‹ La colonisation et les colonies allemandes;Chapitre 161 sur 184 · CONCLUSION 479T · texte numérisé non relu

CONCLUSION 479T

ci Cet état d'esprit inquiète quelques journaux, telle la Gazette de Voss, qui estime que si l'Allemagne, dernière" venue ait partage colonial, a été mal servie, ce n'est pas une raison pour elle de rejeter sa part, et moins encore de renoncer à l'espérance d'un avenir meilleur. Mais il n'en est pas moins intéressant de voir la Gazette de Voss elle-même prendre le soin de remonter le moral du public découragé et quelque peu dégoûté ( 1) . » ' '

En dépit des impressions pessimistes que la situation actuelle légitime, si l'on doit se garder d'un optimisme et d'une admiration de commande dans le jugement qu'on peut former sur l'œuvre coloniale allemande, il faut aussi éviter l'excès contraire. A côté des fautes et des erreurs commises, se sont manifestés beaucoup de bons résultats qui sont comme l'expression même des réelles qualités du génie allemand . Il faut signaler dans ce sens l'intelligence et la persévérance apportées dans les recherches scientifiques, dans les explorations, dans les tentatives de mise en valeur, dans les efforts consacrés à répandre l'instruction et le goût du travail parmi les indigènes. Si les résultats économiques obtenus jusqu'à présent sont faibles, il ne faut pas oublier que la colonisation allemande ne date guère que de vingt ans, ce qui ne représente qu'une période de tâtonnements, au cours de laquelle les erreurs politiques et administratives inévitables ont certainement nui au développement économique.

Il faut enfin et surtout considérer que les colonies de l'Empire sont situées dans des régions tropicales, aussi peu propres à la vie des Européens qu'à un rapide développement économique.

La constatation la plus juste qu'on puisse faire au sujet des colonies allemandes paraît être résumée dans cette phrase mélancolique prononcée récemment à Tanger par M. de Tattenbach, l'envoyé de Guillaume II au Maroc : « Les autres puissances ont de grandes colonies, où elles peuvent favoriser

(1) Voyez le Temps, 10 août 1904.

leur propre commerce par des tarifs spéciaux. Les colonies allemandes sont peu nombreuses et elles sont petites. »

La question vraie, en réalité, est de savoir si le gouvernement de Berlin se résignera à constater ses échecs coloniaux et s'il ne cherchera pas à se procurer les terres d'outre-mer qui lui manquent aux dépens d'autres puissances qui en possèdent à la convenance allemande.

Or, seules l'Angleterre et surtout la France ont des colonies correspondant bien aux besoins allemands.

C'est pourquoi, actuellement, le problème colonial allemand se fond dans le problème continental européen, pourquoi il est un des éléments grandissants de la politique univcrsellë.

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