‹ La colonisation et les colonies allemandes;Chapitre 1 sur 184 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le 14 février 1898, M. André Lebon, alors ministre des Colonies, voulut bien me confier une mission officielle, afin de faciliter en Allemagne même une sérieuse documentation sur la colonisation allemande. C'est sous ces auspices que j'allai à Berlin. Je trouvai à la Bibliothèque de la Deutsche Kolonial-Gesellschaft la plus riche mine d'informations qu'on puisse souhaiter sur les origines du mouvement colonial allemand. J'ai pu en faire largement usage grâce à M. le capitaine Brose, à la courtoisie duquel j'ai le devoir de rendre hommage (1). Je dois également des remerciements à M. Ernst Vohsen, directeur de l'établissement cartographique Dietrich Reimer, pour l'exécution parfaite des cartes qui accompagnent cet ouvrage.

Depuis mon premier séjour à Berlin, sept années se sont écoulées sans que j'aie pu achever le travail commencé, car pendant cette période de nombreux voyages et d'autres livres d'une actualité plus immédiate ont absorbé mes efforts.

Au lieu d'être un mal, ce retard est peut-être un bien. A propos des colonies allemandes, il y a matière à peu de théories; il suffit surtout d'exposer aussi simplement et aussi

(1) Gomme bibliographie sur les colonies allemandes, je ne saurais mieux faire que de renvoyer au répertoire du capitaine Brose, Deutsche Kolouial Litteratur, Berlin. C'est là un véritable monument bibliographique qui permet d'admirer la méthode et la patience allemandes.

clairement que possible ce que nos voisins de l'Est ont su faire dans leur expansion outre-mer. Or, en 1905, n'est-on pas mieux placé qu'en 1898 pour juger et pour considérer dans son ensemble l'œuvre coloniale allemande?

1905 est encore une époque qui paraît avantageuse, car il semble qu'elle marque un moment de transition dans l'histoire coloniale de nos voisins. Du fait des événements mondiaux, l'Allemagne va avoir, en effet, à décider si elle se contentera de ses colonies actuelles ou si, poussée par d'impérieux intérêts économiques, elle ne cherchera pas à se procurer, par la force, des territoires d'ontre-mer aux dépens d'une puissance européenne.

Paris, 5 novembre 1905.

INTRODUCTION

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