‹ La colonisation et les colonies allemandes;Chapitre 13 sur 184 · DÉLIMITATIONS AVEC LE PORTUGAL · texte numérisé non relu

DÉLIMITATIONS AVEC LE PORTUGAL

Convention du 30 décembre 1886.

La frontière suit la rive gauche du Rovuma depuis son embouchure jusqu'au point confluent du Rovuma et du M'singé, et continue vers l'est jusqu'au lac Nyassa.

Lorsque fut conclu le traité anglo-allemand du 1er juillet 1890, le sultan de Zanzibar possédait sur la rive droite de la Rovuma une bande de territoire s'étendant jusqu'au cap Delgado. Le Portugal reconnut pour limites des possessions allemandes et portugaises dans cette région le 10° 40' de latitude sud.

DÉLIMITATIONS AVEC l'ÉTAT DU CONGO

Convention passée le 1/25 août 1891.

Un échange de notes avec l'administrateur général de l'État du Congo fixe ainsi qu'il suit la frontière de l'Afrique orientale allemande :

Elle est formée par le 30° de longitude est jusqu'au 1" 30' de latitude sud, puis par une ligne allant de ce point à la limite nord du lac Tanganyka.

A l'histoire de la fondation des colonies allemandes sur la côte orientale de l'Afrique se rattache celle de la tentative d'établissement entreprise à Dembiah, Witu et Sainte-Lucie par les Allemands.

a) TENTATIVE D'ÉTABLISSEMENT A DEMBIAH

La tentative d'établissement à Dembiah doit au moins être mentionnée dans l'histoire de la colonisation allemande au Togo.

Un Wurtembergeois de Stuttgard, M. Colin, qui connaissait parfaitement la côte occidentale de l'Afrique, résolut, à la fin de 1883, de s'établir entre les possessions du Rio-Pongo et Scarcies river, cette portion de côte étant encore indépendante. Il comptait de là pénétrer dans les Fouta-Djallon en suivant le fleuve Dembiah; il aurait enfin placé tout ce territoire sous le protectorat allemand.

Au commencement de 1884, il entra en relations avec le roi de Dubreka; il en reçut une lettre destinée à l'empereur, document qu'il apporta lui-même à Berlin. Il trouva le ministre de la Wilhelmstrasse bien disposé en sa faveur, et en juin 1884, le Dl Nachtigal, consul général, se rendit avec les vaisseaux de guerre Môwe et Elisabeth à la côte de Sangari

FONDATION DES COLONIES

et de là à Dubreka. Il fut très bien reçu par le roi, qui lui déclara qu'un certain nombre de chefs du pays étaient complètement indépendants, tandis que d'autres avaient déjà traité avec les Français. Ceux-ci avertis, M. Colin signa de juillet à octobre 188 4, après le départ du D1 Nachtigal, un certain nombre de traités.

A la fin de 1884, le vaisseau de guerre Ariadne arriva devant la baie de Sangari avec mission de prendre possession des territoires libres. Son commandant, le capitaine de corvette Chuden, ne put traiter avec le roi de Bramaya qui s'était engagé avec les Français, mais il signa des traités de protectorat avec le roi de Capitey et le roi de Coba. Le drapeau allemand fut hissé sur ces deux pays. En mars 1885, une société commerciale se créa, sous la raison sociale « F1. Colin, société de l'Afrique allemande » , avec un capital de 600.000 marks; elle était formée principalement de membres de l'Union coloniale allemande.

La France et l'Angleterre protestèrent contre l'occupation de ces régions par l'Allemagne, et à la suite de négociations qui se terminèrent par le protocole du 2 4 décembre 1885, la France conserva Dembiah.

b) TENTATIVE D'INSTALLATION A WITU

En 1866-1867, Richard Brenner visita l'empire indépenant de Witu, situé à l'embouchure des fleuves Tana et Osi.

était gouverné par le prince des Suahelis, le sultan Achmed ben Fumo Lubi ben Schech Nabahani, surnommé le Lion. Celui-ci reçut Brenner très amicalement et, en attendant la conclusion d'un traité, il promit sa protection et des avantages commerciaux aux sujets prussiens qui voudraient s'établir dans son pays. Aucune suite ne fut donnée à ce projet de traité.

En 1878, l'Allemand Glemens Denhard, que rejoignit plus tard son frère Gustave Denhard, visita le pays. Sur les rapports favorables qu'il envoya en Allemagne, plusieurs négociants projetèrent en 1883 d'y fonder un établissement.

En 1884, un consortium se forma et donna aux frères Denhard la mission de fonder un établissement commercial dans le territoire de Witu. MM. Denhard quittèrent Berlin en octobre 1884 et signèrent avec le sultan Achmed un accord par lequel celui-ci leur donnait la qualité de plénipotentiaires chargés de conclure des traités en son nom, notamment nue convention de protection avec l'Allemagne. Les frères Denhard arborèrent aussitôt le drapeau allemand sur les territoires d'Achmed.

En mars 1885, la corvette Gneiscnau débarqua dans le voisinage de Lamu trois officiers et soixante hommes. Le chef de ce détachement conclutavec le sultan Achmed un traité d'alliance et de commerce par lequel le sultan permettait aux Allemands de fonder des établissements sur son territoire, en même temps que l'Allemagne assurait au sultan ses bons offices.

Le 8 avril 1885, le sultan vendit à Clemens Denhard de 20 à 25 milles carrés de territoire, exprimant de nouveau â cette occasion son désir de se placer sous la protection de l'empereur d'Allemagne.

Lorsque la corvette Gneisenau eut reçu, le 2 avril 1885, l'ordre de quitter Zanzibar, les Anglais exploitèrent habilement ce départ, ainsi qu'il a été exposé plus haut, pour prévenir le sultan contre les envahissements de l'Allemagne . Quoique le gouvernement de Londres fût d'accord avec celui de Berlin relativement à Zanzibar, il ne pouvait empêcher les intrigues hostiles de ses sujets. Le sultan Seyid Bargasch envova six cents hommes et quelques canons dans la baie de Lamu, devant Witu. Les frères Denhard, s'autorisant de leur qualité de plénipotentiaires du sultan Achmed, cherchèrent à prévenir toute hostilité et protestèrent contre les empiétements du sultan Seyid, déclarant que le sultan Achmed. était suzerain absolu de toute la côte et des îles avoisinantes. Le sultan de Zanzibar ne tint d'abord aucun compte de ces protestations. Enfin, au commencement de juin, le consul général Rohlfs ayant invité le sultan Seyid à cesser toute hostilité contre le sultan Achmed, ami de l'empereur d'Allemagne, Seyid retira

FONDATION DES COLONIES

ses troupes, et, lorsque l'escadre allemande arriva le 13 août 1885, il reconnut définitivement et sans conditions le protectorat allemand sur le territoire continental de Witu.

Le 30 juin 1886, les frères Denhard vendirent leurs territoires et leurs droits à un groupe de membres de 1 Union coloniale constituant la société du territoire de Witu. Les mandataires de la société prirent possession de leur acquisition dans l'été 1886.

L'article 5 du traité anglo-allemand du 29 octobre-ler novembre 1886, relatif au territoire de Witu, reconnaissait comme dépendant de cette contrée toute la côte au nord de Kipini jusqu'à la partie septentrionale de la baie de Manda. Le territoire de Witu avait ainsi un développement côtier de 70 kilomètres.

Après que l'empire allemand, par le traité du 1er juillet 1890, article 2, eut renoncé à ses droits sur Witu, un accord intervint, comme on l'a vu, entre la société de Witu et la société de l'Afrique orientale allemande. L'actif et le passif de la société de Witu étaient acceptés par la société de l'Afrique orientale allemande. Un arrangement régla les détails financiers de l'opération.

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