons dlbieaBa ai^ht'été^réduits en esclavage, et, partant, se manifesté d'éllê-mèmé l'exagération du langage qui demande leur affranchissement»
Il est vrai qu'eri décembre 1836 ces colons s'insurgerent, répandirent le trouble et commirent des crimes que
pmltmtr^l^iïliitton comm êelte de tèâi hM ^V^* dvi- 'lisâ, soM ]^rëtextë d'inTraiedoti àuxècàitrtts M di» rnàli^ Vdise coâduité des etitre^f etiéurs ; maisy après vériftéàtloS des &ite, on récidtiMit que des individus malintehlicHinéii; tfieltant àî^rofitla haine ï\ùè ()udqaes eolons avaient poii^ le travail, comme le même consul le confère; les oM tsé^ Ùùits {iar de ' faifôsés promesses cl'extitietion dé^ dettes, qui seraient payé^ par le gouvernement^ de donatioU^ dé terres et d^avanctô pécuniaires. Gë filt l'ambition d'obtenir des avantages auxquels ils n^avâient aucun drcnt qui provoqua les désordres de 1856 et qui poussa Aéâ hommes égarés à commettre dès actes répréèertsiMes, da-ns Te^poiv de "briser des accords et cUnyentions qu'ilsr avaient spontanément souscrits et à Taide desquels ils avaient ôbten» en' prtt de l'entrepreneur des sommes asse2 fortes, voulant ainsi sdder leurs cc^ptes avec dés' îdjures hi des attentats.
' Cette expli<;ation du regrettable fait de 1886 est auj<>urd'hiii reconnue pour vraie^ même par certains èolons qui ont pris la plus grande part i la sédition^ d'après la déclâratioâ qu'ite^oiit faite à un Brésilien rèspeôtablë ;T M. Tbeôphiio Béneditto Ottoni, qui les a engagés pour sè^ cdionie de Mûcury-, et^ pour que le gouvernement fedè^ral ne puisse avoir aucun doute sur fe caractère de ee* Brésilien, H convient de' citer leis propres pafolëil de* M^ David à son égard ,' lesquelles se trouvant dàâS lâ^ lettré qiilt à écrite en Suisse d<ins.le milieu dé 18{^: ' T
« A la lële de la cùmpagnie de Muôufy 8é trouvent des hommes comme MM. Théophile Benedilto Otto&i et Joâo BaUsta da Fonsica^ dont j'ai eu de nombreuses occasions d'apprécier le caractère et Tactivité, et que, dans ma pro* fonde conviction, je dois reconnaître comme honorables à tous titres. »
S'il n'est pas nécessaire d'affranchir celui qui vit et est ' (raité comme un homme libre, bien que soumis à des con* ditions spontanément acceptées et tenues pour morales et légitimes par tout le monde civilisé, on ne peut non plus autoriser la retraite des colons suisses des colonies Ibicaba et Ângelica et leur établissement sur des terres de rÉtat, à Texen^ple de ce qui s'est fait pour les Suisses de la colonie d'Ubatuba. <
Dans celte dernière il y a eu un concours particulier de circonstances qui ont conseillé la mesure prise par le gouvernement. Les colons n'ont pas menacé la tranquil*lité publique comme ont fait ceuxdlbicàba, où d'ailleurs les entrepreneurs, selon M. David et le docteur Heusser, s*oceupaient plus du bien-être des colons que de leurs propres intérêts; ils n*ont adressé aucune plainte au gouvernement ni à leur consul, comme les écrits de celui-ci l'attestent, et il les tenait au contraire pour satis« fûts. Séduits par des personnes malintentionnées, ils se livrent à des excès et exigent qu'on ait pour eux les mêmes procédés qu'on avait eus pour ceux d'Ubatuba, après qu'ils avaient employé la menace et la terreur!
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Si Je gouvernement avait consenti à leur donner des terres gratuitement et à leur faire les concessions qu'ils exigeaient, l'exemple eût été funeste au dernier point. Un soulèvement général aurait éclaté dans toutes les co« lotties constituées avec des contrats de service. Quelle que fût la forme de ces contrats , toutes les relations sti-i pulées entre les colons et les propriétaires eussent été rompues violemment, et une dépense incalculable et non justifiée eût pesé sur le trésor public. Ceût été de plus on encouragement à la mauvaise foi, à la paresse, à toutes les prétentions les plus insensées.
Le gouvernement a fourni assez de preuves de sa ferme résolution de donner aux colons toutes les garanties pos* sibles. Il a employé et il continuera à employer tous les moyens en son pouvoir pour que les contrats soient exé* cutés en toute loyauté et honneur. Les préjudices que les colons ont soufferts par quelque acte injuste des entrepreneurs ont été Tobjet de sa sollicitude ; la même surveillance se continuera autant que possible, et probablement aucun fait de ce genre ne se renouvellera pans une immédiate et efficace répression et réparation.
Quant aux faits constatés dans la Note du 8 juin dû consul suisse, M. H. David, leur analyse m'entraînerait
loin.
Il suffit de signaler la contradiction où il tombe avec lui-même dans un court espace de temps, comme on Fa fail voir ailleurs.
L'oppreMoa dont on a Eut si §nad bnât a'niste pas. Les bits particuliers et préjudidables aux cdous ne justifient pas des assertions vagues avec lesquelles on prétend discréditer les établissements coloniaux de Tempire, quand une partie de ces faits a déjà reçu une réparation convenable. Le rapport de Tintègre et écluré magistrat qui, par ordre du gouvernement, a été prendre eennaissance de Tétat des colonies dans la province de Saint* Paul, lequel a été publié dans le J^nmal do Commereio du â2 mars, expose avec clarté la conduite, soit des proprié* taires, soit des colons. Là, rien ne voile la vérité ni en faveur des uns ni en faveur des autres; la plus complète impartialité préside i Texposé des faits. Si les cotens sont souvent accusés, les propriétaires le sont également quand ik le méritent.
Les faits étant expliqués OHnme ils l'ont été, il est inutile d'insister sur chacun d'eux, et l'accusation qu'on veut baser sur eux s'évanouit. Le gouvernement ne cherche pas à cacher la vérité.
En mettant au grand jour les choses (elles qu'elles sont, ce qu'il veut développer, c'est l'émigration au Brésil.
Pour le colon honnête et laborieux, les avantages qu'il rencontre ici sont immenses. Il n'est pas nécessaire qu'ils soient exagérés pour foire illusion à la bonne foi des imprévoyants.
Voilà ce que j'ai l'honneur de communiquer à Votre
ExcoHsDOs pour qu'elle en fasse l'usage qu'elle jugera eoiiTenable.
Dieu garde Votre Excellence.
Signé: Marquis âOlenda,
A M» te vicomte de Haranguape.